Canadien

Voracek se charge du Tricolore

PHILADELPHIE — Claude Julien était de bien meilleure humeur après le match de mardi soir qu’il ne l’était après la rencontre de samedi à Las Vegas. Ça ne veut pas dire que la chance a été du côté des joueurs du Canadien de Montréal.

Jakub Voracek a inscrit deux buts en moins de trois minutes entre la fin de la troisième période et la prolongation et il a permis aux Flyers de Philadelphie d’arracher une difficile victoire de 3-2 au Centre Wells Fargo.

Le Canadien a subi une sixième défaite consécutive (0-4-2) et n’a pas gagné depuis le week-end du Super Bowl lorsqu’il avait vaincu les Ducks d’Anaheim et les Sénateurs d’Ottawa au Centre Bell.

À l’étranger, le Canadien s’est incliné pour une 12e fois à ses 13 dernières sorties. Le Canadien a aussi subi une septième défaite consécutive sur les patinoires adverses, bien que contrairement aux six précédentes, elle leur procure un point au classement.

«À un moment donné, on jouait assez bien pour sortir avec une victoire quand même assez serrée, a déclaré Claude Julien. Ça résume un peu ce qui se passe avec nous cette année, si quelque chose doit arriver, ça va arriver. Encore là, il faut se retrousser les manches, retourner à la maison et continuer à travailler pour avoir plus de succès et gagner des matchs.»

L’entraîneur-chef Dave Hakstol venait tout juste de rappeler son gardien Alex Lyon au banc des joueurs lorsque Voracek a créé l’égalité avec son 12e de la saison, à 18:35 du troisième vingt.

Sur la séquence, Voracek a décoché un tir sur réception d’une cinquantaine de pieds qui a dévié sur Max Pacioretty avant de se faufiler entre les jambes du défenseur Karl Alzner, puis entre les jambières du gardien Carey Price.

En prolongation, Voracek a d’abord raté une chance en or de mettre fin au match lorsqu’il s’est présenté seul devant Price. Toutefois, son tir du revers a plutôt abouti dans le filet protecteur.

Mais les hommes de Claude Julien ne perdaient rien pour attendre. Voracek a eu une autre occasion de toucher le fond du filet et cette fois, il ne l’a pas ratée alors qu’il a déjoué Price grâce à un excellent tir des poignets, décoché de l’enclave, après 1:26 de jeu.

«Ce n’est pas l’idéal, c’est certain. Jusque-là, nous jouions un bon match, a déclaré Price, en parlant de la fin de la rencontre.

«Il y a des segments de nos matchs où nous jouons vraiment très bien, puis on s’effondre mentalement et on dirait que ça vient toujours nous couler.»

Ce but couronnait une forte soirée de travail pour Voracek, qui avait aussi participé au premier but des Flyers, celui de la recrue Nolan Patrick en deuxième période lors d’un avantage numérique.

«On n’a jamais abandonné. Honnêtement, je crois que nous étions un peu fatigués, mais nous avons trouvé un moyen de gagner. Tout s’est bien terminé», a déclaré le héros de la soirée.

Les hommes de Claude Julien se sont aussi inclinés malgré le fait qu’ils aient pris les devants en deux occasions dans la rencontre, ce qu’ils n’avaient pas fait à l’étranger depuis le 19 janvier à Washington.

Jeff Petry a ouvert la marque avec son neuvième de la saison, tard en première période, et Paul Byron a ajouté son 14e à mi-chemin de la troisième période. Le but de Byron était son premier depuis cette victoire du Canadien à Washington.

Price solide

Dans la défaite, Price a livré une solide performance alors qu’il a fait face à 30 rondelles.

«Carey a joué tout un match ce soir. Il a fait de gros arrêts pour nous et il nous a vraiment donné une chance de gagner», a déclaré Julien.

Le Canadien a dirigé 27 tirs en direction de Lyon, dont le travail a été complimenté par Hakstol. Ce dernier a aussi loué le travail de Price.

«Notre gardien a très bien joué et le leur a été excellent. C’est un match qui est allé jusqu’au bout, nous avons continué de mettre la pression et nous n’avons pas abandonné. Les joueurs ont tenu bon et nous avons trouvé un moyen de gagner.»

Le Tricolore complète donc son périple de quatre matchs à l’étranger avec une fiche de 0-3-1. Il disputera ses quatre prochaines rencontres à Montréal, à commencer jeudi soir contre les Rangers de New York.

Sénateurs

Oduya se doute qu’il est sur le marché

CHICAGO — Les jours de Johnny Oduya avec les Sénateurs d’Ottawa sont probablement comptés, et il en est bien conscient.

Le vétéran défenseur suédois, qui avait paraphé un contrat d’un an seulement l’été dernier, a déjà été échangé trois fois au mois de février au cours de sa carrière, dont l’an dernier quand il était passé des Stars de Dallas pour retourner avec les Blackhawks, club avec lequel il avait gagné deux coupes Stanley en quatre ans. Partenaire assez régulier de son compatriote Erik Karlsson pendant une bonne partie de la saison, il ne rechignerait pas s’il devait faire ses valises d’ici à la date limite des transactions dans la LNH, qui est lundi à 15 h.

PyeongChang 2018

PyeongChang: Ce qu'ils ont dit...

Les athlètes, entraîneurs et journalistes canadiens participant aux Jeux de PyeongChang sont nombreux à partager leur expérience olympique sur les réseaux sociaux. Voici quelques-unes de leurs meilleures publications des dernières heures.

Meagan Duhamel

PyeongChang 2018

Victoire de Virtue et Moir: l'impartialité d'une juge canadienne mise en doute

La médaille d’or remportée mardi, aux Jeux olympiques de PyeongChang, par les patineurs artistiques canadiens Tessa Virtue et Scott Moir dérange dans l’Hexagone, particulièrement Didier Gailhaguet.

Le président de la Fédération française des sports de glace (FFSG) a remis en cause la partialité de la juge canadienne, Leanna Caron, qui est aussi la présidente de Patinage Canada.

Virtue et Moir ont devancé Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron — leurs partenaires d’entraînement — par 79 centièmes de point à l’issue du programme libre, au cours duquel les Français ont établi une nouvelle marque mondiale avec une récolte de 123,35 points, pour un total de 205,28. Le duo canadien a reçu 206,07 points en tout.

Dans un entretien accordé à Le Parisien, Gailhaguet remet en doute la partialité de la juge canadienne, soulignant qu’elle est la seule à ne pas avoir accordé la moindre note de 10 au couple tricolore. Il ajoute plus loin que lors du programme court, «l’ensemble des juges les a mis premiers sur la note artistique», mais que la juge Caron «les met huitièmes.»

«No comment», conclut-il.

Vrai que Caron a réservé ses pires notes aux Français en ce qui a trait aux deux duos de tête, mais Gailhaguet omet de souligner le travail du juge no 6, la Turque Tanay Ozkan Silaoglu, qui a fait exactement le contraire, soit d’accorder ses meilleures notes aux Français pour réserver son pire jugement aux Canadiens.

Le système de pointage utilisé en patinage artistique — comme dans plusieurs autres sports jugés — fait toutefois en sorte que le plus haut pointage et le plus bas sont éliminés du calcul final. Cizeron a d’ailleurs lui-même tempéré.

«Dans le règlement, la meilleure note et la plus mauvaise sont de toute façon effacées lors de notre passage, donc ça ne rentre pas dans la ligne de compte», a rappelé le Français sur BFM TV.

Mauvaise image

Gailhaguet ajoute par ailleurs que la FFSG a fait part de ses doutes au sujet de la présence de Caron dans le panel bien avant les JO.

«Il y a un problème que nous avons mentionné depuis un bon moment, a-t-il indiqué. Les règles permettent à la juge canadienne d’être aussi présidente de la Fédération canadienne en même temps. Si elle peut le faire, elle a le droit de juger. Sur le plan de l’éthique, c’est quelque chose qui n’est pas terrible, ça donne une mauvaise image.»

L’Union internationale de patinage (ISU) permet aux présidents de fédération d’agir comme juges internationaux.

Si Gailhaguet s’emporte au sujet de cette médaille d’argent, il n’est pas blanc comme neige. Le Parisien rapporte avec justesse qu’il avait été suspendu trois ans, en avril 2002, pour avoir fait pression sur la juge française Marie-Reine Le Gougne aux Jeux d’hiver de Salt Lake City.

Il avait alors demandé à Le Gougne de favoriser les Russes Elena Berezhnaya et Anton Sikharulidze, qui ont enlevé le titre en couple au détriment des Canadiens Jamie Salé et David Pelletier. En échange, le juge russe devait favoriser le couple français Gwendal Peizerat et Marina Anissina, sacré en danse lors de ces Jeux.

Le Comité international olympique avait néanmoins décidé de décerner une autre médaille d’or au couple canadien. L’ISU avait quant à elle suspendu Le Gougne et Gailhaguet pendant trois ans et les avait bannis des Jeux de Turin, en 2006.

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«LA CERISE SUR LE GÂTEAU», DIT MOIR

GANGNEUNG — Un retour en or. Revenus à la compétition l’hiver dernier avec les Jeux de PyeongChang à l’esprit, les Canadiens Tessa Virtue et Scott Moir ont été sacrés champions olympiques de danse sur glace pour la deuxième fois après 2010.

Les voilà désormais à la tête d’une collection de cinq médailles olympiques, trois en or (danse sur glace en 2010 et en 2018, épreuve par équipes en 2018) et deux en argent (danse sur glace et épreuve par équipes en 2014), un record dans l’histoire du patinage artistique. Un palmarès auquel il faut ajouter trois couronnes mondiales (2010, 2012 et 2017).

Virtue (28 ans) et Moir (30 ans), qui patinaient en dernier, ne se sont pas laissés émouvoir par l’étincelante danse libre patinée par Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron.

Sur la musique du film «Moulin Rouge», les Canadiens ont délivré une performance spectaculaire et pulvérisé leur meilleur score de plus de quatre points en récoltant une marque de 122,40. De quoi totaliser 206,07 points, établir un nouveau record du monde (que les Français venaient juste de battre avec 205,28 points), mais surtout se réapproprier la couronne olympique qu’ils avaient déjà coiffée en 2010 avant d’en être dépossédés en 2014.

«On savait qu’il faudrait qu’on soit meilleurs que jamais», a souligné Moir. «Cette performance est vraiment mémorable. La médaille d’or est la cerise sur le gâteau», a ajouté Virtue.

«Ce sont d’immenses champions. Patiner à la fin et livrer une telle performance, c’est fort», a salué Romain Haguenauer, qui travaille avec les Canadiens et les Français à Montréal.

La barre était haute

Car quelques minutes avant, Papadakis (22 ans) et Cizeron (23 ans) avaient ébloui sur la Sonate au clair de lune de Beethoven. Impeccables techniquement, et comme à leur habitude, intenses artistiquement, ils ont été récompensés par un nouveau record du monde dans leur exercice préféré : 123,35 points (contre 121,87 auparavant, réalisés aux Championnats d’Europe mi-janvier). «C’était la quasi-perfection», selon Haguenauer.

La preuve éclatante d’une impressionnante capacité de rebond après la mésaventure vestimentaire de la veille, qui avait laissé apparaître un sein de Papadakis. «On n’a jamais mieux patiné, s’est félicité Cizeron. On approche de la note parfaite. Ce sont des expériences comme ça qui rendent plus forts.»

Le Français pourra peut-être se consoler avec l’assurance d’avoir donné du fil à retordre à leurs rivaux canadiens. «J’ai perdu 10 ans de vie tellement j’étais anxieux de concourir contre eux», a lâché Moir.  AFP