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L'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) suggère que le moment est venu de se débarrasser de la règle obligeant les organismes publics à accorder les contrats aux plus bas soumissionnaires.
L'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) suggère que le moment est venu de se débarrasser de la règle obligeant les organismes publics à accorder les contrats aux plus bas soumissionnaires.

Choisir le meilleur soumissionnaire, pas toujours le plus bas

Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Collaboration spéciale
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ZONE PROFESSION INGÉNIEUR(E) / Dans son offensive pour convaincre le gouvernement d’imposer la surveillance obligatoire des travaux sur les chantiers, l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) suggère que le moment est venu de se débarrasser de la règle obligeant les organismes publics à accorder les contrats aux plus bas soumissionnaires.

«Ce mode d’adjudication n’est pas toujours la meilleure solution si nous voulons réaliser des ouvrages de qualité», affirme Kathy Baig.

«Une étude que nous avons commandée pour comprendre les façons de faire ailleurs dans le monde révèle qu’il peut même être interdit, dans certaines juridictions, de se tourner vers le plus bas soumissionnaire, notamment pour l’obtention de services en matière de sécurité ou d’informatique», mentionne la présidente de l’OIQ. «Dans d’autres juridictions, le recours au plus bas soumissionnaire doit être dûment justifié.»

«Décider, du jour au lendemain, de délaisser la règle d’attribution des contrats aux plus bas soumissionnaires au profit d’une approche qualité-prix qui, à long terme, favoriserait davantage la qualité des infrastructures pourrait risquer de donner le vertige à ceux et à celles qui doivent prendre des décisions. Avouons que c’est tellement plus rassurant d’y aller avec le plus bas soumissionnaire. Personne ne veut se mettre les pieds dans les plats.»

C’est pourquoi l’OIQ insiste pour que les organismes publics se dotent d’une expertise interne suffisante pour veiller à la bonne gestion des contrats à partir de grilles d’analyse et de pondération éprouvées et pour détecter les pièges cachés dans les soumissions.

Ainsi, les organisations doivent s’assurer de pouvoir compter sur «des ingénieurs et des professionnels en approvisionnement expérimentés, lesquels seraient en mesure de connaître les conditions du marché, les fournisseurs potentiels, leurs produits, leurs prix et leurs coûts.»

Pour Kathy Baig, il est important que la fonction publique détienne une «expertise forte» en matière d’ingénierie. En juin dernier, la Vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, déplorait le fait que le ministère des Transports «peinait» à embaucher des ingénieurs et des techniciens des travaux publics afin de renforcer son expertise et qu’il n’arrivait pas encore à estimer avec justesse les coûts de tous les contrats.

Par ailleurs, Mme Baig indique que l’OIQ suit la situation de près au ministère des Transports à la suite de reportages dans les médias faisant état du fait que des ingénieurs subissaient des pressions politiques pour autoriser des projets. «S’il y a des actions à prendre, nous le ferons en temps et lieu.»