Une industrie forestière techno: plus de productivité et moins d’arbres

Tous reconnaissent l’importance du secteur forestier dans l’économie. L’aménagement durable, l’environnement et la biodiversité sont autant de sujets abordés à l’automne dans cette série d’articles du Groupe Capitales Médias : «Une forêt à connaître». Mais, que sait-on des nouvelles technologies qui permettent de produire davantage, tout en utilisant moins d’arbres? Des innovations visant à optimiser la ressource? De la contribution du milieu forestier à la lutte aux changements climatiques? Des spécialistes et des acteurs de l’industrie ont beaucoup à partager afin de mieux faire connaître la forêt, qui représente presque la moitié de la superficie totale du Québec. 6e de 10. Prochain rendez-vous: le samedi 26 janvier

MATANE – Au cours des dernières décennies et encore davantage depuis sa sortie de crise en 2014, l’industrie forestière a pris un virage à 90 degrés sur le plan technologique. Les investissements massifs dans le secteur forestier ont été salutaires pour la reprise de ce secteur économique. Les nouvelles technologies augmentent la productivité, tout en utilisant moins d’arbres.

«Il y a eu énormément d’investissements avec la reprise», confirme le directeur d’Unifor pour le Québec, dont l’entreprise représente 80% des travailleurs de la forêt. Selon Renaud Gagné, chaque scierie a investi, en moyenne, de 10 à 12 millions$ dans la modernisation.

Les entreprises ont investi dans des équipements visant à améliorer les opérations. «La technologie fait en sorte qu’on améliore la qualité, souligne M. Gagné. On sort le maximum de profit d’une planche ou d’un arbre.»

Le directeur d’Unifor pour le Québec, Renaud Gagné

«Si on prend une bille de bois qui rentre dans une scierie, il y avait toujours des marges d’erreur, fait savoir le président de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN), Louis Bégin. Pour que les bouts des planches (…) soient carrés et droits, on mesurait une perte de 20 à 25%. Maintenant, les nouvelles technologies nous permettent d’enlever ce pourcentage de perte. On fait beaucoup plus avec le même nombre de cubes de bois récolté.»

Le conseiller syndical de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) du Saguenay-Lac-Saint-Jean abonde dans le même sens. «En forêt, on récupère presque 100% de la cueillette du bois, remarque Joël Tremblay. En usine, on est capable d’aller chercher le maximum de fibre qui s’en va vers les deuxième et troisième transformations. Le produit est beaucoup plus utilisé.»

Selon le patron d’Unifor, le contexte a aussi facilité les décisions d’investir puisqu’en 2015, 2016 et 2017, la construction résidentielle aux États-Unis a grimpé de 1 million à 1,5 million de mises en chantier, au lieu des 450 000 des années précédentes.

Dans l’éventualité d’un creux de cycle qui pourrait survenir dans la construction, «les investissements dans la technologie permettront de développer de nouveaux produits qui iront dans de nouveaux marchés», croit le président de la FIM.