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Cotiser à un REER après 65 ans

Même à 65 ans, il est possible de prendre des REER et cela tant et aussi longtemps que les contribuables ont des droits de cotisation.

«On peut prendre des REER jusqu’à 71 ans», explique Angela Iermieri planificatrice financière au Mouvement Desjardins. Il est possible pour la personne ayant plus de 71 ans de cotiser dans le REER du conjoint plus jeune. «Tout dépend des besoins de chacun, continue-t-elle. Dans certains cas plus rares, des retraités vont retarder la demande des rentes gouvernementales parce qu’ils n’en ont pas besoin pour le moment. Cependant, il faut penser à une bonne stratégie fiscale.» 

Le conseiller est encore nécessaire à l’âge de la retraite. Il faudra établir le budget de retraite, les stratégies de décaissement en tenant compte de l’impôt sur le revenu. Il faut planifier tout cela, comme le moment des versements des rentes gouvernementales : à 60 ans, 65 ans, ou attendre à 70 ans ? Il y a le décaissement du FERR, le fractionnement de revenu. 

«C’est dans le concret et il est rare que l’on puisse analyser cela tout seul. La retraite est plus complexe que l’on peut le croire», ajoute Mme Iermieri. «Les rentes peuvent provenir d’un fonds de pension d’employeurs des années passées et de l’employeur actuel. Il y a les fonds personnels. Ce pourra être aussi la vente d’actifs, comme celle de la maison dont l’argent se transforme en capital retraite. Il y a plusieurs scénarios possibles à envisager dans une planification serrée.»

Dans certains cas, un retrait trop important signifiera la perte de crédit d’impôt comme le supplément de revenu garanti, ou la perte d’autres bénéfices en changeant de niveau dans les tables d’imposition. La première année de la retraite en sera une de transition, car malgré les prévisions, la réalité peut être tout autre. Il faudra des ajustements pour que le budget corresponde à la réalité et aux besoins.

Prolongement du REER

Quant au FERR (fonds enregistré de revenu de retraite), il s’agit du prolongement du REER, mais avec des différences. On peut retirer des REER en tout temps à tout âge. Il possible de convertir les REER en FERR en tout temps, mais cela devient obligatoire de faire la conversion au 31 décembre de l’année de ses 71 ans sans changer ses stratégies de placement. Il faut prévoir un retrait minimal selon des pourcentages préétablis, progressifs et variables selon l’âge de la personne.

Selon les profils, il est possible à la retraite de continuer d’investir dans des placements à plus haut rendement et à risque. «Tout dépend des cas, continue Mme Iermieri. Si le REER ou le FERR sert à subvenir aux besoins de base, il faut y aller de manière plus sécuritaire, mais si ces revenus servent à des projets en extra, on pourrait prendre un peu plus de risque. C’est le genre de discussion à tenir avec son conseiller ou son planificateur.»

Pour sécuriser un revenu de base, il y a toujours l’option de l’achat d’une rente viagère qui assure un montant mensuel pour le reste de ses jours.

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À l’orée de la retraite

Dans la période de 45 à 65 ans, les gens prennent conscience que la retraite arrive à grands pas. La carrière est en général plus stable. Les revenus sont plus élevés. Ils ont un bon contrôle sur leur dette.

Les gens pensent sérieusement à la planification de la retraite, même à faire du rattrapage dans leurs cotisations au REER. On pourra même conseiller un prêt pour l’achat de REER qui amènera des diminutions du revenu global imposable. L’économie réalisée en retour d’impôt pourra s’appliquer sur le prêt tout en améliorant le pécule disponible pour la retraite.

C’est aussi dans ce groupe d’âge que l’on commence à penser à une retraite progressive ou à une retraite anticipée. Cela se produit généralement entre 57 et 62 ans, souligne Angela Iermieri, planificatrice financière au Mouvement Desjardins.

«Il n’est jamais trop tard, même au début de la cinquantaine pour améliorer son fonds de retraite. Avec les conseils et une bonne planification stratégique, les gens pourront accumuler un capital plus intéressant», estime Mme Iermieri.

Ce sera aussi la période où l’on doit se poser la question : qu’est-ce que je veux faire à ma retraite ? «On ne se réinvente pas à la retraite. C’est une suite de la vie active. Les gens feront ce qu’ils aiment faire ou concrétiseront certains rêves. Il est temps de planifier les revenus nécessaires pour la prochaine étape de vie», constate-t-elle.

Il faut donc préparer un budget pour les voyages, si cela fait partie des objectifs. Dans le cas des retraites anticipées, ce pourrait être un retour aux études pour une nouvelle carrière. Les prévisions budgétaires sont alors essentielles.

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La période des choix difficiles

La période de vie après la trentaine est l’une des plus occupées de la vie adulte. Tout ce passe en même temps, la maison, les enfants, la carrière ou les changements de carrière.

Pour Angela Iermieri, c’est souvent une période de gestion des dettes et de nombreux engagements financiers. Si les gens se sont prévalus du programme d’accès à la propriété (RAP), ils doivent prévoir le remboursement dans leur budget annuel.

«Lorsqu’ils ont des enfants, les gens de ce groupe d’âge nous demandent s’il vaudrait mieux d’investir dans un Régime enregistré d’épargne études (REEE) au lieu du REER. C’est un cas à discuter avec son conseiller financier, car dans certaines situations, le REEE sera l’option la plus avantageuse. Tout dépend de l’âge des enfants, mais il faut savoir que le REEE offre des subventions très intéressantes», continue Mme Iermieri.

Dans la tranche d’âge des 30 à 45 ans, la planification financière devient particulièrement importante et nécessaire non seulement pour savoir quel sera le régime d’épargne le plus avantageux. Le REER, selon les revenus, pourra faire diminuer le revenu familial imposable de quelques milliers de dollars permettant de bénéficier de crédits gouvernementaux touchant aux frais de garde, au crédit de solidarité, de la TPS et TVQ. Même les subventions pour le REEE sont plus généreuses lorsque le revenu est dans une tranche d’imposition inférieure.

«Le choix n’est pas facile. Rien n’est blanc ou noir. Il faut s’asseoir avec un planificateur pour évaluer les options et faire le meilleur choix dans les circonstances. C’est important, non pas en fonction des sommes placées, mais en fonction d’un gestion globale des avoirs et des dettes», précise-t-elle.

Cette planification sera utile autant pour préparer la retraite que pour la gestion des finances quotidiennes. On pourra même prévoir d’économiser pour créer un fonds d’urgence en cas de pépin, une option que bien des personnes n’ont pas prévue dans leur budget familial, mais qu’un planificateur pourra mettre à l’avant-plan dans une gestion multifacettes.

Et la planification peut se faire individuellement ou en couple selon les besoins ou la situation familiale antérieure, comme dans le cas des familles recomposées par exemple.

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Priorité aux bonnes habitudes d’épargne chez les jeunes

Pour les jeunes travailleurs en début de carrière ou pour les étudiants qui se préparent au marché du travail, l’important sera d’inculquer une habitude d’épargne, souligne Angela Iermieri, planificatrice financière au Mouvement Desjardins, car pour eux, la retraite, c’est très loin. On ne parlera pas d’abord de REER, mais d’un apprentissage de la bonne gestion des finances personnelles.

«Les jeunes doivent mettre en priorité les bonnes habitudes en mettant la priorité sur les épargnes, même s’il s’agit de petits montants, de bien gérer ses dettes, les cartes de crédit. C’est bien d’apprendre à prévoir ses projets et à épargner en conséquence.»

Dans ce groupe d’âge, les nouveaux projets peuvent arriver rapidement. Mais en se fixant des objectifs d’épargne chaque semaine ou à chaque période de paye, il se crée une habitude qui suivra la personne toute sa vie.

«Lorsque l’on prend l’habitude d’épargner à 20 ou 25 ans, ce sera plus facile de planifier lorsque viendra le temps d’épargner pour la retraite, ajoute-t-elle. Le REER n’est peut être pas le véhicule de placement idéal à cet âge, mais un peu plus tard il se sera.»

L’avantage de l’économie d’impôt ne sera pas important lorsque les revenus sont plus faibles. Le CELI peut être une meilleure option, car l’argent est accessible en tout temps et les intérêts sont libres d’impôt.

Pour les jeunes, le projet de maison surviendra vraisemblablement bien avant celui de la retraite. À ce moment-là, l’idée d’emprunter pour acheter un REER et s’en servir comme mise de fonds en passant par le RAP (régime d’accès à la propriété) pour l’achat d’une maison ou d’un condo pourrait s’avérer une solution intéressante.