Aude Lafrance-Girard, directrice générale de l’Hôtel Château Laurier.

Hôtel Château Laurier Québec: une tradition de repreneuriat familial

L’histoire de l’Hôtel Château Laurier, sur la rue George-V, à Québec, est une histoire de repreneuriat, car Robert Girard a acheté l’établissement en 1975, avant de le céder à ses enfants.

Au début des années 1980, Alain Girard, qui était évaluateur agréé, a repris les rênes de l’entreprise avec ses frères et ses sœurs. Depuis deux ans, il a cédé la direction générale des trois composantes de l’entreprise familiale à sa fille Aude Lafrance-Girard en conservant le poste de président et actionnaire de la compagnie.

Aude Lafrance-Girard sera donc la troisième génération de la famille de l’entreprise familiale qui roule sa bosse dans l’industrie hôtelière.

Alain Girard songeait depuis quelques années à passer le flambeau, mais aucune date n’avait été envisagée formellement. Peut-être d’ici cinq ans, sans plus. C’est sous sa direction que l’hôtel a connu son expansion, passant de 48 à 271 chambres aujourd’hui.

C’est au moment de la révision de la planification stratégique que le consultant embauché pour guider l’exercice a lancé : «À partir de maintenant, Alain Girard sera président et Aude prendra la direction générale», relate Mme Girard. «Ce fut une surprise. Personne n’avait parlé de cela avant. Mon père semblait prêt à ce changement. Moi aussi. Mais il fallait que le conseil de direction soit d’accord. Nous avons eu une bonne discussion, chacun exprimant son point de vue. Du jour au lendemain, j’étais devenue directrice générale.»

Dans l’hôtellerie depuis l’enfance
Baignée depuis l’enfance dans le monde de l’hôtellerie, Aude Lafrance-Girard n’avait pas envisagé d’être la relève de son père.

Mais, en travaillant pendant ses études, elle a pris goût au milieu, au point de s’inscrire à un cours en administration des affaires et en hôtellerie à Montréal où elle passera près de sept ans. Sept années où elle travaillera pour la chaîne Intercontinental.

Elle revient donc à la maison avec de l’expérience et au fil du temps occupe un premier poste dans la direction d’une équipe. Son choix est fait. «Mon père était bien content que j’aie pris de l’expérience ailleurs et compris le fonctionnement de l’industrie. Les choses se sont enchaînées et nous travaillons ensemble», exprime-t-elle.

Comme son père a été impliqué dans l’Office du tourisme, dans les associations hôtelières locales et provinciales, son poste de président se situe dans la continuité de ses engagements et dans la gestion des hôtels, bien qu’il ne soit plus dans la direction des opérations.

«Il est à la fois mon coach et mon mentor. Nous discutons beaucoup ensemble. Nous avons une bonne relation de confiance. Le lâcher-prise se passe très bien pour mon père. Il accepte que je mette mes propres idées dans le développement de l’entreprise. C’est normal qu’un repreneur veuille apporter ses valeurs», souligne-t-elle.

Relation de confiance
Et cette relation de confiance, elle l’intègre aussi dans ses relations avec les directeurs des différents services à qui elle confie des responsabilités et des marges de manœuvre pour qu’ils prennent des décisions à leur niveau. «J’instaure une mode de gestion collaborative en m’inspirant de ce qui se fait ailleurs. Les gens connaissent les règles et les valeurs de l’entreprise. Ils agissent en conséquence.»

Quant à l’avenir, Aude Lafrance-Girard sait qu’un jour elle deviendra actionnaire. Elle pense aussi à agrandir l’entreprise, probablement réaliser des acquisitions dans les prochaines années. La tradition de repreneuriat familial semble bien implantée chez les Girard.