Vêtements: se réendetter pour poursuivre 115 ans de tradition

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Vêtements: se réendetter pour poursuivre 115 ans de tradition

Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Collaboration spéciale
«Pour avoir les liquidités nous permettant de rester en affaires, nous avons choisi de nous réendetter. Et comme la majorité des détaillants, nous nous sommes demandé s’il n’était pas préférable de se placer sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers pour nous donner le temps de nous réorganiser.»

Margo Setlakwe-Blouin préside une entreprise familiale fondée en 1904. Maison A. Setlakwe possède trois magasins de vêtements à Thetford Mines, à Sainte-Marie et à Disraeli ainsi que huit boutiques de lingerie féminine – Silhouette – logeant dans des centres commerciaux à Québec, à Saint-Georges, à Saguenay, à Sherbrooke et à Victoriaville.

En raison de la pandémie, l’entreprise a été contrainte de fermer ses places d’affaires et de licencier temporairement l’ensemble de son personnel.

«En conseil de famille, nous avons décidé de rouvrir nos commerces. Nous avons pensé à nos 175 employés. Quelques membres de la famille sont encore actifs au sein de l’organisation. Et ça fait 115 ans que nous existons», plaide Margo Setlakwe-Blouin.

Quincailleries: tous chez Canac !

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Quincailleries: tous chez Canac !

Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Collaboration spéciale
Jean Laberge n’a jamais vu venir les files d’attente devant ses 30 magasins. Pas plus qu’il s’attendait à manquer de produits de jardinage avant la mi-juin et à assister à une explosion des ventes en ligne.

«De 50 commandes en ligne par jour, c’est passé à 1000 !», témoigne le président de Canac, une chaîne québécoise et indépendante de quincaillerie et de matériaux de construction offrant pas moins de 20 000 produits.

Le site transactionnel a cependant déraillé rapidement.

«Tu commandais un lavabo et tu te retrouvais avec une mangeoir pour les oiseaux ! C’était n’importe quoi ! On faisait rire de nous autres. J’ai finalement décidé d’arrêter tout ça», explique Jean Laberge. Le site Internet demeure accessible, mais il n’est plus possible de transiger en ligne.

«C’est simple, nous n’étions pas prêts. Pendant une dizaine de jours, nous avons essayé de corriger les problèmes, mais ça restait un foutoir. À la fin de l’été, une fois l’installation d’un nouveau progiciel de gestion intégré complétée, le site transactionnel deviendra opérationnel», assure le patron de Canac qui n’est pas encore convaincu de la rentabilité du commerce en ligne.

«Plus on vend en ligne, plus on est pauvre. Par contre, je sais que les consommateurs s’y sont habitués et que la demande est là pour rester. Chez Canac, la relève qui pousse ne jure que par le numérique. Et puisque je ne serai pas éternel, je me rallie aux jeunes.»

Automobile : limiter les dégâts

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Automobile : limiter les dégâts

Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Collaboration spéciale
«Si les ventes de véhicules neufs atteignent entre 60% et 70% de celles obtenues en 2019, ça sera un baume sur l’année 2020», soutient Charles Drouin, chef de la direction de la Corporation Mobilis des concessionnaires automobiles de la grande région de Québec.

Ces derniers en bavent un coup en ces temps de pandémie. L’épreuve ne pouvait arriver à un pire moment. Le printemps est la saison du magasinage pour l’achat ou la location d’un véhicule.

«De janvier à mai, dans l’ensemble de la province, les ventes ont dégringolé de 45 % par rapport à la même période en 2019», rapporte le patron de l’organisme regroupant 145 concessionnaires de la région de Québec.

Au plus fort de la crise, 95 % des 6000 employés des garages se sont retrouvés sans travail. Aujourd’hui, ils sont presque tous de retour au boulot.

Depuis la réouverture de leur commerce, le 4 mai, les concessionnaires voient enfin leur inventaire baisser. Des incitatifs (financement à 0 % à l’achat, remboursement des trois premières mensualités, etc.) sont offerts aux consommateurs.

«Nous notons une demande accrue pour les véhicules d’occasion de moins de 15,000 $. Serait-ce que les gens sont craintifs à l’idée d’utiliser les transports en commun et préfèrent se déplacer en auto ?», pose Charles Drouin.

«L’industrie fait preuve d’un optimisme prudent», souligne-t-il en mentionnant que les concessionnaires craignent des retards dans la livraison des modèles 2020-2021. «La cadence des chaînes de montage des constructeurs a été ralentie de façon importante – voire carrément arrêtée – pendant quelques semaines.»

Déjà, au cours des dernières années, l’achalandage était en diminution chez les concessionnaires. Le mouvement s’est accéléré depuis le début de la crise. Les concessionnaires recommandent d’ailleurs aux visiteurs de prendre rendez-vous avant de se pointer dans une salle de montre.

«Plus que jamais auparavant, les consommateurs cherchent l’information dont ils ont besoin en ligne. Tout bon concessionnaire doit avoir un site Internet qui permet le clavardage en direct avec les visiteurs. C’est la moindre des choses», insiste Charles Drouin.

LA LEÇON APPRISE

«La crise nous fait prendre conscience que l’on ne peut pas tout contrôler dans la vie.»



Commerce de détail: des marchands sur la corde raide

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Commerce de détail: des marchands sur la corde raide

Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Collaboration spéciale
Quel printemps ! Une crise sanitaire. Le Québec mis sur pause. Puis une reprise graduelle des activités après le confinement. Dans ce contexte, les quotidiens de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) sondent des acteurs de secteurs névralgiques de l’économie sur la situation actuelle et l'avenir. Comment se relever de cette pause ? Y a-t-il des modèles pour faire face aux inévitables défis des changements ? Il y a des initiatives qui ouvrent la porte à des remises en question à tous les niveaux des entreprises. Parlons donc ouvertement de la relance. Aujourd’hui: le secteur du commerce de détail. Dernier de 4

L’avenir de plusieurs commerces se jouera au cours des deux prochains mois, affirme le directeur général du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), Stéphane Drouin.

«D’ici la rentrée scolaire, nous verrons si les détaillants seront en mesure de réaliser des ventes leur permettant d’écouler leur inventaire et de générer des liquidités pour continuer leur cycle d’achat pour la saison suivante.»

«Le fait que les Québécois ne décolleront pas du Québec, cet été, permettra-t-il aux commerçants de réaliser de bonnes affaires alors que les ventes, en général, atteignent un creux entre la Fête nationale et le retour à l’école ?» s’interroge M. Drouin en signalant que la liste des marchands qui se sont placés sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers pourrait s’allonger.

Oui, la sortie de crise se fait graduellement dans les commerces, mais les marchands, eux, sont toujours en période de gestion de cette crise qui a vu leur chiffre d’affaires réduit à des miettes.

Le paiement des loyers est un fardeau pour les marchands. Les négociations avec les propriétaires de centres commerciaux pour convenir de mesures d’allégement sont laborieuses. Au début du mois de juin, à peine 25% des détaillants avaient conclu des ententes avec leur locateur.

Alimentation: encore des questions sans réponse

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Alimentation: encore des questions sans réponse

Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Collaboration spéciale
Yanic Drouin souhaiterait avoir le don de clairvoyance.

«À titre de gestionnaire, on se creuse les méninges pour essayer de voir ce qui s’en vient. Mais là, avec la crise, c’est impossible de s’imaginer à quoi ressemblera demain», constate le directeur général de la Coopérative des consommateurs de Lorette (Convivio) qui opère trois épiceries IGA Extra à Québec.

Au Québec, on compte plus d’une soixantaine de coopératives d’alimentation. Fondée en 1938, Convivio compte près de 21 000 membres et 550 travailleurs.

Yanic Drouin aimerait bien prédire ce qu’il adviendra, une fois la pandémie passée, des mesures prises pour protéger la santé des travailleurs et des clients.

Pendant combien de temps encore les consommateurs seront-ils accueillis par un employé qui les fait entrer au compte-gouttes à l’intérieur du commerce et leur explique les consignes d’hygiène ? Est-ce que la désinfection des paniers et des poignées de portes fera dorénavant partie de la routine ?

«Nous n’avons pas encore suffisamment de recul par rapport à la situation pour répondre à ces questions. Même si l’on parle de plus en plus de déconfinement, nous sommes toujours en gestion de crise», insiste Yanic Drouin.

Certaines habitudes des consommateurs ont changé depuis les trois derniers mois. L’épicerie en ligne a gagné des adeptes.

«Nous sommes passés de deux à six livraisons quotidiennes par camion au cours des premières semaines de la pandémie. Il y a eu une légère diminution ces derniers temps. Il y a certainement des consommateurs qui vont continuer d’acheter en ligne», explique M. Drouin en mentionnant que le ramassage en magasin connaissait un gain de popularité.

Si la boule de cristal du dg de Convivio demeure encore embrouillée, il croit dur comme fer que le phénomène d’achat local n’est pas un mirage.

«La crise a réellement suscité une prise de conscience collective sur l’importance de consommer des produits et des aliments de chez nous. Chez IGA et au sein de notre coopérative, ça fait partie de notre ADN de travailler avec les producteurs locaux et nous allons essayer d’en faire plus encore», assure Yanic Drouin qui a tenu à souligner le travail de ses employés. «Ils ont fait preuve d’une capacité d’adaptation extraordinaire. En plus, ils devaient gérer leur vie à l’extérieur du travail. Ils sont nos héros.»

LA LEÇON APPRISE

«Être vigilant. Et l’être même davantage en période de déconfinement.»


Ferme Simard : ruée vers les paniers de produits frais

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Ferme Simard : ruée vers les paniers de produits frais

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
Si certains secteurs agroalimentaires ont été rudement touchés par les conséquences de la pandémie, d’autres ont bénéficié d’un engouement des consommateurs pour l’achat local. C’est le cas de la ferme Simard, qui a vu exploser ses abonnements pour les paniers de fruits et légumes frais. Les abonnés de l’entreprise de Sainte-Anne-de-Beaupré sont passés de 175 l’an dernier à 400 cette saison.

«C’est complet, indique le propriétaire de la ferme familiale, David Simard. On a modifié notre formule pour prendre plus de monde. On visait de 225 à 250 abonnés. C’est difficile de dire non, mais on a dû arrêter à 400. C’est plus la logistique des points de chute et de la livraison qui nous a fait plafonner. C’est aussi une question de production. Si j’avais eu l’assurance d’avoir assez de stock dans les champs, j’aurais pu monter autour de 600.»

En raison des risques de propagation de la COVID-19, la ferme Simard a cessé d’utiliser des sacs réutilisables pour la livraison. En optant pour des boîtes de carton refermables, elle peut en empiler environ 200 à la fois dans son camion, au lieu des 70 sacs habituels. En augmentant son volume de paniers personnalisés, la ferme rentabilise ainsi chaque voyage qu’elle effectue un peu partout dans la région de Québec.

Les causes

Le producteur maraîcher explique cet engouement par l’incertitude causée par la crise sanitaire. «En mars et avril, il n’y avait plus grand-chose sur les tablettes.» L’anxiété causée par la fermeture des frontières a aussi eu un effet, croit-il, à cette recrudescence de la clientèle. «Il y en a qui ont eu peur de l’inflation des produits frais pour cet été.» Le fait que son entreprise soit petite et indépendante des prix fixés par les supermarchés a contribué, à son avis, à la popularité pour ses produits. Enfin, la promotion encouragée par Québec en faveur de l’achat local et de l’autonomie alimentaire a profité à l’entreprise agricole de la Côte-de-Beaupré.

Depuis l’automne dernier, une troisième adresse s’est ajoutée, après la ferme et le kiosque. Grâce à ce nouveau service, la Ferme Simard offre quelque 75 plats cuisinés qu’elle vend à son kiosque ou sur livraison. Depuis le début du confinement, David Simard le confirme: les commandes en ligne ont considérablement augmenté.

Cuisine Malimousse : la crise comme tremplin

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Cuisine Malimousse : la crise comme tremplin

Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Collaboration spéciale
«J’étais désemparé. J’avais réduit mon personnel de moitié. Je me voyais acculé à la faillite»

Président de Cuisine Malimousse, Hugo Magnan a eu les larmes aux yeux à quelques reprises depuis l’apparition de la COVID-19 dans nos vies. Tranquillement, les choses se tassent pour l’entreprise de fabrication de produits alimentaires de Saint-Augustin-de-Desmaures.

«Nos clients reprennent graduellement leurs affaires. La majorité de nos 52 employés sont de retour. Et notre mayonnaise de marque MAG fera bientôt son entrée dans les supermarchés.»

Le pain et le beurre de Malimousse, c’est sa mayonnaise. Son marché, c’est celui de la restauration. Il représente 60 % de son chiffre d’affaires. Dans la région de Québec, les restaurants Yuzu Sushi, Normandin, Chez Victor, Archibald, La Cage, Aki Sushi et St-Hubert, entre autres, utilisent les sauces mayonnaise de Malimousse pour accompagner certains mets.

«Les uns après les autres, nos clients nous appelaient pour annuler leur commande. Nous nous sommes retrouvés le bec à l’eau», raconte M. Magnan.

La nécessité étant la mère de l’invention, Malimousse a relancé un vieux projet : vendre sa mayonnaise dans les supermarchés. Ses trempettes, tartinades et mousses aux fruits s’y trouvent déjà.

«Il y a deux ans, nos approches avec les grands distributeurs n’avaient rien donné. Avec Hellmann’s et Kraft, le marché de la mayonnaise dite classique est intouchable pour un petit joueur comme nous», explique le président de l’entreprise que son père, Jacques Magnan, a fondée en 1989.

«Lorsque le gouvernement a commencé à livrer son message sur l’importance d’acheter des produits québécois, il y a eu une prise de conscience collective. Pour nous, l’occasion était belle de revenir à la charge auprès des distributeurs. Cette fois, ils nous ont écoutés et ils ont accepté de nous faire une place sur les tablettes à côté des marques nationales», raconte Hugo Magnan.

Les consommateurs pourront notamment acheter la mayonnaise MAG chez IGA et Metro.

LA LEÇON APPRISE

«C’est juste un virus, ça va passer, me disait ma jeune sœur. Il faut faire confiance à la vie.» 


Production de veaux de grain : il y a eu la vache folle, voilà le coronavirus

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Production de veaux de grain : il y a eu la vache folle, voilà le coronavirus

Gilbert Leduc
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Collaboration spéciale
Copropriétaires d’une ferme d’élevage de veaux de grain à Saint-Basile, dans la région de Portneuf, depuis 25 ans, Chantale Savard et Alain Leclerc ont connu la crise de la vache folle dans les années 90.

«Je vendais mes animaux moins chers que je les avais achetés», se souvient M. Leclerc.

Puis voilà une autre crise. Le coronavirus.

«Nous ne sommes plus dans la même situation. Aujourd’hui, nous avons moins de dettes, plus d’équité et nous sommes pratiquement autosuffisants. Par contre, je n’envie pas ceux et celles qui débutent leur vie dans l’élevage de veaux de grain ou de lait.»

Évidemment, la situation actuelle est une source de stress pour Alain Leclerc et sa conjointe qui produisent 650 veaux par année. «Nous nous demandons si notre marché retrouvera sa vigueur d’antan.»

Le quart des acheteurs de viande de veau au Québec sont des restaurateurs. La fermeture des salles à manger a fait chuter drastiquement la demande. Et, conséquemment, le prix de la carcasse payé par l’abattoir. Il est passé de 2,50 $ à 2,10 $ la livre carcasse depuis le début de la crise sanitaire. «Ça représente une diminution de 130 $ par veau. À la fin de l’année, pour une ferme comme la nôtre, ça représente une somme de près de 85 000 $.»


Exceldor : perte de 15 M$ en trois mois

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Exceldor : perte de 15 M$ en trois mois

Gilbert Leduc
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Collaboration spéciale
La pandémie du coronavirus plombe la rentabilité d’Exceldor. La coopérative spécialisée dans l’abattage, la transformation et la commercialisation de la volaille estime que la crise lui a coûté près de 15 millions $ au cours des trois derniers mois.

«L’impact sur nos états financiers est énorme», affirme son pdg, René Proulx, en rappelant que l’aide réclamée aux gouvernements pour compenser la dégringolade des revenus et les coûts entraînés par l’acquisition d’équipements de protection et l’adaptation des chaînes de production se fait attendre.

Formée de près de 400 membres et comptant 3450 employés dans ses usines au Québec, en Ontario et au Manitoba, la coopérative transforme près de deux millions de poulets et dindons chaque semaine. Son chiffre d’affaires annuel dépasse un milliard $.

Évidemment, la mise en place de mesures préventives a coûté cher — en argent et en productivité — à l’entreprise qui n’a jamais cessé de produire depuis le début de la crise.

Reconnaissant le «risque» pris par ses salariés qui, chaque jour, se pointent à l’usine, Exceldor leur a versé une prime de 2 $ l’heure pendant neuf semaines. Une initiative qui a coûté un million $ par mois à la coopérative.

Alors que la coopérative ne lésine pas sur les moyens à prendre pour protéger ses travailleurs, une partie de son marché s’écroulait soit celui des salles à manger des restaurants et des cafétérias.

«Depuis le début de la crise, 25 % du marché de la volaille a disparu et personne ne sait si nous pourrons le retrouver. Il faudra compter au moins deux ans avant que la situation revienne à ce qu’elle était avant la fermeture des salles à manger», souligne René Proulx en mentionnant que l’augmentation des ventes de volaille dans les supermarchés et les bonnes affaires réalisées par les services de livraison des rôtisseries comme St-Hubert et Benny & Co — des clients d’Exceldor — n’avaient pas permis d’éviter un épisode de surproduction dans l’industrie.

«Pour rééquilibrer l’offre et la demande, une baisse de production de 12,5 % est attendue pour les mois de juin, juillet et août. Évidemment, cela aura un impact sur la rentabilité des fermes qui, pandémie ou pas, doivent assumer des frais fixes», insiste M. Proulx.

LA LEÇON APPRISE

«Être toujours prêt à affronter une crise. Même celle qu’on ne pensait jamais avoir à affronter!» 

Secteur agroalimentaire: Des nuits blanches en attendant que la crise passe

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Secteur agroalimentaire: Des nuits blanches en attendant que la crise passe

Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Collaboration spéciale
Quel printemps! Une crise sanitaire. Le Québec mis sur pause. Puis une reprise graduelle des activités après le confinement. Dans ce contexte, les quotidiens de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) sondent des acteurs de secteurs névralgiques de l’économie sur la situation actuelle et l’avenir. Comment se relever de cette pause? Y a-t-il des modèles pour faire face aux inévitables défis des changements? Il y a des initiatives qui ouvrent la porte à des remises en question à tous les niveaux des entreprises. Parlons donc ouvertement de la relance. Aujourd’hui : le secteur agroalimentaire. 3e de 4. Prochain rendez-vous le samedi 20 juin

«L’intérêt sans équivoque des Québécois pour acheter des produits québécois. Voilà la seule bonne nouvelle que je retire de la pandémie du coronavirus», tranche le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau.

Ces hommes et ces femmes qui nourrissent le Québec ont perdu plusieurs bonnes nuits de sommeil au cours des derniers mois. Et les épisodes d’insomnie risquent de se prolonger pour plusieurs d’entre eux.

Qu’il suffise de penser aux maraîchers qui se demandent encore s’ils pourront compter sur suffisamment de travailleurs — étrangers ou québécois — pour récolter les fruits et les légumes dans leur champ.

Ne pouvant plus vendre leur lait, leur poulet, leur œuf ou leur veau aux restaurateurs, des producteurs vivent un cauchemar. «Dans le lait, c’est 30 % du marché qui a été perdu ou déplacé», indique Marcel Groleau qui représente 42 000 producteurs agricoles et forestiers. «Les ventes au détail n’ont pas permis de contrebalancer l’effondrement de ce marché. Il a fallu ajuster la production à la demande.»

Saison perdue

La fermeture des abattoirs a frappé de plein fouet les producteurs de porc qui se sont retrouvés avec des milliers de porcs en attente rendus trop gros. La situation est difficile également pour les entreprises qui produisent et vendent des poissons destinés aux ensemencements en raison du retard de l’ouverture des pourvoiries.

Les propriétaires de cabane à sucre y ont goûté aussi. «Leur saison a été complètement perdue», déplore Marcel Groleau. Heureusement, la production de sirop d’érable a connu une saison record et la demande demeure très forte sur les marchés pour l’or blond.

Les producteurs agricoles québécois ont perdu beaucoup d’argent en raison de la pandémie. L’implantation de mesures de santé publique dans les lieux de travail a coûté cher. L’aide fédérale de 252 millions $ pour l’ensemble du Canada est insuffisante pour l’UPA. «Un ajout de 300 à 400 millions $ à certains programmes existants permettrait de régler 75 % de nos enjeux actuels.»

Aux yeux de Marcel Groleau, les derniers mois ont démontré clairement une volonté des Québécois de s’approvisionner auprès des producteurs d’ici.

«La vente à la ferme connaît un succès retentissant. Des petits producteurs nous disent qu’ils sont constamment en rupture de stock. Le commerce en ligne, la livraison de produits frais à domicile, la création de petits réseaux de distribution ont fait exploser la popularité des marchés locaux. Il faut continuer de frapper sur ce clou et poursuivre la réflexion sur l’importance au Québec de viser notre autonomie alimentaire.»

++

Au Québec, le secteur agricole représente

30 milliards$ en ventes annuelles

7 % du produit intérieur brut

70 000 entreprises

500 000 emplois

Source : Agro Québec

AmeriCan Structures: La cour est pleine !

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AmeriCan Structures: La cour est pleine !

Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Collaboration spéciale
«Normalement, je roule à 150 milles à l’heure. Je travaille entre 60 et 70 heures par semaine. Aujourd’hui, je roule à peine à 50 milles à l’heure.»

«Normalement, je roule à 150 milles à l’heure. Je travaille entre 60 et 70 heures par semaine. Aujourd’hui, je roule à peine à 50 milles à l’heure.»

Au moins une fois par mois, René Leclerc sautait dans un avion pour aller rencontrer des clients aux États-Unis, en Asie et en Afrique. «Jusqu’à Noël,  je vais rester ici.»

Entreprise de Thetford Mines, AmeriCan Structures est spécialisée dans la fabrication de poutrelles de plancher, de fermes de toit, de murs et de toitures.

Pas moins de 90% de ses produits prennent la direction de la région de Boston. Du 23 mars au 18 mai, les chantiers ont été fermés au Massachusetts.

«Regardez ma cour, elle est pleine. J’ai assez de matériaux pour remplir 50 remorques. Heureusement, il y a des projets qui commencent à débloquer», signale le fondateur et président d’AmeriCan Structures. 

L’entreprise de 80 employés n’a pas eu le choix de réduire ses effectifs de 35 %. Une mesure qui devrait s’appliquer jusqu’à la fin du mois d’août.

René Leclerc avait été échaudé, lors de la crise financière de 2008, alors qu’il avait perdu plus d’un million $ à la suite de la faillite de l’un de ses clients. «Nous avions dû cesser nos activités pendant quelques jours afin de nous permettre de nous virer de bord. Aujourd’hui, je suis assez optimiste d’autant plus que nous avons fait le plein de contrats pour 2021. Mes clients me disent que la crise sanitaire, nous allons la traverser ensemble.»

René Leclerc était au Nicaragua au moment où le Québec a été mis en pause. Il a dû se placer en quarantaine pendant 14 jours à son retour. «J’étais tout seul dans mon chalet en train de virer fou ! Rapidement, nous avons acheté 24 ordinateurs portables pour permettre à nos employés de travailler à la maison et nous avons dépensé des dizaine de milliers de dollars pour mettre en place des mesures sanitaires dans l’usine.»

LA LEÇON APPRISE

«Je vais dorénavant travailler quatre jours par semaine et non plus six ou sept comme avant.»


Simard cuisine et salle de bains: du pain sur la planche

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Simard cuisine et salle de bains: du pain sur la planche

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
Depuis le début de la pandémie, Simard cuisine et salle de bains de Saint-Tite-des-Caps a trouvé une façon de maintenir en activité une partie de son usine en signant une collaboration avec deux partenaires pour produire des panneaux de protection en plexiglas. Ces produits entièrement québécois sont commercialisés un peu partout au Québec.

Simard cuisine et salle de bains s’est d’abord associée à l’un de ses fournisseurs, Bolduc Solution, une entreprise de Sainte-Clothilde-de-Beauce spécialisée notamment dans la fabrication de produits en acier inoxydable. Les marchés d’alimentation constituent la principale clientèle de l’entreprise beauceronne. «Au début de la crise, ils ont eu des demandes pour faire des panneaux de plexiglas pour protéger les travailleurs, raconte le président de Simard cuisine et salle de bains, Mathieu Simard. Puis, ils se sont tournés vers nous pour faire de la découpe et de l’assemblage de produits en plexiglas. On a inversé les rôles client fournisseur.»

Simard cuisine a l’habitude de découper des panneaux de bois et de mélamine pour ses armoires. «On a des équipements numériques que notre partenaire n’a pas, souligne M. Simard. On fait la découpe et mes employés font l’assemblage avec les coulisses et les pentures. L’installation est faite par Bolduc Solution.»

Plusieurs centaines de panneaux

L’entreprise de Sainte-Clothilde a vendu plusieurs centaines de panneaux coulissants placés derrière les caisses de supermarchés tels Metro, Sobeys, IGA et plusieurs autres bannières. «Ça n’arrête pas», précise le président de l’entreprise de rénovation et de confection d’armoires de cuisine et de salles de bain sur mesure qui compte 85 employés à son usine de la Côte-de-Beaupré ainsi qu’à ses bureaux de vente et sa salle d’exposition de Québec.

L’aventure d’une collaboration manufacturière ne s’arrête pas là. Simard cuisine collabore également avec un nouveau fabricant de cloisons de verre, Ness Safety Shield de Saint-Ferréol-les-Neiges, pour qui elle fait aussi de la découpe. «Ils font des panneaux de plexiglas pour les taxis, les autobus scolaires et le transport adapté, mentionne Mathieu Simard. Ils ont des centaines et des centaines d’autobus à modifier pour le retour scolaire en septembre. Ils ont de gros contrats.»


Maisons Laprise : Les yeux sur le carnet de commandes

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Maisons Laprise : Les yeux sur le carnet de commandes

Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Collaboration spéciale
Daniel Laprise n’aime pas ce qu’il voit. Bien garni avant le déclenchement de la crise, le carnet de commandes de Maisons Laprise se vide un petit peu tous les jours.

Depuis le redémarrage de son usine principale – fermée du 24 mars au 20 avril - ça ne dérougit pas pour le fabricant de maisons pré-usinées de Montmagny.

«Je manque de main-d’œuvre !», signale le fondateur et président de Maisons Laprise. Non pas parce que des membres de son équipe de 250 employés manquent à l’appel, mais parce que l’entreprise est confrontée à une pénurie chronique de personnel.

Actuellement, les salariés terminent la fabrication des habitations commandées avant la crise. «Dès le premier jour du confinement, les commandes ont cessé et elles n’ont pas encore repris leur envol», explique-t-il. Les bureaux de vente de Maisons Laprise, répartis un peu partout au Québec, viennent à peine de rouvrir.

«Les clients seront-ils bientôt de retour ? Sera-t-on capable de récupérer les ventes que nous avons perdues au cours des trois derniers mois ? Je ne sais pas. Il y a encore une grande incertitude au sein de la population. Personne ne connait les conséquences de la crise sur notre économie et sur notre portefeuille.»

«Acheter une maison, ce n’est pas comme acheter une brosse à dents. Le projet se planifie pendant plusieurs mois. Il faut trouver un terrain; obtenir un prêt hypothécaire; vendre la maison actuelle. Si le marché se détraque à la suite de la pandémie, le comportement des consommateurs s’en trouvera tout autant affecté.»

Daniel Laprise n’écarte pas le recours à des mises à pied temporaires. «Tout est possible. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. Au contraire – et je le répète - je manque de monde.»

Autres préoccupations pour Maisons Laprise : la perte de productivité sur les chantiers et la hausse des prix des matériaux. C’est le cas pour la laine minérale et, vraisemblablement, pour le bois de construction. «Quelque part, quelqu’un devra payer.» 

LA LEÇON APPRISE

«L’infonuagique, on ne peut plus s’en passer pour communiquer entre nous.»


Logisco: Trouver la lumière dans le brouillard

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Logisco: Trouver la lumière dans le brouillard

Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Collaboration spéciale
«À titre de président, mon travail consiste à prévoir les coups que nous jouerons dans deux ou trois ans. Avec la crise, les indicateurs sur lesquels je m’inspire pour faire mes prévisions sont passés par-dessus bord !», avoue le patron de Logisco, Michel Parent.

«Depuis les trois derniers mois, j’ai l’impression de piloter un navire en plein brouillard».

Dans la région de Québec, le développeur immobilier gère 174 immeubles, 4000 appartements, trois résidences pour aînés autonomes et semi-autonomes, deux hôtels et des espaces commerciaux totalisant plus d’un demi-million de pieds carrés. Tout ça avec un équipage de 350 employés.

«Notre plan de développement hôtelier a été mis sur la glace. Même chose pour nos projets d’ajout d’espaces commerciaux et de bureaux. Dans le cas des résidences pour les aînés, c’est encore l’inconnu. Par contre, je sais que le défi de trouver de la main-d’œuvre sera difficile surtout que le gouvernement s’engage à accroître le salaire des préposés aux bénéficiaires dans les établissements publics. Comment pourrons-nous demeurer compétitifs ? La capacité de payer de la clientèle a ses limites.»

Pour l’entreprise, les investissements, au cours des prochains mois, seront essentiellement consacrés à développer de nouveaux projets multi-résidentiels, un segment de marché «qui fonctionne comme jamais», affirme Michel Parent.

Au moment où le Québec se mettait sur pause et que les chantiers fermaient les uns après les autres pour une durée de quatre semaines, Logisco avait une lourde commande sur les bras : livrer 150 appartements à temps pour juin et juillet. Un défi qui sera relevé, assure M. Parent, avec moins de dix jours de retard dans le cas, par exemple, d’un projet de 80 unités à Lévis.  

La location d’appartements représentait aussi une préoccupation pour Michel Parent. Comment attirer de nouveaux clients s’ils ne peuvent pas venir visiter en personne un logement ? Un système de visites en ligne a été rendu rapidement accessible. La signature des baux peut même se faire électroniquement. 

«J’avais des doutes sur l’efficacité de cette technologie», soulève M. Parent «mais les résultats ont dépassé mes espérances. Nous avons réussi à louer 150 appartements de cette façon.»

LA LEÇON APPRISE

«Trouver, dans notre vie, un juste équilibre entre le travail, le repos, les loisirs et les humains qui nous entourent.»

   


Secteur de la construction : L’enjeu de la productivité

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Secteur de la construction : L’enjeu de la productivité

Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Collaboration spéciale
Quel printemps ! Une crise sanitaire. Le Québec mis sur pause. Puis une reprise graduelle des activités après le confinement. Dans ce contexte, les quotidiens de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) sondent des acteurs de secteurs névralgiques de l’économie sur la situation actuelle et l’avenir. Comment se relever de cette pause ? Y a-t-il des modèles pour faire face aux inévitables défis des changements ? Il y a des initiatives qui ouvrent la porte à des remises en question à tous les niveaux des entreprises. Parlons donc ouvertement de la relance. Aujourd’hui: le secteur de la construction. 2e de 4. Prochain rendez-vous le samedi 13 juin

D’abord, le travailleur doit se laver les mains dès qu’il se pointe sur un chantier. Il doit ensuite remplir un questionnaire pour établir s’il présente des symptômes du coronavirus. Puis, il enfonce un casque de sécurité sur sa tête et ajuste un masque avec lunette de protection ou encore une visière.

Et il y a les outils à désinfecter chaque fois qu’ils ont été utilisés. Sans oublier la distanciation physique de deux mètres à respecter.

«Des entrepreneurs calculent une perte de temps d’environ 30 minutes par travailleur par jour», signale Jean-Philippe Cliche, économiste senior à l’Association de la construction du Québec (ACQ), un regroupement multisectoriel rassemblant près de 18 000 entreprises.

«Il faut plus de temps pour effectuer un même ouvrage. Ça nous prend donc plus de main-d’œuvre. Déjà que nos entreprises peinent à trouver des salariés. Pour limiter la perte de productivité de leurs travailleurs et pallier le manque de personnel, des entrepreneurs ont choisi de faire appel à des compagnies spécialisées pour effectuer la désinfection générale quotidienne de leurs chantiers.»

«La perte de productivité varie entre 5 % et 10 % par jour. C’est énorme. Ça provoque, inévitablement, une hausse des coûts», ajoute M. Cliche qui reconnaît d’emblée que les mesures sanitaires imposées par l’État sont essentielles pour assurer la protection de la santé des travailleurs et de leurs proches. 

«La santé de notre monde est la chose la plus importante. Nous espérons que les nouvelles mesures sanitaires adoptées sur les chantiers deviendront rapidement des habitudes pour les travailleurs et que nous pourrons limiter la perte de productivité enregistrée depuis la reprise des activités.»


Cafetière sans contact : commander son café à partir de son téléphone intelligent

Vers la relance

Cafetière sans contact : commander son café à partir de son téléphone intelligent

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
Depuis le début de la pandémie, une peur s’est installée : tout ce qu’on touche peut représenter une menace de contamination à la COVID-19. Soucieux de la crainte que peuvent éprouver les travailleurs en commandant leur café, Cafection/Evoca de Québec vient de lancer une nouvelle application qui permet, d’un simple clic sur son téléphone intelligent, que son café soit versé selon ses goûts sans toucher à la machine.

Lancée il y a deux semaines, l’innovation connaît, pour l’instant, un engouement modeste. Selon le président-directeur général de Cafection/Evoca, c’est parce que la plupart des gens qui travaillent normalement dans les bureaux œuvrent encore à domicile. «Ça va faire partie des nouvelles tendances, croit cependant François Baron. On a de très belles discussions avec notre marché, qui est à 96 % aux États-Unis. L’État de la Californie parle même d’enlever les machines à café qui sont dans les bureaux, à moins qu’elles soient sans contact comme les nôtres. Cette application va nous démarquer. On va passer devant beaucoup de compétiteurs!»

Tout se fait à distance

Cette nouvelle technologie est adaptable à toutes les cafetières fabriquées dans l’usine de Sainte-Foy. Les clients de Cafection/Evoca n’ont donc pas à acheter une nouvelle machine à café. L’ajout de la fonction sans contact se fait à distance. «C’est la beauté de notre technologie qu’on appelle Sophia et qu’on a développée il y a déjà cinq ans pour nos machines à café, explique M. Baron. Avant, on s’en servait pour faire du monitoring, pour placer des appels de service ou à titre préventif.»

«On a plus de 700 machines qui sont installées chez des concessionnaires automobiles un peu partout aux États-Unis et qui ont eu la nouvelle application directement sur leur machine», continue M. Baron. D’ici trois mois, le chef d’entreprise prévoit que 50 000 de leurs machines à café seront dotées de la nouvelle technologie sans contact.

Les principaux clients de Cafection/Evoca sont des torréfacteurs comme Lavazza et Starbucks. L’entreprise compte aussi des gestionnaires de cafétérias et de services de pause-café. Apple, Google et Microsoft figurent parmi ses clients. «Sur le campus de Microsoft à Seattle, on a 1000 machines d’installées», précise le patron.  Johanne Fournier (collaboration spéciale)

Pour visionner une démonstration d’une commande de café sans contact, cliquez ici.

Évier portatif sans contact : pouvoir se laver les mains n’importe où

Vers la relance

Évier portatif sans contact : pouvoir se laver les mains n’importe où

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
Depuis les débuts de la pandémie, le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, ne cesse de le répéter : l’un des meilleurs freins à la propagation de la COVID-19 est le lavage fréquent des mains. Festo Didactique l’a vite compris. L’entreprise de Québec a ainsi créé un outil pratique pour permettre le lavage des mains en tous lieux: un évier portatif sans contact.

Ne requérant ni électricité ni plomberie et pesant moins de 50 livres, l’évier portatif est, selon Festo Didactique, facile à déplacer. Actionné par une pompe à pied, il est doté de deux réservoirs de 20 gallons simples à remplir, à vider et à nettoyer: le bleu pour l’eau propre et le gris pour l’eau souillée. Fabriqué en acier inoxydable, il est muni d’un panneau de plexiglas pour éviter les éclaboussures. Après chaque remplissage du réservoir d’eau claire, l’évier permet 100 lavages de mains.

Créé d’abord pour ses employés

L’évier portatif sans contact sort du créneau de fabrication habituel de Festo Didactique, qui se spécialise dans les appareils didactiques ainsi que dans les simulateurs pour l’enseignement technique dans les collèges et les universités. Mais, dès le début de la crise sanitaire, l’équipe d’ingénieurs et de techniciens vouée au développement des produits de l’entreprise de Charlesbourg a mis à profit sa capacité d’innovation. «On étudiait attentivement les consignes gouvernementales et on se doutait bien qu’il allait y avoir des mesures sanitaires sévères pour avoir la permission de rouvrir notre usine [...]», raconte le chef des opérations de Festo Didactique, Michel Fortier. 

Par conséquent, ce fameux évier a été imaginé rapidement par l’équipe de soutien à la production. Le métal est façonné dans la chaîne de production de l’usine, qui dispose aussi de l’équipement nécessaire au pliage et au découpage. «Au départ, on l’a fabriqué pour nos besoins internes, pour que nos employés puissent se laver les mains sans se déplacer, sans se croiser dans les salles de toilette et sans toucher aux poignées de porte, précise M. Fortier. Il estime qu’il peut être utile non seulement dans les industries, mais aussi dans les écoles, les garderies et les hôpitaux. Dans son usine qui compte environ 130 employés à la production et 100 autres à la recherche et au développement, à l’administration et dans les bureaux, Festo a installé sept stations de lavage des mains. 

Pour voir une démonstration de l’évier portatif sans contact, cliquez ici.

Groupe Canam : placer les morceaux du casse-tête

Vers la relance

Groupe Canam : placer les morceaux du casse-tête

Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Collaboration spéciale
«Vous me demandez comment se fait la reprise des activités chez Canam? Eh bien, je pense tout de suite à des bouteilles de Purell et à des masques!», lance Marc Dutil.

Le fabricant beauceron de charpentes métalliques, de ponts et autres produits pour l’industrie de la construction a adapté ses façons de faire dans ses 25 usines au Canada et aux États-Unis ainsi que dans ses bureaux d’ingénierie en Inde et en Roumanie afin d’opérer efficacement en ces temps de pandémie. 

À la fin du mois de mai, les 4900 employés de Groupe Canam devraient tous avoir été rappelés au boulot, selon le président et chef de la direction.

Distanciation physique. Limitation des déplacements. Travail à domicile. 

«La situation actuelle ressemble à un casse-tête. Il suffit de placer les morceaux aux bonnes places. Une fois que le casse-tête est complété, ça devient fonctionnel. Il ne reste plus qu’à ajuster nos comportements individuels».

Le slogan «Ça va bien aller» inspire Marc Dutil.

«Affirmer le futur que l’on souhaite, c’est un peu le créer. Il faut regarder en avant. Nous avons décidé d’accélérer les investissements visant l’amélioration de l’efficacité et la modernisation de nos pratiques.»

«Tous les jours, des centaines de personnes participent à des ateliers de transformation pour revoir nos façons d’offrir le service à la clientèle, pour repenser la logistique du transport et pour continuer d’améliorer la santé et la sécurité de notre monde. Nous voulons que tous nos employés puissent retourner à la maison en santé après leur journée de travail.»

Les engagements pris par les gouvernements en faveur d’investissements massifs dans les infrastructures afin de relancer l’économie rassurent la direction de Canam.

«La demande pour nos produits demeure excellente. Beaucoup de projets de construction ont été reportés, mais peu ont été annulés. On peut s’attendre, malgré tout, à un petit ralentissement d’ici la fin de l’année notamment dans les projets commerciaux et industriels légers.»

LA LEÇON APPRISE

Toujours être prêt à l’inattendu.

EXFO : La Chine, puis le reste du monde

Vers la relance

EXFO : La Chine, puis le reste du monde

Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Collaboration spéciale
Le premier choc, Philippe Morin l’a encaissé au début de février alors que l’usine d’EXFO à Shenzhen en Chine cessait ses opérations en raison du confinement général imposé par le gouvernement de Xi Jinping.

Trois semaines plus tard, elle reprenait ses activités.

Puis, le deuxième choc. Le coronavirus devient une pandémie mondiale. 

«Jamais nous n’avions pensé que la situation prendrait une telle ampleur», commente le pdg de l’entreprise de Québec spécialisée dans la fabrication d’équipements permettant aux géants mondiaux des télécommunications de surveiller l’état de fonctionnement de leurs réseaux. EXFO est présent dans 25 pays; elle y compte près de 2000 employés. Cinq cents d’entre eux sont en poste dans la capitale.

Entreprise «essentielle»

Après l’épisode chinois, EXFO n’a jamais cessé de rouler à plein régime. «Alors que la demande pour la bande passante atteint des sommets notamment afin de permettre aux gens de travailler, d’étudier et de se divertir à la maison, EXFO est une entreprise essentielle dans un secteur essentiel», explique Philippe Morin.

Évidemment, l’entreprise a dû s’adapter à la nouvelle réalité. Toutes les mesures de désinfection et de distanciation ont été adoptées. «À la fin de son quart de travail, un employé ne croise plus celui qui prendra la relève pour le quart suivant.»

Le télétravail est maintenant pratiqué par 85 % des travailleurs d’EXFO. «Pour nos équipes de vente, notamment, il s’agit d’un virage important. Ils ne peuvent plus, comme avant, aller rencontrer les clients chez eux», signale le dirigeant en mentionnant que l’entreprise examine l’opportunité d’étendre le télétravail de façon permanente.

Philippe Morin croit que la demande pour les équipements d’EXFO ne diminuera pas. Les opérateurs de réseaux de télécommunication vont continuer d’investir pour le déploiement de la fibre optique et le développement 5G. Là où sa boule de cristal s’embrouille, c’est à savoir quel sera le niveau de ces investissements. Une récession se pointe à l’horizon. «Difficile à prédire l’impact économique d’une récession.»

LA LEÇON APPRISE

L’importance de communiquer avec ses employés et ses clients. 


Julien : Retrousser ses manches

Vers la relance

Julien : Retrousser ses manches

Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Collaboration spéciale
Le 24 mars, le jour même où il mettait la clé sous la porte de son entreprise sans trop savoir quand il pourra la rouvrir, Carl-David Belley réunissait son comité de gestion de crise.

«Il fallait décider comment nous allions traverser la tempête et ce que nous allions faire après la tempête», explique le directeur général et copropriétaire de Julien, une entreprise de Québec spécialisée dans la transformation de l’acier inoxydable. 

Au cœur des priorités : la santé des employés et la pérennité de l’entreprise fondée en 1946.

Puisque Julien fabrique notamment des équipements destinés aux cuisines des hôpitaux et des CHSLD, la compagnie a pu être inscrite sur la liste des entreprises offrant des services essentiels. Le travail a pu reprendre une semaine plus tard.

Graduellement, les 110 travailleurs de l’usine — Julien compte 300 employés incluant ceux de sa filiale Doyon Desprès — reprennent le boulot dans un environnement de travail modifié pour respecter les mesures de distanciation.

Puisque le retour des travailleurs de l’usine se fait au compte-gouttes, la capacité de production de Julien en souffre un peu. Ce n’est pas la fin du monde, signale Carl-David Belley, car la demande a légèrement baissé. 

Julien recrute beaucoup de clients dans le monde de la restauration. Or, ce secteur de l’économie mange son pain noir par les temps qui courent. «La situation des restaurateurs nous préoccupe.»

L’entreprise doit affronter une autre réalité. 

En Amérique du Nord, ses produits sont vendus aux consommateurs dans 450 établissements. Pas moins de 95 % d’entre eux ont dû fermer boutique temporairement. Julien décide d’accélérer la mise en ligne de sites transactionnels pour les produits de ses marques Prochef et Home Refinements. «En deux mois, nos équipes ont réalisé l’équivalent d’un an de travail. On enregistre déjà des ventes en ligne alors que nous n’en espérions pas avant 2021.»

«Nous avons décidé de peser sur l’accélérateur pour démarrer immédiatement des projets d’amélioration que nous envisagions de faire au cours des 12 à 18 prochains mois», indique M. Belley. «Nous ne nous sommes pas demandé si nous allions mettre ces projets sur la glace, mais plutôt comment nous pouvons les réaliser plus rapidement.»

LA LEÇON APPRISE

Ne jamais cesser d’investir dans son personnel. 


Secteur manufacturier: L’amorce de la traversée du désert

Vers la relance

Secteur manufacturier: L’amorce de la traversée du désert

Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Collaboration spéciale
Quel printemps! Une crise sanitaire. Le Québec mis sur pause. Puis une reprise graduelle des activités après le confinement. Dans ce contexte, les quotidiens de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) sondent des acteurs de secteurs névralgiques de l’économie sur la situation actuelle et l’avenir. Comment se relever de cette pause? Y a-t-il des modèles pour faire face aux inévitables défis des changements? Il y a des initiatives qui ouvrent la porte à des remises en question à tous les niveaux des entreprises. Parlons donc ouvertement de la relance. Aujourd’hui : le secteur manufacturier. Prochain rendez-vous : le samedi 6 juin

Les prochains mois ressembleront à une traversée du désert pour les entreprises manufacturières.

De l’avis de Véronique Proulx, pdg des Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ), rares seront les entrepreneurs qui seront contraints de remettre leur bilan. «Je n’anticipe pas beaucoup de faillites dans l’industrie de la fabrication».

Rien de comparable à l’hécatombe qui fait déjà ses premières victimes dans le monde du commerce de détail.

«Bien sûr, les entreprises qui étaient déjà dans une mauvaise passe seront encore plus fragiles. De plus, nous pouvons déjà prédire que ça ne sera pas du gâteau pour celles œuvrant dans des secteurs durement frappés par la crise économique provoquée par la COVID-19, notamment celui de l’aérospatial», affirme la porte-parole de plus d’un millier de manufacturiers québécois.

Ce qui préoccupe Véronique Proulx, particulièrement, c’est le taux d’endettement de ses membres.

«Pour passer à travers la crise et compenser la perte prévisible de la demande, ils doivent s’endetter. C’est particulièrement le cas des PME qui n’ont pas les reins aussi solides que les plus grandes organisations.»

«Le danger, c’est que ces PME choisissent de reporter d’une année ou deux des projets d’investissement en matière d’innovation technologique qu’elles projetaient réaliser afin d’accroître leur compétitivité. Elles se feraient un grand tort. La productivité de nos PME accuse déjà un retard important.»

QWEB: faire rayonner le bois du Québec à travers le monde

ZONE Une forêt à connaître

QWEB: faire rayonner le bois du Québec à travers le monde

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
MATANE – Avec ses 1,7 million de km carrés couverts à 44% de forêt, le Québec possède une importante matière d’exportation: son bois. En faisant la promotion de cette ressource à l’échelle internationale, QWEB fait rayonner ses propriétés remarquables, mais aussi ses vertus écologiques et durables qui en font l’un des meilleurs outils de lutte aux changements climatiques.

Quebec Wood Export Bureau (QWEB) ou le Bureau de promotion des produits du bois du Québec est un organisme créé en 1996 et dont la mission consiste essentiellement à exporter le bois du Québec, en collaboration avec quelque 125 entreprises réparties dans différents groupes: bois résineux, bois feuillus, planchers, granules énergétiques et construction en bois (maisons usinées et structures). «Chacun a sa stratégie différente, précise le président-directeur général de l’organisme, Sylvain Labbé. Selon le secteur, ce n’est pas le même marché et les mêmes intérêts.» 

QWEB a son siège social à Québec. Il possède des bureaux en Chine, au Japon, en Corée, au Royaume-Uni, en Europe de l’Ouest et en Inde. L’organisme siège notamment sur le comité «forêt» des Nations unies pour le Canada. «Dans le feuillu, 80 % de nos exportations sont en Chine et au Japon, indique M. Labbé. C’est du bois scié pour des usines de meubles.» Il estime les exportations de bois feuillu à plus de 250 millions $, dont 150 millions$ en Chine et 100 millions $ aux États-Unis.

Plutôt d’être perçue comme un problème comparativement à la Colombie-Britannique qui produit de gros arbres, la petite taille du bois du Québec ouvre de nouveaux marchés internationaux. «On a développé le sciage de petites billes et des produits préfabriqués qui sont l’avenir, soutient le patron de QWEB. La tendance des marchés dans le domaine du bois et de la construction repose sur les produits à faible empreinte de carbone. La demande est exponentielle.» Selon l’ingénieur forestier, le caractère innovant du Québec se traduit par des produits d’ingénierie de haute performance préfabriqués avec du petit bois. 

«Il y a un tiers de moins d’émissions de GES [gaz à effet de serre] dans une construction préfabriquée que celle sur un site, mentionne Sylvain Labbé. Il n’y a aucune perte parce qu’en usine, tout est coupé à la bonne dimension. Le transport prend aussi beaucoup moins de temps. Tout arrive tout prêt à assembler.»

«Notre produit est plus performant, plus vert et est mieux que le béton et l’acier, est-il convaincu. C’est sûr que le bois est le produit de l’avenir dans la construction […] par rapport au plastique, au béton et à l’acier.»

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Des vêtements fabriqués à partir de… bois

ZONE Une forêt à connaître

Des vêtements fabriqués à partir de… bois

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
MATANE – Les procédés de transformation de la fibre de bois se multiplient au gré de la recherche et du développement. Ce n’est que le début d’une nouvelle ère et pourtant, des produits écologiques, durables et résolument novateurs sortent déjà des usines. Parmi ces nouveaux produits, notons des vêtements fabriqués avec de la pâte de rayonne provenant de la fibre de bois.

C’est ce produit qui, en 2010, a donné un nouveau souffle à l’ancienne usine de pâte kraft Papiers Fraser de Thurso en Outaouais et qui a permis de rappeler au travail les 325 employés. «À partir de la fibre de bois, on fait une pâte dissoute, explique le directeur d’Unifor pour le Québec, Renaud Gagné. C’est beaucoup plus écologique d’épuiser des résidus de bois que de faire pousser du coton.»

La pâte produite à l’usine Fortress Cellulose Spécialisée est utilisée dans une grande variété de produits: fibres textiles, acétone, cellophane, filaments de pneus, filtres et additifs chimiques. Elle est aussi utilisée par les compagnies pharmaceutiques et l’industrie alimentaire comme agent liant.

Des danseurs par milliers

Hit the Floor

Des danseurs par milliers

Julien Coderre
Julien Coderre
Le Droit
Des milliers de danseurs se relaieront sur la scène du Centre de congrès du Casino du Lac-Leamy lors de la compétition Hit The Floor Gatineau, qui se déroulera du 14 au 17 mars.

Au total, 3000 danseurs de tous âges et provenant d’une soixantaine d’écoles de danse québécoises et ontariennes viendront démontrer leur talent devant des juges d’expérience et une foule de dizaines de milliers de spectateurs.

Pour cette sixième édition de la compétition dans la région de Gatineau, plusieurs nouveautés s’ajoutent, notamment la mise en place d’un tarif journalier et la vérification du niveau des âges de tous les danseurs. Ainsi, les visiteurs auront le choix de débourser 15 $ par jour, ou encore 25 $ pour l’entièreté de la compétition, pour venir voir les danseurs se surpasser. 

« Ça sera plus convenable pour les gens qui souhaitent assister à l’événement, affirme le fondateur et directeur de Hit The Floor, Nicolas Bégin. Aussi, puisque Hit The Floor est vraiment axé sur les danseurs, on va vérifier tous les âges de tous les danseurs sur place pour que ce soit plus conforme au niveau de la réglementation. »

Pour ceux qui ne connaissent pas M. Bégin, il est lui-même un passionné de la danse. Il a notamment été le premier Québécois à participer à l’émission So You Think You Can Dance à Toronto. C’est en partie cette passion qui l’a incité à créer l’événement Hit The Floor.

« Je suis une espèce de bébite artistique rare, lance-t-il en riant. À travers les tournées que je faisais, j’ai complété un baccalauréat en finances et donc, j’ai développé une passion pour la finance et une passion encore plus grande pour la danse. C’est comme ça que j’ai décidé de mettre mes deux passions ensemble et de fonder Hit The Floor. »

Une visibilité sur le net

Selon l’organisateur Nicolas Bégin, ce qui démarque Hit The Floor des autres compétitions de danse, c’est la visibilité que la compétition offre aux danseurs.

Avec un compte Facebook comptant plus de 600 000 abonnés et un compte YouTube affichant plus de 250 000 abonnés et 43 millions de vues, Hit The Floor se veut l’une des plus grosses plateformes de danse au monde en matière de réseaux sociaux.

« On veut offrir une méga visibilité aux danseurs parce que c’est vraiment ça qu’ils recherchent le plus, indique-t-il. Nos succès sur les différents réseaux sociaux font en sorte qu’on est en mesure d’offrir cette visibilité-là aux danseurs. »

Une bonne dose de nostalgie

Hit the Floor

Une bonne dose de nostalgie

Julien Coderre
Julien Coderre
Le Droit
La nostalgie sera mise de l’avant, cette année, lors de l’événement Hit The Floor Gatineau.

L’évolution de la danse à travers les époques sera célébrée, le 16 mars, avec une journée thématique Remember — L’expérience Je me souviens, présentée par Tourisme Québec.

Ainsi, pour les participants et les spectateurs, ce sera le moment de se souvenir des artistes qui ont révolutionné le monde de la danse à travers leur musique au cours des dernières décennies. On voyagera des années 1940, avec le charleston, jusqu’au début des années 2000, alors que les populaires Backstreet Boys étaient en plein essor.

L’organisateur de l’événement, Nicolas Bégin, souligne que c’est l’idée d’intéresser un plus large public qui l’a poussé à créer cette journée.

Des mois de préparation

Hit the Floor

Des mois de préparation

Julien Coderre
Julien Coderre
Le Droit
Au-delà de la compétition qui se déroule durant 14 jours à l’échelle du Québec, dont quatre à Gatineau, Hit The Floor demande plusieurs heures de préparation, autant pour les danseurs que pour les organisateurs.

Le grand patron de l’événement, Nicolas Bégin, souligne que lui et son équipe de six personnes travaillent sur l’événement de cette année depuis un an et demi pour assurer le bon déroulement de la compétition. 

Cependant, les effectifs ont grossi au cours des cinq derniers mois, notamment avec l’ajout de nombreux bénévoles.

« Juste pour Hit The Floor Gatineau, plus de 250 personnes travaillent sur l’organisation de l’événement depuis 4-5 mois, souligne-t-il. On parle ici de 80 bénévoles, d’actrices, des juges, des photographes et vidéastes qui sont sur place, mais aussi des techniciens qui sont environ une trentaine ».

Toutefois, bien que la tenue d’une telle compétition demande beaucoup de préparation et d’effort, cela ne semble pas énerver M. Bégin plus qu’il ne le faut.

« Cette année, on a beaucoup d’éléments nouveaux et on veut vraiment s’assurer que tout sera parfait pour tout le monde, mais on est rendu à la sixième édition de la compétition donc on connaît déjà bien l’événement et on est bien ancré», confie-t-il.

Les danseurs et danseuses participant à Hit The Floor Gatineau s’entraînent aussi depuis des mois pour faire bonne figure lors de cette compétition.

« En moyenne, ceux qui performent au niveau compétitif s’entraînent pour un minimum de 4 à 6 heures par semaine, tout au long de l’année, pour présenter un seul morceau de 3-4 minutes », précise M. Bégin, qui a déjà participé à plusieurs émissions de danse en tant que danseur au cours de sa carrière avant de devenir l’organisateur principal de l’événement.

Pour lui, les performances auxquelles les spectateurs assisteront en fin de semaine sont le fruit de plusieurs heures d’entraînement, d’effort et de persévérance de la part des participants et des bénévoles.

La FQM encourage les municipalités à construire en bois

Zone

La FQM encourage les municipalités à construire en bois

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
MATANE – Le Regroupement des communautés forestières de la Fédération québécoise des municipalités (FQM) encourage les municipalités à construire en bois, à penser au bois dans les projets d’infrastructures municipales et à en parler aux architectes.

«On veut amener les élus à l’exiger quand ils font faire des constructions», indique le président du Regroupement et préfet de la MRC de Maria-Chapdelaine, Luc Simard. Cet objectif était d’ailleurs inscrit au sein du 2e colloque du Regroupement des communautés forestières, tenu en février, qui avait pour thème «La forêt à l’heure des changements climatiques». Lors de l’événement, Cécobois en a profité pour lancer son guide de construction en bois qui s’adresse aux municipalités.

Une catégorie d’immeuble pour les boisés aménagés

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Une catégorie d’immeuble pour les boisés aménagés

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
MATANE – Le gouvernement du Québec a annoncé, début novembre, la création d’une catégorie d’immeuble dans la loi sur la fiscalité municipale pour les lots boisés aménagés. La Fédération des producteurs forestiers du Québec attendait ce moment depuis 40 ans.

Lorsque le projet de loi sera adopté par l’Assemblée nationale, les municipalités pourront taxer différemment les lots boisés aménagés par rapport à ceux qui ne le sont pas. «Cette mesure se traduira par un plus grand nombre de propriétaires réalisant des travaux d’aménagement forestier, explique le président de la Fédération des producteurs forestiers, Pierre-Maurice Gagnon. Il en résultera des forêts plus résistantes aux épidémies d’insectes et aux maladies, du bois pour approvisionner l’industrie des produits forestiers et des milieux sensibles mieux localisés et protégés.»

Des forêts en santé pour le bénéfice des Québécois

Zone

Des forêts en santé pour le bénéfice des Québécois

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
Une mobilisation de tous les acteurs de l’industrie forestière permet, depuis plusieurs mois, de traiter de différents aspects de la forêt québécoise. Après l’aménagement, l’exploitation contrôlée et les défis technologiques, nous parlerons d’innovation et des prochains enjeux pour ce secteur d’activités. La forêt en général procure 60 000 emplois au Québec et génère un chiffre d’affaires de 19 milliards$. Groupe Capitales Médias poursuit cette série d’articles pour mieux faire connaître la forêt d’ici. 20e de 20.

MATANE - «Le gouvernement du Québec a à coeur d’assurer une gestion durable des forêts québécoises puisque des forêts en santé bénéficient à l’ensemble des citoyens du Québec et de ses régions», estime le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour. À son avis, la forêt est essentielle au soutien de l’économie.