Yvon Michel
Yvon Michel

Yvon Michel espère que Kim Clavel saura convaincre la Santé publique

MONTRÉAL - Yvon Michel a été direct: il espère que le combat que livrera Kim Clavel à l'Américaine Natalie Gonzalez, mardi, à Las Vegas, convaincra le gouvernement du Québec que de présenter des événements de sports de combat peut être sécuritaire.

«Nous espérons que ce combat va donner un bel exemple et qu'il va convaincre les gens du ministère de la Santé et des Services sociaux et de la Santé publique que c'est possible de faire des événements dans les circonstances actuelles, a-t-il déclaré au cours d'une vidéoconférence, vendredi. Non seulement c'est possible, mais c'est très, très sécuritaire.»

Le promoteur Top Rank et le réseau américain ESPN présentent depuis le début de juin deux galas par semaine au MGM Grand de Las Vegas. Le protocole très strict doit être suivi à la lettre par l'équipe de tous les boxeurs.

«Vous devriez voir le protocole qu'on nous a fait parvenir: il a six pages, où est décrit exactement tout ce que l'équipe doit faire, à quel moment et à quel endroit elle doit le faire, a expliqué le président de Groupe Yvon Michel. C'est vraiment bien structuré; il n'y a aucune place à l'imagination.»

Et ça fonctionne: aucune éclosion majeure n'a émané de cette bulle de boxe. Oui, des cas de COVID ont été découverts. À ce moment-là, les athlètes sont immédiatement escortés hors de la zone protégée et leur combat est repoussé à une date ultérieure, une fois qu'ils ont subi deux tests de détection négatifs. Quelques combats ont ainsi été repoussés si un boxeur ou un membre de leur entourage a subi un test positif.

La prise en charge des boxeurs et de leur entourage se fait pratiquement au sortir de l'avion.

«Dès qu'on arrive à l'hôtel, nous sommes escortés vers nos chambres, d'où on ne sortira que pour aller faire le test de détection à la COVID-19, explique Stéphan Larouche, qui seconde l'entraîneuse Danielle Bouchard. On n'en ressortira pas tant qu'on n'aura pas reçu le résultat. Ce sera un peu comme ça pendant tout le séjour. Kim sera de nouveau testée après la pesée. Il n'y a aucun déplacement libre. On ne peut quitter le 12e étage de l'hôtel, sauf pour aller manger ou s'entraîner et nous sommes sous escorte en tout temps. Ils ont pensé à tout: c'est un protocole assez exceptionnel.

«C'est pour ça qu'il y a de la boxe deux fois par semaine: leur système est à toute épreuve, poursuit-il. Si quelqu'un respecte le protocole, il n'y a aucun danger de mettre la business en péril. Nous sommes excités de pouvoir servir d'exemple afin de relancer la boxe au Québec. (...) Si ç'avait été mis en place dans les CHSLD, il n'y aurait plus de coronavirus au Québec!»

Kim Clavel

En soutien à Eye of the Tiger

La relation n'est pas au beau fixe entre GYM et Eye of the Tiger Management, mais Yvon Michel est prêt à mettre ses différends de côté avec Camille Estephan afin de travailler de concert avec lui pour mousser la cause des sports de combats auprès des instances gouvernementales.

EOTTM a tenté de présenter un protocole à la Santé publique et au ministère de la Santé et des Services sociaux, qui jusqu'ici n'a pas daigné le rencontrer.

Si Michel laisse la pole à Estephan dans ce dossier, ce dernier peut compter sur lui s'il en a besoin.

«Malheureusement, je n'ai pas eu l'occasion de voir le protocole d'EOTTM, mais on me dit que c'est un protocole qui ressemble beaucoup à ce que l'UFC a présenté. Le problème, de ce que je comprends, ce n'est pas le protocole. C'est que la discussion n'est même pas ouverte avec le ministère. C'est pourquoi c'est encore plus outrageant de se faire répondre de cette façon.

«Je n'ai pas communiqué avec le ministère: j'ai laissé le lead aux gens d'EOTTM, mais je leur ai dit que je serais disponible s'ils ont besoin de moi. Au moment où je verrai qu'une intervention directe de ma part auprès des autorités pourrait avoir une influence, je vais le faire.»

En Clavel, Michel voit la personne idéale pour faire bouger les choses.

«C'est un bel exemple qui va être démontré: quelqu'un de chez nous, crédible et populaire, qui va aller travailler dans cet environnement.»