Zone Une forêt à connaître

Une industrie forestière techno: plus de productivité et moins d’arbres

Tous reconnaissent l’importance du secteur forestier dans l’économie. L’aménagement durable, l’environnement et la biodiversité sont autant de sujets abordés à l’automne dans cette série d’articles du Groupe Capitales Médias : «Une forêt à connaître». Mais, que sait-on des nouvelles technologies qui permettent de produire davantage, tout en utilisant moins d’arbres? Des innovations visant à optimiser la ressource? De la contribution du milieu forestier à la lutte aux changements climatiques? Des spécialistes et des acteurs de l’industrie ont beaucoup à partager afin de mieux faire connaître la forêt, qui représente presque la moitié de la superficie totale du Québec. 6e de 10. Prochain rendez-vous: le samedi 26 janvier

MATANE – Au cours des dernières décennies et encore davantage depuis sa sortie de crise en 2014, l’industrie forestière a pris un virage à 90 degrés sur le plan technologique. Les investissements massifs dans le secteur forestier ont été salutaires pour la reprise de ce secteur économique. Les nouvelles technologies augmentent la productivité, tout en utilisant moins d’arbres.

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Amélioration des procédés: des impacts positifs sur la main-d’oeuvre forestière

MATANE – Loin d’avoir causé des pertes d’emplois, l’amélioration des procédés et l’optimisation du travail générées par l’avènement des nouvelles technologies dans le secteur forestier a consolidé les emplois. Les travailleurs ont dû s’adapter à la nouvelle machinerie et leurs tâches ont changé. La majorité des entreprises forestières qui ont pris le virage technologique font même face à un criant besoin de main-d’oeuvre.

«Les nouvelles technologies permettent une consolidation des emplois, confirme le président de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN), Louis Bégin. En forêt et surtout dans les scieries, ça se développe; on parle même de la robotique qui s’invite dans la forêt pour la gestion de la cueillette de la matière première. C’est un autre monde!»

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Plus de technologies, moins d’accidents et de maladies professionnelles

MATANE – L’apparition des nouvelles technologies en forêt et dans les scieries a diminué les risques d’accidents et de maladies professionnelles. Si le travail forestier a longtemps occupé le haut du palmarès des métiers les plus à risques, il est aujourd’hui plus sécuritaire.

Prévibois y contribue. La mission de l’organisme à but non lucratif est de soutenir quelque 500 entreprises québécoises en matière de santé et de sécurité au travail. Celles-ci oeuvrent dans la transformation du bois, dans la forêt ainsi que dans les pâtes et papiers. «La forêt a évolué au fil du temps, tout comme dans les usines sur le plan technologique, constate le conseiller en prévention, Frédérick Villeneuve. La santé et la sécurité ont cheminé à travers ça.» 

«Dans les vingt dernières années, notre travail a eu un impact: il y a moins d’accidents, moins de lésions, moins de gravité par rapport aux lésions, moins de fréquences», ajoute le directeur de la prévention de l’organisme, Pascal Rousseau.

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Occuper le territoire et vivre de ses ressources (5e de 5)

Les forêts représentent presque la moitié de la superficie totale du Québec. Toutefois, cette ressource majeure de l’économie est mal connue.

Quel est l’état des lieux aujourd’hui? Comment fait-on l’exploitation raisonnable et contrôlée, l’aménagement, le reboisement, la protection de la forêt? Comment fait-on le point sur la question actuelle de la main-d’œuvre, sans oublier les efforts investis dans la recherche et l’innovation?

Dans cette série, le Groupe Capitales Médias aborde ces questions.

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Valoriser le capital humain

MATANE — Le territoire forestier est confronté à de nombreux usages et à des actions toutes aussi diverses. Cependant, ce territoire est avant tout un milieu de vie pour les gens qui l’habitent. Toutes les activités économiques de ce territoire doivent par conséquent respecter ce milieu de vie et favoriser l’épanouissement de ses habitants, tout en développant leur appartenance et leur fierté à cet espace au cœur duquel ils ont choisi de vivre.

C’est dans cet esprit que le Conseil du patronat du Québec (CPQ) soutient qu’il faut, avant tout, valoriser le capital humain.

«Tout État qui a une juridiction sur un territoire donné a intérêt à faire en sorte que ce territoire soit occupé et soit productif de manière optimale, croit le président-directeur général du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval. Alors, le Québec est un territoire extraordinaire, avec un potentiel formidable. Il faut valoriser le potentiel; pas seulement les ressources forestières, mais aussi l’humain. On a des gens talentueux qui habitent l’ensemble du territoire.»

De ce potentiel humain découle le potentiel économique. «Il y a, entre autres, le potentiel qui est basé sur la géographie du territoire, indique M. Dorval. Ça veut notamment dire les ressources naturelles dans un contexte de développement durable. Les ressources forestières sont très importantes. Il y a plus de 200 usines reliées soit à l’exploitation forestière, soit à la transformation en bois d’oeuvre ou en papier. Il y a aussi le meuble et de plus en plus la biomasse qui s’ajoutent à ce grand levier économique.»

Le pdg du Conseil du patronat rappelle que près de 250 municipalités dépendent de la forêt et qu’elles ne sont pas toutes situées en région, mais aussi dans la capitale nationale.

«Les entreprises liées à la forêt contribuent pour 200 millions$ dans les revenus directs des municipalités du Québec, souligne M. Dorval. Donc, c’est majeur! Il y a à peu près 60 000 emplois reliés à la forêt, au papier, au bois et à la transformation. C’est beaucoup! C’est 2,5 milliards$ de salaires versés à ces employés-là.»

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À la base de l’histoire des coopératives forestières

MATANE – L’histoire des coopératives forestières du Québec repose sur l’occupation du territoire. «Les plus vieilles ont 70 ans et elles sont nées parce que les gens cherchaient des moyens de créer des emplois et d’occuper le territoire», raconte le directeur général de la Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF).

«Elles se sont implantées dans la forêt en offrant de la main-d’œuvre, continue Jocelyn Lessard. Puis, elles se sont spécialisées au fil des années. Aujourd’hui, elles sont présentes dans tous les segments de l’aménagement forestier et de la transformation du bois. On fait de la récolte, de la voirie, du transport, de la sylviculture et du reboisement. On a aussi quelques usines de sciage.»

Pour la Fédération, la logique des coopératives forestières est de permettre aux populations d’occuper le territoire et de vivre des ressources qui sont disponibles, en espérant qu’elles soient le plus durable possible.

La FQCF regroupe 34 coopératives membres qui totalisent environ 3000 travailleurs et 5000 producteurs. Bien qu’elles soient présentes dans plusieurs régions du Québec, les coopératives de travailleurs sont principalement actives au Saguenay-Lac-Saint-Jean, en Gaspésie, en Mauricie, dans Les Laurentides et en Abitibi. Quant aux coopératives de producteurs, elles se retrouvent surtout dans le sud du Québec.

Le réseau des coopératives forestières gère un chiffre d’affaires d’environ 300 millions$, «avec une très grande obsession à optimiser les retombées locales», selon M. Lessard.

«Quand les coopératives réussissent à faire des surplus, elles les réinvestissent localement ou elles les partagent entre leurs membres qui vont les répartir aussi localement. Il n’y a pas de fuite; les capitaux demeurent dans la région. Ce sont des entreprises qui ne se délocalisent pas non plus.»

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Le Jour de la Terre et les haies brise-vent

MATANE – Le Jour de la Terre contribue à l’occupation du territoire forestier en plantant des haies brise-vent dans des zones agricoles non cultivables, plus précisément des coulées.

«C’est une façon d’augmenter la canopée et la qualité de la biodiversité des terres agricoles sans impacter les zones cultivables, explique le directeur de l’organisme», Pierre Lussier.

Ces pratiques ont été éprouvées par l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA) de La Pocatière, qui est devenu un leader dans le domaine. Deux projets-pilotes sont en cours à Sainte-Julie et à Saint-Simon en Montérégie. Après trois ans, l’organisme constate le succès.

«On se retrouve à faire de la prévention de l’érosion et beaucoup de captation de produits phyto puisque les champs sont maintenant tous drainés, souligne le directeur du Jour de la Terre. La présence des arbres est bénéfique sur le plan de la rétention d’eau. On crée aussi une valeur foncière parce qu’il y a un espace boisé au lieu d’espèces envahissantes.»

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La forêt: une ressource mal connue

Les forêts représentent presque la moitié de la superficie totale du Québec. Toutefois, cette ressource majeure de l’économie est mal connue. Quel est l’état des lieux aujourd’hui?

Comment fait-on l’exploitation raisonnable et contrôlée, l’aménagement, le reboisement, la protection de la forêt? Comment fait-on le point sur la question actuelle de la main-d’œuvre, sans oublier les efforts investis dans la recherche et l’innovation? Dans cette série, le Groupe Capitales Médias aborde ces questions. 4e de 5 — Prochain rendez-vous : le 24 novembre

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La certification forestière : une assurance qualité

Les populations du monde entier réalisent de plus en plus que leurs habitudes de consommation ont des incidences sur la façon dont les ressources naturelles seront exploitées. Le Québec n’y échappe pas. Par conséquent, tant les intellectuels, les dirigeants d’entreprises que les élus comprennent l’importance de promouvoir la certification forestière.

«C’est une assurance qualité, estime la vice-doyenne aux études de la faculté de foresterie, géographie et géomatique de l’Université Laval à Québec, Nancy Gélinas. La qualité est associée à l’aménagement durable des forêts. Le client a l’assurance de savoir que le produit qu’il achète provient d’une forêt qui est bien aménagée.»

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Pour une forêt accessible à tous

MATANE — Au Québec, 90 % de la forêt est publique. Par conséquent, elle est accessible à tous. Il y a donc de multiples utilisateurs qui, en soi, peuvent être en compétition par les activités qu’ils pratiquent en forêt. Pourtant, tous ces gens arrivent à vivre en harmonie.

Les utilisateurs de la forêt québécoise sont nombreux. Il y a les industriels forestiers qui récoltent le bois et le transportent. Il y a les communautés autochtones qui utilisent le territoire pour différentes activités liées à leur culture, à la récolte de produits forestiers non ligneux ou à la chasse et à la pêche. Il y a aussi les chasseurs, les pêcheurs et les villégiateurs. Plusieurs de ces usages ne sont pas compatibles. Par exemple, on ne peut pas concilier la récolte forestière avec la chasse au cerf de Virginie.