Les doctorantes Moïra Dion et Alicia Durocher sont les productrices d'une série de sept vidéos qui utilisent les réseaux sociaux pour contrecarrer la désinformation qu'on y trouve au sujet de la COVID-19.
Les doctorantes Moïra Dion et Alicia Durocher sont les productrices d'une série de sept vidéos qui utilisent les réseaux sociaux pour contrecarrer la désinformation qu'on y trouve au sujet de la COVID-19.

Des influenceuses contre la désinformation sur la COVID-19

Jean Hamann
Deux doctorantes en microbiologie font appel aux influenceuses Jessie Nadeau, Jessica Prudencio et Charlie Day pour faire contrepoids aux fausses nouvelles qui circulent sur les réseaux sociaux
Ce contenu est produit par l'Université Laval.

Qu'ont en commun les influenceuses québécoises Jessie Nadeau, Jessica Prudencio et Charlie Day? Elles participeront sous peu à des vidéos qui désamorcent les fausses nouvelles qui circulent sur les réseaux sociaux au sujet de la COVID-19 et des vaccins. Le mérite de cette initiative originale appartient à Moïra Dion et Alicia Durocher, deux étudiantes au doctorat du Département de biochimie, de microbiologie et de bio-informatique de l'Université Laval.

En début d'année, en réponse à l'appel à projets du programme «Exprimez votre créativité et engagez-vous dans la lutte contre la COVID-19» des Fonds de recherche du Québec, les deux étudiantes-chercheuses ont échafaudé le plan de faire appel à des influenceuses pour mettre les pendules scientifiques à l'heure au sujet de la pandémie et des vaccins. Grâce à la bourse de 10 000$ qu'elles ont décrochée, leur idée s'est concrétisée et les deux premiers vidéos qu'elles ont produits ont été mis en ligne le lundi 3 mai sur leur chaîne YouTube Les vulgaires. Cinq autres vidéos s'ajouteront au cours des prochaines semaines.

«La désinformation abonde sur les réseaux sociaux et jusqu'à présent, elle a été combattue sur le terrain des médias traditionnels, avec plus ou moins de succès. Nous avons décidé de transporter le combat sur le terrain des réseaux sociaux en nous alliant à des influenceuses», explique Moïra Dion.

Le format des vidéos diffusées sur YouTube par des influenceuses se prête bien à ce type d'intervention, enchaîne Alicia Durocher. «C'est plus léger que la vulgarisation scientifique habituelle. Nous visons un juste équilibre entre la rigueur scientifique et la légèreté. Au lieu de parler de crèmes pour le visage, nous allons discuter de sujets comme les théories des conspirationnistes, la façon dont les vaccins sont produits, ce qu'ils contiennent.»


« Au lieu de parler de crèmes pour le visage, nous allons discuter de sujets comme les théories des conspirationnistes, la façon dont les vaccins sont produits, ce qu'ils contiennent. »
Alicia Durocher

Les deux doctorantes, qui ne cachent pas suivre fidèlement plusieurs influenceuses, espèrent ainsi rejoindre un public qui est généralement peu enclin à consommer de l'information scientifique. «L'idée est d'adapter nos messages à un format qui correspond aux habitudes des 18-30 ans sur les réseaux sociaux. Si nous parvenons à obtenir 10 000 visionnements pour l'ensemble de nos vidéos, notre objectif sera atteint», précise Alicia Durocher.

Aucune des deux doctorantes ne s'y connaissait en conception, recherche, tournage et montage de vidéos. «Nous avions un peu d'expérience en vulgarisation scientifique, mais nous avons dû apprendre tout le reste, admet Moïra Dion. Nous nous sommes inspirées d'observations provenant de notre propre consommation de vidéos d'influenceuses. Pour ce qui est du contenu scientifique, il est validé par la professeure Caroline Duchaine de l'Université Laval et par Thomas Poder, de l'Université de Montréal.»


« Il faut une certaine audace pour sortir de notre zone de confort, mais si les scientifiques ne le font pas, la désinformation sur la COVID-19 va continuer de proliférer sur les réseaux sociaux. »
Moïra Dion

Rencontrées quelques jours avant la mise en ligne des premières vidéos, les deux doctorantes admettaient que l'expérience était jusqu'à présent «étourdissante et déstabilisante, mais très positive». Les commentaires laissés sur leur compte Instagram Les vulgaires, qui a déjà plus de 700 abonnés, les encouragent à mener leur projet à terme. 

«Nous tentons une nouvelle expérience pour vulgariser la science et pour rejoindre les gens autrement, résume Moïra Dion. Il faut une certaine audace pour sortir de notre zone de confort, mais si les scientifiques ne le font pas, la désinformation sur la COVID-19 va continuer de proliférer sur les réseaux sociaux.»