Un court-métrage sous les feux de la rampe

«Un mal de chien», réalisé par des étudiants en animation, sera présenté les 4 et 5 décembre au Sommet de l’animation à Montréal
Ce contenu est produit par l'Université Laval.

Un chien tout frétillant et truffe au vent se promène sur les Plaines avec son jeune maître. Ce dernier semble cependant plus intéressé par le contenu de son téléphone cellulaire que par la ballade, au grand désespoir de Chester. Qu’à cela ne tienne, le très expressif carlin a plus d’un tour dans son sac pour attirer l’attention de celui qui tient sa laisse. Voici en quelques mots le scénario du court-métrage réalisé par Ann-Sophie Fournier, John Harbour et Roxane Tremblay, dans le cadre d’un cours de fin d’études du baccalauréat en art et science de l’animation de l’Université Laval. Très simple en apparence, ce film d’animation, qui mêle habilement dessin et décor naturel filmé, présente pourtant de nombreux défis techniques.

«Animer un quadrupède en 2D, cela n’a rien de facile, reconnaît Ann-Sophie Fournier. Il faut décortiquer le mouvement des quatre pattes et créer un nouveau dessin à chaque image, en prenant soin de placer le geste exactement comme on le veut.» Adepte des films d’animation du studio japonais Ghibli, qui a produit notamment Mon voisin Totoro et La tortue rouge, la jeune diplômée a consacré presque 200 heures à dessiner sur son ordinateur des personnages, dont la physionomie évolue au fil du court-métrage. La musique, proposée au fur et à mesure du processus par le compositeur professionnel Alain Gravel, participe aussi à l’évolution de l’histoire.

De son côté, John Harbour, chargé de la caméra, a dû quant à lui s’adapter au vent changeant, aux nuages qui passent devant le soleil en plein tournage et aux voitures qui s’installent juste en face du banc où le héros Guillaume consulte son cellulaire. «Avec Roxane, on a beaucoup travaillé sur la composition de l’image pour donner une unité aux différentes scènes, explique l’étudiant à la maîtrise en littérature et arts de la scène et de l’écran. C’est un très grand honneur que le Sommet de l’animation, organisé par la cinémathèque québécoise, nous ait sélectionnés pour le panorama étudiant Québec-Canada.»

Épris d’une animation en deux dimensions à saveur poétique, les trois diplômés espèrent d’ailleurs qu’Un mal de chien aura la chance d’être présenté dans d’autres festivals à travers la planète. Pierre Gréco, chargé de cours à l’École de design, scénariste et réalisateur, les a d’ailleurs incités à oser proposer leur court-métrage, pour lequel il les aussi conseillé. Depuis, le trio caresse aussi le rêve de produire un autre court-métrage qui porterait sur la vieillesse et le deuil. En attendant, John Harbour a décidé de se lancer dans une maîtrise. Sa recherche s’intéresse à l’œuvre d’un pionnier québécois, Raoul Barré, dont les premiers courts-métrages d’animation remontent à…. 1915! «Cela me fascine de voir comment ce dessinateur et caricaturiste a pu inventer un médium qui n’avait pas d’équivalent à cette époque-là», admire l’étudiant. Un intérêt pour ce type d’art que partage Ann-Sophie Fournier, qui espère que l’animation occupera une place grandissante dans l’avenir à Québec.