Des dollars solidaires pour les commerces

Matthieu Dessureault
Alexia Oman, étudiante en sociologie, participe à une initiative pour stimuler l’achat local à Québec
Ce contenu est produit par l'Université Laval.

D’un quartier à l’autre, le promeneur le moindrement attentif a probablement remarqué toutes ces affiches «Nous acceptons les dollars solidaires» qui pullulent dans les vitrines de divers commerces. L’initiative est liée à une campagne de sociofinancement en cours, #Solidairespournoscommerces. «L’objectif du projet est de mettre en place une monnaie complémentaire pour inciter à acheter local. Nous offrons un outil pour transformer les mentalités concernant la consommation, mais aussi pour aider les gens à savoir où dépenser. Il est important d’être solidaires envers les commerçants locaux plutôt que d’encourager les multinationales, nos choix ayant des répercussions éthiques et environnementales», rappelle Alexia Oman, coordonnatrice de Monnaie locale complémentaire Québec (MLCQ), l’organisme derrière cette campagne.

Pour participer, il suffit de se rendre sur le site La Ruche. En échange de 20$, on reçoit 25 dollars solidaires à dépenser chez un commerçant participant. Pour 80$, 100 dollars solidaires sont remis et, pour 100$, 125 dollars solidaires. Ces fonds sont disponibles sous deux formes, la version papier et la version électronique avec l’application Wyse Wallet.

La campagne #Solidairespournoscommerces fait suite à une première phase lancée par des sociétés de développement commercial (SDC) et des regroupements de gens d’affaires. Cette fois, la Ville de Québec a mandaté MLCQ pour étendre l’appropriation des dollars solidaires à tous les commerces hors SDC de la région. L’objectif, ambitieux, est d’amasser 255 000$ d’ici le vendredi 28 août à minuit.

En tout, une centaine d’entreprises se sont jointes au mouvement, incluant les 60 commerces du Grand Marché de Québec et une vingtaine d’autres dans le quartier Petit Champlain. Plusieurs organisations, dont la Chambre de commerce et d’industrie de Québec, le Regroupement des gens d’affaires de Beauport et le Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale, se sont engagées à faire la promotion du projet auprès de leurs membres. À cela s’ajoutent de nombreux partenariats, notamment avec Desjardins. L’institution financière s’est engagée à doubler le montant recueilli durant la campagne pour verser jusqu’à 25 000$ à trois organismes, Cuisine collective Beauport, La Vigile et la Fondation Pause-Bonheur.

Si l’initiative a été lancée pour répondre à la crise économique liée à la pandémie, Alexia Oman et son équipe entendent bien multiplier les efforts pour implanter de nouvelles habitudes de consommation à long terme. «Une fois la campagne terminée, nous poursuivrons notre mission d’éducation populaire sur l’économie circulaire. Parallèlement à la monnaie locale complémentaire, on a réussi à faire implanter une devise portneuvoise dans la MRC de Portneuf. Partout, on sent un engouement pour une monnaie locale. Notre but est de briser les conventions et d’amener les gens à penser et à consommer différemment.»

Étudiante à la maîtrise en sociologie et auxiliaire de recherche pour la Chaire de leadership en enseignement Alban-D’Amours en sociologie de la coopération (CLE-ASC), Alexia Oman s’intéresse depuis longtemps au phénomène de l’achat local. «Tout comme mon directeur de recherche (Dan Furukawa Marques, titulaire de la CLE-ASC), j’ai un intérêt pour les mouvements sociaux, le municipalisme et tout ce qui fait en sorte qu’une société est solidaire. Je trouve cela incroyable de voir des gens s’unir pour faire une différence dans leur communauté.»