Les frères William et Samuel Bitten rêvent de jouer ensemble un jour dans la LNH.

William Bitten se met en marche

Tout baigne pour William Bitten à sa première saison professionnelle. Le Franco-Ontarien de Gloucester s’est trouvé une niche dans le premier trio du Wild de l’Iowa au début du mois de janvier, mais avant d’y parvenir, il a dû surmonter quelques épreuves difficiles.

Repêché par l’équipe de ses rêves dans la Ligue nationale, l’attaquant de 20 ans n’avait même pas encore eu la chance de jouer un match avec le club-école du Canadien de Montréal quand on lui a annoncé qu’il avait été échangé au Wild du Minnesota contre le défenseur Gustav Olofsson.

Première épreuve.

« J’étais en train de faire de la pizza dans une activité pour créer des liens avec mes coéquipiers du Rocket de Laval quand le coach m’a dit que Marc Bergevin voulait me parler. C’est là qu’il m’a annoncé mon échange. J’étais sous le choc. Je n’ai pas vraiment rien dit, mais il m’a gentiment expliqué que le Canadien avait besoin d’un défenseur gaucher et que le Wild était prêt à faire l’échange seulement si j’étais dans le marché. Je n’ai pas été échangé parce que le Canadien ne m’aimait pas, alors j’ai décidé de prendre ça comme une occasion de me joindre à une équipe qui tenait vraiment à moi. »

Quelques semaines plus tôt, son frère Samuel, un membre des 67’s d’Ottawa, était justement passé par le camp du Wild, où il avait été un joueur invité. Bitten a donc voulu se faire philosophe.

« Chaque chose arrive pour une raison dans la vie. Peut-être que mon frère et moi sommes destinés à jouer ensemble. C’est notre rêve. »

Débarqué à Des Moines en Iowa, Bitten se joignait à un club qui avait déjà entamé sa saison avec deux victoires convaincantes.

Deuxième épreuve.

« Je suis arrivé là sans connaître personne. Le Wild avait fait un échange pour m’avoir, mais le club m’a aussitôt cédé en Iowa. Là-bas, ils, n’avaient pas nécessairement besoin de moi. C’était difficile pour l’entraîneur-chef de modifier une formule gagnante. J’ai donc dû attendre avant de jouer. Puis quand j’ai eu la chance de percer l’alignement, je patinais dans un quatrième trio. Je n’avais jamais vécu ça de ma vie ! Avant de connaître du monde et de me faire des amis, j’ai eu des moments ardus. »

Recrue dans la Ligue américaine (LAH), Bitten avait été préparé à une intégration difficile. « C’est une ligue de vétérans qui cognent à la porte de la LNH et de jeunes qui veulent voler leurs jobs. C’est comme ça que fonctionnent les affaires chez les pros. »

Joueur offensif pendant toute sa carrière, Bitten a donc réchauffé le banc jusqu’à Noël. Il a même attendu la visite de ses parents le lendemain de Noël pour inscrire son premier but dans la LAH.

« Ils ont vu mon premier but dans la Ligue de l’Ontario et mon premier dans la Ligue américaine. J’espère qu’ils pourront voir mon premier dans la Ligue nationale ! »

Au 2 janvier, Bitten totalisait un but et cinq points après 22 matches, mais une promotion dans le premier trio avec le capitaine Cal O’Reilly et le vétéran Gerald Mayhew lui a permis de retrouver sa touche offensive.

Le 4 janvier, il a connu son premier match de deux points. Il a récidivé le 9 janvier et le 18 janvier, il a obtenu son premier match de trois points. En 2019, Bitten totalise maintenant 12 points en 14 matches. Son total pour la saison est de 17 points en 36 matches.

« Tout tombe en place. Une occasion s’est présentée. Des joueurs ont été blessés et le Wild a rappelé des joueurs dans la LNH. Quand le train passe, il faut monter. Maintenant, je dois vivre avec la pression de conserver mon poste. »

La carrière professionnelle de Bitten est bien lancée. Quant à ses vêtements aux couleurs du Canadien, ils sont bien rangés dans sa garde-robe.

« Mon père et moi, nous faisons confiance au destin. Il ne faut jamais brûler les ponts. Peut-être qu’un jour, mon chemin va me ramener à Montréal. C’est aussi le club préféré de ma mère ! »