«J’ai toujours su que je ferai autre que de la musique, tout en demeurant lié au monde artistique. Je suis allé au bout de ma formation comme musicien et ça m’a permis de m’accomplir énormément, mais au fond de moi j’avais le désir de savoir comment ça fonctionnait en arrière de la scène», dit le directeur général des Violons du Roy, Hugo Sanschargin.

Hugo Sanschagrin: musique et affaires en harmonie

Ce sont des gestionnaires de formation, ou qui le sont devenus pour répondre à l’une de leurs passions. Leur parcours nous révèle une belle et heureuse dualité créative. Découvrez ces personnes qui savent lier passion et gestion. À commencer par Hugo Sanschagrin. | 1er de 5 portraits.

Hugo Sanschagrin a baigné dans la musique dès sa tendre enfance. Inspiré par le talent musical de sa mère et de ses frères, il a lui-aussi voulu se lancer dans la musique très jeune. Sa passion l’a amené vers des études au conservatoire, où il est devenu violoncelliste et où il a eu la chance d’exercer son art auprès d’orchestres québécois.

Mais à un certain point de son parcours, il a vu une opportunité de développer de nouvelles compétences qui allaient l’amener dans une direction complémentaire de son travail de musicien : entamer des études à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval.

C’est ainsi qu’en 2016 Hugo Sanschagrin se voit offrir l’opportunité de combiner ses passions pour la musique et la gestion, lorsqu’il est nommé directeur général des Violons du Roy.

«Après une dizaine d’années à faire de la gestion et à poser des gestes auprès des Violons du Roy, il vient un moment où on se demande si on pose les bonnes actions. Est-ce que j’ai le bon bagage, les bons outils? J’ai senti le besoin de m’inscrire en administration des affaires à l’Université Laval.»

Ce virage dans sa carrière ne s’est pas fait du jour au lendemain. Dès ses débuts en musique, Hugo Sanschagrin se doutait qu’il allait prendre une nouvelle route qui le mènerait vers un autre domaine.

«J’ai toujours su que je ferai autre chose que de la musique, tout en demeurant lié au monde artistique. Je suis allé au bout de ma formation comme musicien et ça m’a permis de m’accomplir énormément, mais au fond de moi j’avais le désir de savoir comment ça fonctionnait en arrière de la scène.»

Ironiquement, la carrière d’Hugo l’a amené à conjuguer les deux passions principales de ses parents, alors que sa mère était une pianiste et son père était lui-même un gestionnaire.

Comprendre les musiciens

Bien que sa réalité de gestionnaire soit différente de celle de musicien, le directeur général des Violons Roy considère son expérience musicale comme un moyen de gérer adéquatement un organisme culturel.

«Comme dans toute organisation qui a un plancher de production, et bien moi j’ai été dans la production. Je connais et je comprends la réalité des musiciens dans l’ensemble des aspects. Ça m’aide à poser des gestes qui vont permettre aux musiciens d’avoir de meilleures conditions pour les pratiques par exemple.»

Cette compréhension d’Hugo Sanschagrin envers le travail de musicien lui permet de se concentrer sur son objectif principal qui est d’aider les musiciens à atteindre leur plus haut potentiel, et pour cela il travaille quotidiennement à leur offrir les meilleures conditions de travail.

«Les musiciens comprennent les contraintes d’un organisme culturel, et je suis sensible aux critères d’excellences qu’ils doivent atteindre et quel seuil on doit maintenir pour qu’il ait un niveau de performance optimale.»

Cette opportunité qu’il a eue de réorienter sa carrière lui permet aujourd’hui de voir le monde sur plusieurs angles. Une vision d’ensemble qui le guide autant dans ses choix professionnels que personnels.

Très jeune, Hugo Sanschagrin a été émerveillé par la musique et il a rapidement supplié ses parents de lui offrir un instrument.

«Mes études au cours des deux dernières années m’ont permis de rencontrer des gens de différents horizons, et de me rendre compte des contraintes qui existent dans plusieurs milieux. J’aurais beaucoup de plaisir à travailler à un autre domaine que la culture, même si les bases de ma motivation intrinsèque découlent du monde artistique».

Conjuguer deux passions peut s’avérer un défi compliqué pour certain, mais Hugo Sanschagrin persiste en affirmant que la vie n’est pas une ligne droite, et que chaque personne ne doit craindre d’effectuer des détours, car on ne sait jamais sur quelle route cela nous mènera.

«Il faut demeurer ouvert aux opportunités, de ne pas voir les choses uniquement d’un point de vue linéaire. L’ambition est importante, mais aucun parcours ne sera une ligne droite. Au travers d’un parcours, il faut tirer avantage des gens qu’on rencontre et de leurs expériences. »

Une passion dès l’enfance

Très jeune, Hugo a été rapidement émerveillé par la musique et il a rapidement supplié ses parents de lui offrir un instrument.

«J’ai baigné dans la musique dès l’enfance, je me souviens je faisais mes devoirs en entendant ma mère enseigner le piano. Mes frères aussi ont pratiqué la musique et même mon père, en tant qu’actuaire, a été rattaché à l’orchestre symphonique.»

Hugo Sanschagrin a baigné dans la musique dès l'enfance.

Mais même en pratiquant à un bas âge, le jeune Hugo va apprendre rapidement une leçon qui lui servira tout au long de son parcours: le talent est quelque chose, mais la discipline en est une autre.

L’ancien violoncelliste estime «qu’en musique c’est 10% de talent et 90% de discipline » et que son parcours lui a justement apporté cette rigueur au travail. «J’essaie d’appliquer ces forces dans mon quotidien au travail. Je dois faire en sorte d’être précis et concis dans mes décisions », ajoute-t-il.

Malgré une envie prononcée de maitriser un instrument davantage attaché à la musique classique, Hugo a eu de la difficulté à assumer son choix, en particulier devant ses amis.

De son propre aveu, il a déclaré que s’il avait pratiqué un instrument plus conventionnel et populaire, comme la guitare et la batterie, il n’aurait pas été gêné de l’affirmer devant son entourage.

Par chance pour Hugo Sanschagrin, la vie le mènera vers des études au conservatoire, un lieu où la compétition est féroce, mais qui est aussi le parfait endroit pour rencontrer des gens animés par la même passion qui l’habitait à cette époque.

«Mon entrée au conservatoire a été une révélation, car auparavant je ne mentionnais pas aux autres que je jouais du violoncelle de peur de paraitre comme un extraterrestre. Mais en entrant au conservatoire, j’ai trouvé une communauté d’extraterrestres qui partageaient les mêmes intérêts que moi. »

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HUGO SANSCHAGRIN EN RAFALES

Une entreprise...
Je n’aurais pas fondé une entreprise en particulier, mais il y a un secteur où j’ai toujours eu de l’admiration et ça remonte depuis longtemps et c’est la construction. Je ne saurais comment l’expliquer, mais il y a quelque chose de concret et noble dans le fait de construire, de travailler avec ses mains. C’est loin de ce que je fais au quotidien, mais c’est peut-être quelque chose que j’idéalise.

Un livre...
Il y a un livre qui a bouleversé ma jeune carrière de lecteur au secondaire et c’est Le grand cahier d’Agotha Kristof. Il y a un côté rude dans l’écriture de ce livre, c’est très cru et bouleversant. Un ami me l’avait recommandé, et je dois dire que cette lecture m’a bouleversé, et ça a piqué ma curiosité sur l’œuvre d’Agotha Kristof et à d’autres genres littéraires.

Un sport...
Je ne serai pas populaire avec ma réponse, mais je dirais la chasse, car je suis un grand amateur de plein air. Pour un musicien ça peut paraitre curieux, mais j’aime observer le comportement des animaux et voir comment ils sont dans la nature. C’est reposant et ressourçant pour moi d’être dans un espace si vaste et tranquille à la fois.

Une personne inspirante...
J’admire bien des personnes, mais je respecte beaucoup les entrepreneurs en général. Ce sont des personnes qui se lancent dans le vide, qui écoutent cette voix intérieure les poussant à lancer leur entreprise. Ils ont une valeur et veulent apporter leur touche personnelle au monde. Ça demande beaucoup d’énergie, d’abnégation et d’habiletés pour réussir ça.

Un rêve...
J’ai longtemps caressé ce rêve de fonder une entreprise, ce n’est jamais bien loin. Mais mon plus grand souhait est d’avoir un impact pour développer le monde culturel, qui est cher à mon cœur.

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Voyez l’entrevue en vidéo à l’adresse www.fsa.ulaval.ca/danslatete