Sudarshan Gautam était fier de sa performance, dimanche, après avoir franchi la ligne d’arrivée 2 h 58 après le début de son demi-marathon. Au départ, il devait courir le marathon complet, mais un malentendu a fait qu’il a dû se résigner à la course de 21 km.
«Toutefois, ça s’est très bien déroulé», affirme-t-il.
M. Gautam a relevé ce défi pour montrer que tout est possible, même avec un handicap. «Lorsque j’ai perdu mes deux bras, j’ai toujours voulu accomplir des choses qui n’étaient pas ce qui m’était prédisposé par la société», explique-t-il. C’est pourquoi il a décidé de grimper le mont Everest en 2013.
Alors qu’il habitait encore dans son pays natal, le Népal, M. Gautam a été victime d’un accident impliquant des lignes à haute tension. Son cerf-volant était resté coincé et il a tenté de le déloger avec un bâton de métal. Après avoir été électrocuté, il a dû se faire amputer les deux bras.
Aujourd’hui, il vit à Niagara Falls, en Ontario, et il continue de relever de nouveaux défis. Le demi-marathon n’était qu’une préparation pour la vraie aventure qu’il entamera à la fin du mois: la traversée du Canada, de l’océan Pacifique à l’océan Atlantique. Lors de ce défi de 7500 km, il souhaite promouvoir l’unité des communautés.
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«J’ai fait en sorte de choisir mon itinéraire pour aller à la rencontre des différentes communautés sur mon trajet, explique-t-il. En ce moment, on rencontre les organismes communautaires des différentes régions.»
«Je ne veux pas seulement courir sur la route. Je veux, par exemple, aller à la rencontre des jeunes, leur montrer comment je mange, comment je cuisine… Je veux m’intégrer à ces gens.»
Il lancera aussi son livre I’m the Everest, lundi, à Ottawa.
Sudarsham Gautam est aussi père de trois enfants et deviendra bientôt père d’un quatrième. «Je crois que mes enfants sont fiers de moi», indique-t-il.
Il souhaite aussi être une inspiration pour les immigrants qui vivent des difficultés. «C’est important de ne pas seulement voir ce qu’on a perdu, mais de garder le cap sur ce qui s’en vient.»
Marathon Tamarack
Dimanche matin, les coureurs s’apprêtent à réaliser cette épreuve d’endurance sous la pluie. Ponchos, chapeaux en forme de parapluie ou même sacs de poubelle, les athlètes trouvent des manières créatives de se protéger de l’eau.
C’est le Kenyan Elvis Cheboi qui a traversé la ligne d’arrivée le premier après 2 h 09 de course, suivi de très près par l’Éthiopien Gizealew Ayana et le Canadien Roy Linkletter, originaire de la Colombie-Britannique.
La première femme, Abeba Aregawi, Suédoise d’origine éthiopienne, a réussi l’exploit en 2 h 23.
Pour ce qui est du demi-marathon, l’Américain Ryan Wojdyla est arrivé premier avec un temps de 1 h 08. Pour les femmes, c’est la Canadienne Megan Foottit qui a remporté l’épreuve après 1 h 17 de course.
Les épreuves de deux, cinq et de 10 kilomètres se déroulaient le samedi. Plus de 40 000 coureurs étaient inscrits aux différentes épreuves, un record depuis 2017, indique l’organisation de l’évènement. Dimanche seulement, ce sont 17 000 coureurs qui ont parcouru les rues de la capitale. L’organisation révèle aussi que plus de 27 000 bananes ont été distribuées.
Au 10 km, deux Québécois miroitaient des titres nationaux. Florence Caron a finalement remporté la victoire sur les 10 000 mètres avec un temps de 32:31. Son homologue Thomas Fafard est de son côté arrivé deuxième, finissant sa course en 28:22, seulement trois secondes derrière le gagnant.
Tous les résultats sont rendus disponibles sur le web.
Comme M. Gautam, différents coureurs ont profité de l’évènement pour sensibiliser ou récolter des fonds pour une cause. Le maire d’Ottawa, Mark Sutcliffe, a effectué un marathon non officiel, à 4 h du matin, pour «mettre fin à l’itinérance chez les jeunes à Ottawa». Dimanche, 115 000 $ avaient été amassés.
«Ottawa a démontré une fois de plus que nous formons une communauté solidaire, prête à se mobiliser pour venir en aide à ceux qui en ont le plus besoin, a soulevé le maire par communiqué. Nous continuerons à travailler ensemble jusqu’à ce que nous ayons mis fin à l’itinérance chez les jeunes.»
Cette année, plus de 87 organismes de bienfaisance ont participé au Défi caritatif Desjardins. Au total, plus de 10 millions de dollars ont été amassés, précise Run Ottawa, les responsables de l’organisation de l’évènement.




