Le baptême du feu de Stéphane Antiga à la tête de l'équipe canadienne de volley-ball masculin approche. Sa formation disputera trois parties de la Ligue mondiale en Serbie, les 2, 3 et 4 juin.

Volley-ball: Antiga a pris la relève de son ami Hoag

Il est plus grand que Glenn Hoag. Il s'avère plus jeune que lui et il a nettement plus de cheveux que le chauve instructeur qui a reconstruit pendant une décennie l'équipe canadienne de volley-ball masculin.
Stéphane Antiga sourit quand la remarque lui est lancée. L'ancien joueur étoile français, qui a fait carrière pendant une quinzaine de saisons dans les rangs pros, se trouve assis au bureau auparavant occupé par son ami Hoag au centre sportif de Gatineau.
C'est lui qui a été embauché avant Noël afin de prendre la relève à la tête de la formation nationale, classée huitième au monde. Lundi marquait le début de sa troisième semaine officielle dans le rôle d'entraîneur-chef.
« Glenn a fait des choses exceptionnelles avec cette équipe. Je ne veux pas faire de révolution. Je veux garder les bases qui sont excellentes », tient à souligner Antiga, âgé de 41 ans.
Il est peut-être un jeune entraîneur, mais ce dernier s'amène déjà avec une feuille de route impressionnante. Quelques semaines après avoir pris sa retraite en tant que joueur au sein du PGE Skra Belchatow en 2014, il a été embauché pour diriger l'équipe nationale de Pologne.
Plus tard durant la même année, l'ancien réceptionneur-attaquant de 6'7'' menait cette formation à la médaille d'or aux championnats du monde présentée en sol polonais. « Une expérience humaine merveilleuse qui sera inoubliable », avoue-t-il.
« Ce fut un événement important pour le peuple, et pas seulement pour les millions d'amateurs de volley. C'était seulement le deuxième titre mondial pour ce pays en sport collectif. Il y a eu beaucoup de célébrations et de réceptions. Tous les acteurs de ce championnat sont considérés des héros en Pologne. »
Mais toute bonne chose a une fin.
Son contrat n'a pas été renouvelé après les Jeux olympiques, l'an dernier, à Rio. La Pologne a dû se contenter du cinquième rang, à égalité avec le Canada.
S'il s'agissait d'un résultat inespéré pour l'équipe canadienne, c'était tout le contraire pour la formation polonaise qui visait une place sur le podium.
Antiga n'a pas chômé longtemps. Volleyball Canada cherchait un successeur à Hoag, fatigué et prêt à confier son bébé à un entraîneur plus jeune.
Encore mieux ? Les deux hommes se connaissent bien. Le premier a été dirigé par l'autre pendant quatre saisons dans les rangs pros en Europe, plus précisément au sein du Paris Volley.
Le duo a notamment remporté ensemble la triple couronne en 2001. D'abord la Coupe de France puis le Championnat de France et enfin la Coupe des champions en Europe.
Antiga dit parler régulièrement avec Hoag au téléphone. « Il (Glenn) garde un pied dans le volley canadien. Ses conseils sont précieux », dit-il.
« C'est normal qu'il veuille suivre l'évolution de ce qu'il a bâti. C'est impressionnant le travail qu'il a réussi ici. »
Le Canada a participé aux JO l'an dernier pour la première fois depuis 1992. Il a atteint la ronde quart de finale, battant au passage les puissants Américains.
Aussi, il s'est hissé au sein de la première division de la Ligue mondiale.
« J'ai regardé plusieurs matches de l'équipe. J'ai regardé aussi les joueurs évoluer en championnat de club. J'ai quelques idées pour apporter quelque chose de nouveau à chaque joueur », soutient Antiga.
Son baptême à la tête du Canada approche. Sa formation disputera trois parties de la Ligue mondiale en Serbie, les 2, 3 et 4 juin.
En plus d'affronter le pays hôte, le rouge, noir et blanc devra se taper la Belgique et les États-Unis.
« Les joueurs sont impatients de jouer », affirme Stéphane Antiga, qui ne cache pas ses attentes par rapport à sa nouvelle équipe.
« Je la vois à Tokyo », précise-t-il en faisant référence aux Jeux olympiques à l'été 2020.
Qui sait ? Peut-être qu'il surpassera le résultat obtenu par son mentor à Rio.