«Couper un arbre, c’est le début d’autre chose»

MATANE – Le secteur forestier est un acteur de premier plan dans la lutte aux changements climatiques. L’aménagement forestier permet d’abord de séquestrer du carbone. Il ouvre ensuite la voie à la fabrication de produits écoresponsables qui, en plus de créer des emplois, facilite notre vie quotidienne. C’est ce qui fait dire à Denis Lebel du Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ): «Couper un arbre, pour plusieurs personnes, c’est la fin de quelque chose. Pour nous, c’est le début d’autre chose».

Pour le président-directeur général du CIFQ, les changements climatiques et la forêt sont intimement liés. «On pense que d’utiliser la forêt est une des meilleures solutions pour contrer les changements climatiques, soutient M. Lebel. Je pense que plus la forêt du Québec sera en santé et abondante, meilleur ce sera pour l’ensemble de la société. Bien sûr, une forêt qui pousse amène davantage de stockage de carbone, de nourriture et est beaucoup moins fragile aux feux de forêt et aux épidémies, que ce soit la tordeuse des bourgeons de l’épinette ou des espèces animales envahissantes.»

Denis Lebel compare la forêt à un immense jardin. «On doit récolter les fruits quand ils sont mûrs, un peu comme dans notre jardin, illustre-t-il. Cependant, le cycle de vie est de 50 ans, au lieu d’être de seulement une saison.»


« On pense que d’utiliser la forêt est une des meilleures solutions pour contrer les changements climatiques. »
Denis Lebel, du Conseil de l’industrie forestière du Québec

Si seulement 1% de la forêt québécoise est récoltée à chaque année, 100% des arbres coupés sont utilisés, de l’avis de M. Lebel. Ils sont transformés en bois d’œuvre, exportés ou servent à la construction résidentielle, commerciale et industrielle. «Les résidus sont utilisés dans du papier, du carton, du composite de bois, des panneaux, du papier journal, du papier de toilette», énumère-t-il.

Bonnes pratiques forestières

Selon le patron du CIFQ, les pratiques forestières du Québec sont parmi les meilleures au monde. Avec l’apport des quelque 60 000 hommes et femmes qui œuvrent dans l’industrie forestière, il croit que la forêt est l’un des piliers pour construire l’avenir du Québec. Cet avenir passe indubitablement par l’innovation.

Voilà l’une des raisons pour laquelle le Conseil de l’industrie forestière s’est associé à plusieurs partenaires, dont des scientifiques et des organisations comme FPInnovations. Comptant parmi les plus grands organismes sans but lucratif au monde, FPInnovations se spécialise dans la création de solutions scientifiques novatrices visant à soutenir la compétitivité du secteur forestier canadien à l’échelle mondiale.