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À l’orée de la retraite

Dans la période de 45 à 65 ans, les gens prennent conscience que la retraite arrive à grands pas. La carrière est en général plus stable. Les revenus sont plus élevés. Ils ont un bon contrôle sur leur dette.

Les gens pensent sérieusement à la planification de la retraite, même à faire du rattrapage dans leurs cotisations au REER. On pourra même conseiller un prêt pour l’achat de REER qui amènera des diminutions du revenu global imposable. L’économie réalisée en retour d’impôt pourra s’appliquer sur le prêt tout en améliorant le pécule disponible pour la retraite.

C’est aussi dans ce groupe d’âge que l’on commence à penser à une retraite progressive ou à une retraite anticipée. Cela se produit généralement entre 57 et 62 ans, souligne Angela Iermieri, planificatrice financière au Mouvement Desjardins.

«Il n’est jamais trop tard, même au début de la cinquantaine pour améliorer son fonds de retraite. Avec les conseils et une bonne planification stratégique, les gens pourront accumuler un capital plus intéressant», estime Mme Iermieri.

Ce sera aussi la période où l’on doit se poser la question : qu’est-ce que je veux faire à ma retraite ? «On ne se réinvente pas à la retraite. C’est une suite de la vie active. Les gens feront ce qu’ils aiment faire ou concrétiseront certains rêves. Il est temps de planifier les revenus nécessaires pour la prochaine étape de vie», constate-t-elle.

Il faut donc préparer un budget pour les voyages, si cela fait partie des objectifs. Dans le cas des retraites anticipées, ce pourrait être un retour aux études pour une nouvelle carrière. Les prévisions budgétaires sont alors essentielles.

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Cotiser à un REER après 65 ans

Même à 65 ans, il est possible de prendre des REER et cela tant et aussi longtemps que les contribuables ont des droits de cotisation.

«On peut prendre des REER jusqu’à 71 ans», explique Angela Iermieri planificatrice financière au Mouvement Desjardins. Il est possible pour la personne ayant plus de 71 ans de cotiser dans le REER du conjoint plus jeune. «Tout dépend des besoins de chacun, continue-t-elle. Dans certains cas plus rares, des retraités vont retarder la demande des rentes gouvernementales parce qu’ils n’en ont pas besoin pour le moment. Cependant, il faut penser à une bonne stratégie fiscale.» 

Le conseiller est encore nécessaire à l’âge de la retraite. Il faudra établir le budget de retraite, les stratégies de décaissement en tenant compte de l’impôt sur le revenu. Il faut planifier tout cela, comme le moment des versements des rentes gouvernementales : à 60 ans, 65 ans, ou attendre à 70 ans ? Il y a le décaissement du FERR, le fractionnement de revenu. 

«C’est dans le concret et il est rare que l’on puisse analyser cela tout seul. La retraite est plus complexe que l’on peut le croire», ajoute Mme Iermieri. «Les rentes peuvent provenir d’un fonds de pension d’employeurs des années passées et de l’employeur actuel. Il y a les fonds personnels. Ce pourra être aussi la vente d’actifs, comme celle de la maison dont l’argent se transforme en capital retraite. Il y a plusieurs scénarios possibles à envisager dans une planification serrée.»

Dans certains cas, un retrait trop important signifiera la perte de crédit d’impôt comme le supplément de revenu garanti, ou la perte d’autres bénéfices en changeant de niveau dans les tables d’imposition. La première année de la retraite en sera une de transition, car malgré les prévisions, la réalité peut être tout autre. Il faudra des ajustements pour que le budget corresponde à la réalité et aux besoins.

Prolongement du REER

Quant au FERR (fonds enregistré de revenu de retraite), il s’agit du prolongement du REER, mais avec des différences. On peut retirer des REER en tout temps à tout âge. Il possible de convertir les REER en FERR en tout temps, mais cela devient obligatoire de faire la conversion au 31 décembre de l’année de ses 71 ans sans changer ses stratégies de placement. Il faut prévoir un retrait minimal selon des pourcentages préétablis, progressifs et variables selon l’âge de la personne.

Selon les profils, il est possible à la retraite de continuer d’investir dans des placements à plus haut rendement et à risque. «Tout dépend des cas, continue Mme Iermieri. Si le REER ou le FERR sert à subvenir aux besoins de base, il faut y aller de manière plus sécuritaire, mais si ces revenus servent à des projets en extra, on pourrait prendre un peu plus de risque. C’est le genre de discussion à tenir avec son conseiller ou son planificateur.»

Pour sécuriser un revenu de base, il y a toujours l’option de l’achat d’une rente viagère qui assure un montant mensuel pour le reste de ses jours.

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Priorité aux bonnes habitudes d’épargne chez les jeunes

Pour les jeunes travailleurs en début de carrière ou pour les étudiants qui se préparent au marché du travail, l’important sera d’inculquer une habitude d’épargne, souligne Angela Iermieri, planificatrice financière au Mouvement Desjardins, car pour eux, la retraite, c’est très loin. On ne parlera pas d’abord de REER, mais d’un apprentissage de la bonne gestion des finances personnelles.

«Les jeunes doivent mettre en priorité les bonnes habitudes en mettant la priorité sur les épargnes, même s’il s’agit de petits montants, de bien gérer ses dettes, les cartes de crédit. C’est bien d’apprendre à prévoir ses projets et à épargner en conséquence.»

Dans ce groupe d’âge, les nouveaux projets peuvent arriver rapidement. Mais en se fixant des objectifs d’épargne chaque semaine ou à chaque période de paye, il se crée une habitude qui suivra la personne toute sa vie.

«Lorsque l’on prend l’habitude d’épargner à 20 ou 25 ans, ce sera plus facile de planifier lorsque viendra le temps d’épargner pour la retraite, ajoute-t-elle. Le REER n’est peut être pas le véhicule de placement idéal à cet âge, mais un peu plus tard il se sera.»

L’avantage de l’économie d’impôt ne sera pas important lorsque les revenus sont plus faibles. Le CELI peut être une meilleure option, car l’argent est accessible en tout temps et les intérêts sont libres d’impôt.

Pour les jeunes, le projet de maison surviendra vraisemblablement bien avant celui de la retraite. À ce moment-là, l’idée d’emprunter pour acheter un REER et s’en servir comme mise de fonds en passant par le RAP (régime d’accès à la propriété) pour l’achat d’une maison ou d’un condo pourrait s’avérer une solution intéressante.  

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Des dates importantes

L'histoire des REER en quelques dates.

1957

Le gouvernement fédéral crée le REER, appelé à l’époque «rente de retraite enregistrée». La limite des contributions est alors de 10 % du revenu de l’année, pour un maximum de 2500 $. Si une personne ne cotise pas, elle perd ses droits pour cette année-là.

1968

Première année pour laquelle des données sur les cotisations au REER sont disponibles. À l’époque, on dénombre 172 000 cotisants d’un océan à l’autre.

1974

Introduction du REER de conjoint, destiné à permettre l’imposition des retraits de la part du conjoint qui gagne le moins.

1978

Lancement du fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) afin d’éviter aux particuliers de devoir liquider leur REER d’un seul coup ou d’en utiliser le produit pour constituer une rente.

1990

Augmentation de la limite des cotisations à 18 % des revenus de l’année précédente ; le maximum atteint ainsi 11 500 $. Changement dans la règle sur les droits de cotisations inutilisés, ce qui permet aux particuliers de reporter leurs droits de cotisation inutilisés dans un délai de sept ans.

1992

Création du régime d’accession à la propriété (RAP) afin d’aider les contribuables à accéder à la propriété en utilisant les fonds de leur REER.

1996

Indexation de la limite des cotisations ; introduction du facteur d’équivalence ; élimination de la limite de sept ans pour les droits de cotisation inutilisés.

1999

Instauration du régime d’encouragement à l’éducation permanente.

2005

Abolition de la limite qui empêchait les investisseurs d’investir plus de 30 % du contenu de leur REER à l’étranger.

2007

L’âge auquel les épargnants doivent convertir leur REER en FERR ou en rente passe de 69 à 71 ans.

2009

Le plafond du RAP passe de 20 000 à 25 000 $ par personne. Un couple peut donc prélever 50 000 $ dans son REER pour financer l’achat de sa première maison.

2014

Le Québec implante les régimes volontaires d’épargne-retraite (RVER) obligatoires pour les entreprises qui n’offrent pas de régime de retraite. Au 31 décembre 2017, toutes les entreprises devaient avoir soit un régime de retraite collectif ou une autre forme d’épargne.

Près de six millions de Canadiens cotisent au REER pour un montant total de 38,6 G $.

2019

La Régie des Rentes augmentera la cotisation pour assurer la pérennité du régime.

Sources : Statistique Canada, Placements Mackenzie, Groupe Investors. Régie des rentes du Québec, Archives Assemblée Nationale.