Voici un exemple de carte que l'outil interactif de Benoît Lalonde permet de générer.
Voici un exemple de carte que l'outil interactif de Benoît Lalonde permet de générer.

Visualiser géographiquement la COVID-19 au Québec

Le géographe de la santé, Benoît Lalonde, crée un outil en ligne pour prendre visuellement la mesure de l'épidémie dans chaque région du Québec
Ce contenu est produit par l'Université Laval.

Comme bien des gens, Benoît Lalonde dort moins bien par les temps qui courent. «La fin de semaine dernière, pendant une période d'insomnie, il m'est venu l'idée de construire un tableau de bord qui permettrait de visualiser la répartition géographique des cas de COVID-19 dans tout le Québec», raconte le géographe de la santé, responsable de travaux pratiques et de recherche au Département de géographie. Quelques heures plus tard, cet outil interactif était en ligne.

Il existe bien d'autres outils du même type sur Internet, reconnaît Benoît Lalonde, notamment celui mis au point par l'université Johns-Hopkins, dont il s'est inspiré. Ils ont toutefois certaines limites. La plupart ne permettent pas l'affichage des données à une échelle géographique très fine. «De plus, j'ai noté qu'ils ne mettaient pas en relation le nombre de cas de COVID-19 et la population de chaque zone géographique, ce qui peut biaiser les perceptions», souligne-t-il.

Par exemple, en date du 24 mars, la région de Laval venait au 6e rang des 16 régions du Québec avec 60 cas, derrière la Capitale-Nationale, qui en comptait 79. Par contre, la prévalence par 100 000 habitants était nettement plus élevée dans la première région (13,86 cas) que dans la seconde (10,6 cas).

Les cartes produites à l'aide du tableau de bord proviennent du croisement de trois bases de données. Les données démographiques et les données concernant les régions sociosanitaires proviennent de Statistique Canada alors que les données sur le nombre de cas de COVID-19 sont fournies quotidiennement par le gouvernement du Québec.

Pour le moment, Benoît Lalonde effectue la mise à jour quotidienne des données «à la mitaine», ce qui exige une trentaine de minutes de travail. «Je vais bientôt recevoir un coup de main pour procéder à l'automatisation de la mise à jour. Je souhaite aussi étendre l'outil à l'ensemble du Canada.»

En ces temps difficiles, cette réalisation lui apporte le sentiment de mettre son expertise de géographe de la santé au service de la communauté. «Je suis un tenant de la diffusion d'information et ce tableau de bord présente des données simples qui peuvent être comprises par l'ensemble des citoyens, estime-t-il. Il décrit une réalité géographique qui éclaire les gens dans une période où il y a beaucoup de désinformation.»