Contrairement à son adversaire David Lemieux, Billy Joe Saunders n’a pas attendu qu’on tire une couverture devant lui pour retirer son caleçon lors de sa pesée officielle.

Vaudeville à la pesée Saunders-Lemieux

LAVAL — Si le combat de championnat du monde des poids moyens entre David Lemieux et le champion Billy Joe Saunders est à l’image des dernières semaines, ceux qui y assisteront auront droit à un feu d’artifice, samedi à la Place Bell de Laval.

Après avoir passé la semaine à s’insulter, les deux pugilistes en ont rajouté lors de la pesée officielle, vendredi. Premier à grimper sur le pèse-personne, Lemieux a affiché un poids de 160,3 livres, alors que la limite était fixée à 160 pour le titre de la WBO détenu par Saunders. Afin de corriger la situation, le Québécois a retiré son caleçon avant de regrimper sur la balance, et cette fois respecter tout juste la limite. Non pas sans échanger quelques mots que l’on pourrait qualifier d’aigres-doux avec son adversaire...

L’appareil électronique étant extrêmement sensible aux moindres mouvements, il arrive que le poids affiché fluctue ce qui s’est produit vendredi, faisant sortir Dominic Ingle, l’entraîneur de Saunders, de ses gonds. Celui-ci a dû être raisonné à la fois par du personnel de la Régie des alcools, des courses et des jeux et son promoteur, Frank Warren, non pas avant d’avoir fait perdre patience à Camille Estephan, président d’Eye of the Tiger Management et copromoteur de l’événement, avec Warren, Golden Boy et HBO.

«J’ai vu qu’il pesait 160,2 livres et je voulais qu’il remonte sur le pèse-personne», a justifié Ingle un peu plus tard. «Nous voulons un combat juste. Il a enlevé ses caleçons et tout est rentré dans l’ordre. L’officiel  a confirmé. Tout est correct maintenant. En Angleterre, ça ne se serait jamais passé comme ça: un représentant du clan adversaire est toujours invité à vérifier le poids de son adversaire.»

C’est la même chose au Québec pourtant, a confirmé Michel Hamelin, directeur des sports de combats à la RACJ. Marc Ramsay, l’entraîneur de Lemieux, avait par contre une autre explication. «Au moment où David était sur le point de monter sur le pèse-personne, Dominic, au lieu de faire son travail d’entraîneur et de s’approcher pour regarder le poids, était trop occupé à parler avec des partisans anglais. Quand la RACJ a déclaré le poids à 160, là, il voulait le voir. J’ai demandé à David d’y retourner pour que ce soit clair pour tout le monde.»

«Rat désséché»

Quand Warren a confirmé le poids affiché, Ingle a retrouvé ses esprits. Mais il a profité de l’occasion pour décocher d’autres flèches à l’endroit du boxeur québécois. «David Lemieux n’avait pas l’air bien aujourd’hui : il ressemblait à un rat desséché. Il semble avoir eu bien du mal à faire le poids. Il avait l’air déshydraté. Il ne retrouvera probablement pas son poids à temps pour le combat.»

«Ils ont tenté de s’en sortir en ne respectant pas exactement le poids», a pour sa part avancé Saunders, qui a aussi retiré son caleçon avant de monter sur la balance. Heureusement, car il affichait aussi tout juste la limite permise de 160 livres. «Ça ne change rien, il ne me battra pas. J’ai vu la peur dans ses yeux. Je suis une trop grosse commande pour lui. Ce sera un combat facile.»

«À chaque combat, c’est la même histoire. C’est toujours ça qu’on nous ramène», a rappelé Ramsay. «C’est correct. La plupart du temps, à la fin de tout ça on gagne.»

Le clan Lemieux n’a jamais été inquiété de rater la limite permise, comme cela lui était arrivé avant son affrontement prévu contre James De La Rosa, en mars 2016. Ramsay a expliqué que toutes les pesées préliminaires ont démontré que le boxeur était sur la bonne voie.

«Nous avons perdu les deux dernières livres tôt ce matin et en partant de l’hôtel, nous étions 0,2 livres au-dessus. Je savais qu’avec une heure de décalage et la pesée, nous allions perdre cet excédent.»

Lemieux (38-3, 33 K.-O.) tentera de ravir la ceinture de la WBO à Saunders (25-0, 12 K.-O.) en grande finale d’un gala comptant 12 combats en tout, au cours desquels quatre titres seront disputés. Les hostilités se mettront en branle à compter de 17h.

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VINCENT THIBAULT VEUT ÊTRE PLUS PATIENT

Pour son deuxième combat pro, samedi soir, en sous-carte de Lemieux-Saunders, Vincent Thibault assure qu’il sera plus patient contre Adrian Haro Campos.

Force est d’admettre que le 27 octobre, le boxeur de Charlesbourg a réalisé une entrée remarquée dans les rangs professionnels en infligeant une mise hors de combat technique au Mexicain Cesar Ugarte, au troisième des quatre rounds prévus. Mais pas avant d’avoir lui-même visité le plancher, à deux reprises!

«J’ai fait l’erreur d’embarquer dans le jeu d’Ugarte», a admis Thibault, vendredi matin, joint au téléphone un peu avant la pesée officielle tenue à la Place Bell de Laval. C’est dans cet amphithéâtre neuf de 9100 places qu’a lieu le gala de 12 combats, samedi.

«Il a foncé sur moi en partant et j’ai répliqué coup pour coup. J’aurais plutôt dû me déplacer, laisser passer et enchaîner comme je l’ai fait au troisième round. Cette fois-ci, je vais prendre plus mon temps et rester conscient de ma défensive en tout temps», promet le pugiliste de 25 ans, protégé des entraîneurs Rénald Boisvert et Vincent Auclair du club Champion de Montréal.

L’expérience acquise par Thibault (1-0, 1 K.-O.) contre Ugarte servira assurément face à son compatriote mexicain Campos (2-4-2, 0 K.-O.). Surtout qu’il connaît mieux son adversaire pour l’avoir vu s’incliner par décision unanime après quatre rounds contre Clovis Drolet (4-0, 2 K.-O.), de Beauport, ce même 27 octobre. Drolet a pour sa part ajouté une victoire à sa fiche parfaite jeudi soir, à Sorel, en prenant la mesure d’Eduardo Olmos Tarango (3-2, 1 K.-O.), un autre Mexicain, par décision unanime.

«On a vu Campos, on sait qui il est. Un bon boxeur doté d’une bonne défensive qui contre-attaque vite. Il n’est pas à prendre à la légère. Et c’est ça que je veux, affronter des adversaires sérieux pour faire des bons rounds et apprendre», affirme Thibault.

«Un rêve»

S’estimant «choyé» de faire partie de cette carte d’envergure avec en clou de soirée le combat de championnat du monde WBO opposant le Québécois David Lemieux (38-3, 33 K.-O.) au Britannique champion Billy Joe Saunders (25-0, 12 K.-O.), Thibault dit vivre «un rêve». «Ce thrill-là, c’est comme une drogue!» résume-t-il. Et clairement, il en veut plus.

Vendredi, en vue de leur duel de quatre rounds à 169 livres, Thibault a été pesé à 168,6 et Campos, 159,6. «Il me reste à faire le travail avant les vacances de Noël pour ensuite profiter des Fêtes avec ma famille», conclut Thibault.

Le gala implique aussi Yves Ulysse fils, qui se relève de sa défaite contre Steve Claggett, le poids lourd de Trois-Rivières Simon Kean, le premier combat de Custio Clayton sous la bannière d’Eye of the Tiger Management, Mathieu Germain, Steven Butler et Batyr Jukembayev, sans oublier les débuts professionnels de la boxeuse Kim Clavel.  Olivier Bossé