L’ancienne Olympienne Valérie Marcoux habite maintenant à Columbus où elle transmet sa passion du patinage artistique à une nouvelle génération.
L’ancienne Olympienne Valérie Marcoux habite maintenant à Columbus où elle transmet sa passion du patinage artistique à une nouvelle génération.

Valérie Marcoux: de Gatineau à Columbus

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
QUE SONT-ILS DEVENUS ? / C’était tout sauf un poisson d’avril.

Valérie Marcoux a eu 40 ans le 1er avril dernier. « En pleine pandémie. J’avais de gros plans pour fêter ça, mais j’ai dû tout annuler », relate l’ancienne triple championne canadienne de patinage artistique en paire.

La Gatinoise habite à Columbus, aux États-Unis, depuis sa retraite de la compétition en 2007. Son conjoint Luke Pavlas a joué quatre saisons au sein de l’équipe de hockey de l’Université d’Ohio State.

Le couple a un garçon, Mathis, et une fille, Julianne, âgés respectivement de huit ans et cinq ans. Les deux enfants pratiquent le hockey comme papa.

« Mon gars n’a jamais voulu essayer le patinage artistique », lance en riant Marcoux.

« Ma fille a patiné un peu. Elle a participé à deux petites compétitions avant d’arrêter cette année pour essayer à son tour le hockey. »

Maman, elle, continue de baigner dans le patinage artistique. Elle enseigne depuis une douzaine d’années dans la capitale de l’Ohio.

« Nous avions dû arrêter en mars comme tout le monde. Mais les arénas ont rouvert en juin et tout fonctionne bien depuis ce temps, malgré certaines règles qui ont changé. Par exemple, mon fils et ma fille vont jouer leurs premiers matches en fin de semaine. Rien n’a été annulé. »

Marcoux sait très bien que la réalité s’avère différente dans son patelin. Le hockey a été suspendu en Outaouais. Même chose pour plusieurs leçons de groupe en patinage artistique.

« Mes parents sont encore à Gatineau. Ils me disent que ça va mal, que la région est dans le rouge. »

Enfiler des patins pour effectuer des sauts ou la spirale de la mort avec un partenaire ne lui manque pas, elle qui avait terminé 11e aux Jeux olympiques à Turin en 2006.

« Je suis rendue vieille ! Je ne m’ennuie pas du tout de tout ça. Je te dirais qu’il y a juste l’adrénaline et l’énergie de patiner devant les gens qui me manquent. Je n’ai rien trouvé encore qui me procure la même chose. »

Valérie Marcoux a patiné pour une douzaine d’années sur la scène compétitive, que ce soit provincial, national et international. Sa carrière avait commencé dans les épreuves individuelles.

« J’avais même terminé deuxième au Canada chez les novices femmes, puis cinquième chez les juniors. J’ai ensuite fait la transition chez les couples. Dans mon cas, ça s’est effectué un peu plus tard que les autres filles. J’avais déjà 19 ans. »

L’idée de patiner avec un partenaire était un rêve qu’elle caressait depuis son enfance.

Marcoux avait plié bagage et avait mis le cap vers Montréal afin de trouver un homme avec lequel faire équipe sur la glace. « Ça m’a pris un an pour trouver un partenaire », souligne-t-elle.

Bruno Marcotte et elle ont formé un duo pendant deux saisons, terminant quatrièmes aux championnats des Quatre Continents.
La saison suivante, Marcoux s’est associée à Craig Buntin. Un partenariat qui allait durer cinq ans et marqué par trois titres canadiens et quatre médailles sur le circuit Grand Prix.

« Nous avons même fini cinquièmes au monde en 2006. Je suis fière d’avoir connu une belle carrière. Encore aujourd’hui quand une amie me présente à des gens, elle commence par leur dire que je suis Olympienne. Ça va toujours rester avec moi ça. »

Valérie Marcoux en compagnie de son partenaire Craig Buntin.

Briser un lacet

Même si leurs chemins ont pris des directions opposées, Valérie Marcoux et Craig Buntin sont demeurés de bons amis.

« Nous nous parlons au téléphone encore deux à trois fois par année. Craig est venu à mon mariage et moi je suis allé aussi au sien », relate Marcoux.

« Sa femme m’a même demandé des photos drôles de Craig pour une fête. Je peux dire qu’il y en a eu des niaiseries au fil des ans. On ne s’emmerdait pas. »

L’ancienne paire a vécu son lot d’événements cocasses durant leur carrière internationale. Ajoutez que Buntin possède un bon sens de l’humour et que Marcoux est ricaneuse. 

« Je me souviens d’une fois durant la période de réchauffement aux Internationaux Patinage Canada. Craig me dit pendant qu’on patine de regarder dans la première rangée des estrades, qu’il y a un spectateur avec une coupe de cheveux mohawk. Il ne pouvait pas arrêter de rire et disait que ça serait différent de voir un patineur comme ça. Je lui disais d’arrêter jusqu’au moment où j’ai vu le gars. Je me suis mise à rire à mon tour. »

Puis il y a la fois où Marcoux s’est retrouvée seule sur la glace pour la période de réchauffement.

« C’est déjà arrivé à Craig d’arriver en retard. Il n’était pas stressé. Toutes sortes d’histoire lui arrivait comme échapper son téléphone dans la toilette. »

Marcoux a déjà brisé le lacet d’un de ses patins avant de sauter sur la patinoire à la Coupe de Russie.

« Mon coach capotait. Il me criait après. J’ai eu assez de temps finalement pour retourner au vestiaire et trouver un nouveau lacet. Je pleurais pendant que je rattachais mon patin. Je ne pensais pas de le faire à temps. »