Les traitements des maladies et parasites sur les vignes.

Sébastien Légasse
Sébastien Légasse
Collaboration spéciale - Alfred sommelier
La gestion des parasites et des maladies de la vigne est toujours d’actualité, dans un contexte d’une motivation généralisée pour une conversion à l’agriculture bio. Il faut bien comprendre que tous les vignobles ne jouissent pas des mêmes conditions permettant d’être certifiés d’agriculture biologique. La présence d’animaux, d’insectes et autres maladies sont le quotidien des vignerons, toute cette gestion avant même d’avoir du raisin à maturité. Ces problèmes peuvent amener une diminution dans la production des raisins et affectent forcément la qualité de ces derniers.

Le phylloxera est celui qui a marqué le plus l’histoire de la vigne. C’est un insecte d’origine nord-américaine qui attaque les vignes de vitis vinifera, l’espèce qui regroupe la majorité des vignes européennes. Il a été introduit accidentellement en Europe dans les années 1800. Au cours d’une de ses phases d’évolution, il se nourrit des racines des vignes, causant des infections et menant à une mort certaine de la plante dans les 3 années suivantes. La solution est venue de l’origine de l’insecte. Les plants d’espèces nord-américains étant naturellement protégés de l’insecte, les vignerons ont greffé leur vitis vinifera sur des racines américaines, appelées porte-greffe. Même si cette opération est plus coûteuse, elle permet de conserver les caractéristiques aromatiques des cépages utilisés en Europe tout en étant protégés du phylloxera. Les régions qui ne sont pas touchées par cet insecte sont maintenant très rares, souvent protégées par barrières naturelles telles des montagnes ou des déserts et des sols sablonneux ou volcaniques. Nous pouvons citer le Chili et certaines parties de l'Australie ou de l’Argentine.

S’ajoute aussi une panoplie d’autres insectes, des acariens aux nématodes, pouvant nuire au feuillage, racine et raisins. Parmi les animaux, les oiseaux peuvent faire de solide ravage dans le raisin, d’où la pose de filets afin de les protéger. D’autres animaux sont friands du raisin, le sanglier fait partie de ceux-là. Il n’est d’ailleurs pas rare que les producteurs doivent engager des chasseurs pour faire un certain ménage à proximité des vignes.

Et ce n’est pas tout… Il ne faut pas oublier les maladies cryptogamiques (fongiques) qui sont causées par un champignon ou un parasite. Le mildiou y fait office de joueur étoile, se développant avec la chaleur et l’humidité. Il s’attaque aux jeunes grappes et affecte directement la quantité de raisins produits. Un bon drainage et des techniques viticoles appropriées aident à limiter les dégâts. L’oïdium de la vigne affecte quant à lui tout ce qui est vert dans la plante et affecte la quantité et aussi la qualité du raisin amenant aussi des défauts aux arômes. Le black rot est une autre belle saleté, pouvant entraîner la perte de la quasi-totalité de la récolte. Le raisin se momifie et se couvre de pustule. Rien à dire de plus!

Récemment, quelques articles ont remis en question l’usage “biologique” de la bouillie bordelaise. Ce mélange d’eau, de chaux et de sulfate de cuivre est un antifongique notamment utilisé pour contrer le mildiou.

Pas si simple que ça produire du raisin… Et c’est sans compter les aléas de Dame nature qui, si tout va bien, permettra d’atteindre la maturité des baies et des vendanges dans de bonnes conditions. On se croise les doigts!

Quelques suggestions cette semaine:

Nicolas Grosbois La Cuisine de ma Mère 2018
Vin rouge
France, 750 ml
Code SAQ : 12782441
Prix: 22,55 $

Domaine Marcel Deiss 2017
Vin rouge
France, 750 ml
Code SAQ : 12185410
Prix : 31,75 $

Laurent-Perrier Alexandra Brut 2004
Champagne rosé
France, 750 ml
Code SAQ : 13024917
Prix: 389 $

Ce contenu a été produit par Alfred, expert en gestion de celliers et de caves à vin.