La Gatinoise Natasha Watcham-Roy, a entre autres remporté la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Rio en 2016.

Watcham-Roy se retire

Le Canada venait de conclure la Coupe du monde de rugby féminin à sept avec une décevante septième position à San Francisco. Dans son coin du vestiaire, Natasha Watcham-Roy ne pouvait pas retenir ses larmes.

« Je pleurais sans arrêt. Je savais que c’était fini pour moi », relate la Gatinoise âgée de 26 ans, mercredi, lorsque jointe à Victoria, domicile de l’équipe nationale.

Cette partie sur la côte du Pacifique se déroulait en juillet. Un mois plus tard, Watcham-Roy demandait à rencontrer les dirigeants de Rugby Canada. Elle leur a annoncé sa retraite.

Et la voilà maintenant prête à parler de cette décision pour la première fois sur la scène publique.

« C’était mon choix d’arrêter. Je n’étais plus là mentalement. Jouer au rugby, ce n’est plus quelque chose que je veux continuer à faire. Je suis épuisée, explique-t-elle.

«J’ai dédié toute ma vie à ce sport. J’ai vécu des expériences exceptionnelles autour du monde.»

L’athlète de 5’6’’ s’est hissée dans la dernière décennie en tant que meilleure joueuse de rugby à grandir en Outaouais. Rien de moins.

Il y a eu le bronze olympique aux Jeux de 2016 à Rio. Un an auparavant, Watcham-Roy aidait le Canada à gagner l’or à la maison lors des Jeux panaméricains.

C’est sans compter les trois fois qu’elle a défendu l’unifolié aux championnats du monde de rugby à sept universitaires.

«Ça fait 13 à 15 ans que je pratique ce sport. J’ai atteint tous mes buts. Je suis chanceuse de pouvoir quitter en disant ça. Il y a plusieurs athlètes qui s’accrochent afin de se rendre jusqu’au bout.»

Son parcours a commencé en huitième année à l’école secondaire Philemon-Wright, dans le secteur Hull. Elle voulait imiter son frère Keegan qui jouait au rugby. La jeune femme a poursuivi ses études à l’Université d’Ottawa où elle est devenue capitaine de l’équipe féminine. Avant de se joindre au centre national d’entraînement de la formation canadienne en Colombie-Britannique, elle avait porté les couleurs notamment du Hull-Volant et de l’équipe provinciale du Québec.

À son dernier match en carrière contre la Russie en juillet, Natasha Watcham-Roy a marqué.

Les entraîneurs ont bien tenté de la convaincre de poursuivre sa carrière. Ils lui ont demandé de prendre quelques journées additionnelles pour penser à son avenir.

Ça n’a rien changé. Délaisser ce sport lui avait trotté dans la tête pendant toute la saison.

«Je suis prête à meubler ma vie avec autre chose. Je me réveille le matin et je déborde d’énergie. Les gens ne réalisent pas à quel point c’est exigeant de pratiquer un sport de haut niveau.»

Il y a l’horaire exigeant, mais aussi notamment la diète stricte à suivre.

Rugby Canada lui a gardé la porte ouverte pour un éventuel retour, surtout que son édition 2018-2019 s’avère très jeune à deux ans des prochains Jeux olympiques.

«Qui sait ce que l’avenir me réserve... Mais je suis pas mal sûre que je ne reviendrai pas au jeu», assure Watcham-Roy.