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Le cycliste Michael Woods
Le cycliste Michael Woods

Woods prend un virage carboneutre

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
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Michael Woods veut non seulement gagner une étape du Tour de France et une médaille aux Jeux olympiques en 2021. Il tient à réduire son impact sur l’environnement.

À cinq jours de sa première course de la nouvelle année sur le circuit WorldTour, l’athlète de l’Outaouais s’est engagé mercredi à disputer une saison neutre en carbone. Une décision personnelle qu’il tenait à partager en espérant un éventuel effet boule-de-neige dans le peloton international.

«En disant ça tout haut, ça va me forcer à être redevable et respecter mon engagement! Puis en tant que cycliste professionnel, je suis chanceux d’avoir une plateforme publique et médiatique. Je peux sensibiliser d’autres gens et cyclistes à prendre conscience de leur empreinte carbone et s’informer à leur tour des gestes qu’ils peuvent prendre.»

Woods a fait le choix d’une saison au bilan carbone neutre en janvier. Il venait de prendre le souper avec un de ses bons amis, Christian Meier. L’ancien athlète professionnel est fondateur d’une compagnie de randonnées pédestres et de location de vélos de luxe à Gérone, en Espagne.

La discussion a dévié à un certain moment sur l’impact du cyclisme professionnel sur l’environnement.

«J’ai pris de mauvaises habitudes depuis cinq ans. Ça m’a déçu et m’a fait prendre conscience qu’il fallait que ça change. Le cyclisme m’a ouvert les yeux sur la beauté de notre planète, ses belles montagnes et ses beaux rivages. Mais en tant que cycliste professionnel, je voyage beaucoup, que ce soit en avion pour me rendre à mes compétitions. Puis il y a les trajets en autobus entre les étapes, les trois voitures d’équipe qui nous suivent durant nos courses. C’est sans compter le food truck et le camion de nos mécanos sur chaque site», souligne la vedette de l’équipe Israel Start-Up Nation.

«Durant les courses, je consomme aussi beaucoup de plastique à usage unique, dont les bouteilles d’eau. On me donne aussi une quantité de vêtements. Le coût de ma performance sur la planète est important. Je veux donc faire ma part pour la protéger en modifiant mes habitudes.»

Le cycliste Michael Woods

Woods a effectué un audit de son mode de vie personnel et professionnel en utilisant le calculateur d’empreinte carbone du Fonds mondial pour la nature (WWF). Il s’est servi de la saison 2019 comme exemple.

Son empreinte totale s’élevait à 60 tonnes de CO2. La personne moyenne vivant dans une région similaire à la sienne à Gérone émet de 12 à 24 tonnes.

«J’émets nettement beaucoup plus que la personne moyenne, surtout en raison de mes déplacements et des produits qu’on me donne. Il y a des choses plus faciles à changer. Par exemple, je vais amener maintenant ma propre fourchette, couteau et bouteille d’eau réutilisable dans l’autobus de l’équipe. Jusqu’ici, on nous donnait chaque fois des ustensiles en plastique. Même chose pour la bouteille d’eau. Je vais modifier aussi ma façon de m’alimenter. Je vais réduire ma consommation de viande. Et lorsque j’en mangerai, je vais favoriser la viande élevée et abattue localement. À la maison, je me déplace déjà en vélo et à la marche avec ma conjointe. Notre logement est alimenté à l’hydroélectricité et l’énergie solaire», énumère l’athlète âgé de 34 ans.

«Il y a des choses par contre que je ne peux pas changer, dont mes déplacements d’une course à l’autre. Je vais donc payer pour compenser le reste du carbone que j’émets pour 2021.»

Michael Woods a promis de partager les détails de son projet au fil des prochaines semaines.

«Je ne vais pas commencer à vivre comme un ermite dans le fond des bois et couper tout lien avec la société. Mais il y a de petits changements que tout le monde peut faire pour aider notre planète. J’ai toujours apprécié la nature, mais encore plus depuis la naissance de ma fille Maxine l’an dernier. Je m’inquiète de la planète dont elle va hériter. J’ai été chanceux de grandir au Canada dans une région si belle. Je me demande parfois si mon enfant aura droit aux mêmes saisons de ski ou les mêmes belles journées d’été dont j’ai profité durant ma jeunesse.»

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LE TOUR DE CATALOGNE EN ATTENDANT LES CLASSIQUES ARDENNAISES

Une bronchite lui a coûté une dizaine de jours de compétitions, dont une participation à la classique Tirreno-Adriatico.

Aujourd’hui, Michael Woods préfère en rire. «J’ai attrapé ça de ma petite fille. C’est difficile de ne pas la prendre dans tes bras pour lui faire des câlins», lance-t-il au bout du fil.

Le cycliste Michael Woods avec sa fille Maxine.

«Au moins, je ne souffrais pas de la COVID-19», ajoute-t-il du même souffle.

Woods se dit rétabli. On le verra lundi au fil de départ de la 100e édition du Tour de Catalogne. Une course de sept étapes qui s’avère le premier rendez-vous du circuit WorldTour en 2021.

«Le parcours convient un peu moins à mes habiletés de cycliste que la Tirreno-Adriatico, mais ça restera quand même intéressant. Ça aidera à me préparer pour les classiques ardennaises en avril», affirme Woods, qui en sera à une deuxième compétition officielle dans les couleurs d’Israel Start-Up Nation après cinq ans chez EF Pro Cycling.

Ce dernier avait terminé deuxième au classement général du Tour des Alpes-Maritimes et du Var, le mois dernier. Il avait échappé le maillot jaune lors de la dernière étape à la suite de pépins mécaniques chez certains coéquipiers.

«C’est frustrant d’avoir été malade et être incapable de poursuivre ces succès immédiatement. Mais ce n’est qu’un petit obstacle sur ma route. J’aime avoir eu un problème de santé tôt en saison que plus tard durant l’été.»

Un été durant lequel une deuxième participation en carrière l’attend au Tour de France puis une présence aux Jeux olympiques, à Tokyo.