Valerie Grenier lors de sa dernière compétition en février 2019
Valerie Grenier lors de sa dernière compétition en février 2019

Valérie Grenier renoue avec la compétition

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
Sa dernière descente remonte aux championnats du monde en février 2019 à Are, en Suède. Vingt mois se sont écoulés depuis qu’on l’a vu rivaliser avec les femmes les plus rapides de la planète.

Remise de cette quadruple fracture à la jambe droite subie lors d’un entraînement, Valérie Grenier renouera enfin avec la compétition ce week-end en Autriche. La skieuse alpine de St-Isidore, dans l’Est ontarien, prendra le départ du premier slalom géant de la saison de la Coupe du monde à Sölden.

«Je ressens tous les sentiments habituels avant une course, mais multipliés par 1000, lance en riant l’ancienne championne du monde junior.

«Il y a déjà beaucoup d’excitation et de stress. Mais en même temps, je n’ai aucune attente. Je veux juste briser la glace et faire de mon mieux car je sais qu’il reste encore beaucoup de travail à faire.»

Grenier finira par avouer qu’elle ne détesterait pas terminer dans le top 30. «Ce qui voudra dire que j’ai pu participer à la deuxième manche. Ça me donnerait la chance de bien me comparer aux autres, savoir où j’en suis», dit-elle.

Surtout que les Jeux olympiques à Pékin auront lieu dans quelques mois. Le processus de qualification commencera bientôt.


« Pour l’instant, je me concentre juste sur la prochaine Coupe du monde. »
Valérie Grenier

Avant sa blessure, Grenier était considérée un espoir de médaille pour le Canada au prochain rendez-vous olympique. Elle avait terminé sixième à PyeongChang au combiné alpin.

À cela s’était ajoutée une quatrième place au Super-G de Cortina d’Ampezzo durant la saison 2018-2019.

«C’est fou comment les Jeux s’en viennent vite. Ils sont dans mes pensées, mais pour l’instant, je me concentre juste sur la prochaine Coupe du monde.»

Une frousse à l’entraînement

La jeune femme, qui fêtera ses 24 ans à la fin du mois d’octobre, sait à quel point les plans peuvent changer rapidement. Une erreur ou une malchance peut mettre fin rapidement à une saison et des rêves.

Grenier a notamment eu droit à une frousse dans les dernières semaines durant un camp d’entraînement à Zermatt, en Suisse. Elle a ressenti de vives douleurs à sa cheville reconstruite par les médecins à la suite de sa chute à Are.

«Quand je frappais des bosses en piste, c’était un mal intense. J’ai fini par manquer quelques jours de ski. Je ne savais pas ce qui se passait.»

Une batterie de tests n’a rien relevé d’anormal.

L’attention de l’équipe canadienne s’est tournée vers les nouvelles bottes qu’elle portait sur ses skis. Les languettes ont été changées.

«On a remis mes anciennes languettes dessus. C’était mieux, mais il y avait encore quelque chose d’anormal. Finalement, j’ai décidé d’essayer mes anciennes bottes que j’avais portées lors du premier camp d’entraînement en Italie. C’était finalement ça le problème. Je suis contente d’avoir trouvé la solution, mais c’est frustrant en même temps d’avoir tellement de journées d’entraînement.»

La compagnie Rossignol va lui préparer de nouvelles bottes avec le même moule que ces anciennes. Elles seront prêtes pour les étapes suivantes de la Coupe du monde.

«J’aurai un bon mois de préparation après Sölden en vue des prochaines courses. Ça va aider.»

RÉNOVER AVEC DANM THE BUILDER

Valérie Grenier s’est amusée durant la pandémie à rénover une maison unifamiliale que son copain Damien Charette a achetée à Hawkesbury.

Le but avoué était de revendre ensuite la résidence à un prix supérieur, neuf semaines plus tard. Un acheteur a rapidement été trouvé à la fin de l’été.

«C’était beaucoup de travail. Ça nous gardait occupés. Et en plus, c’était un bon entraînement physique», raconte Grenier.

Son amoureux a décidé de documenter le tout sur sa chaîne YouTube intitulée «Dam The Builder». On y retrouve plusieurs épisodes où on peut suivre le couple dans leur projet.

Ça ressemble un peu aux téléréalités de rénos vues sur HGTV et ces autres chaînes spécialisées.

«On trouvait ça cool de pouvoir avoir un souvenir de tout ça», explique Grenier, qui s’est occupée du montage vidéo de la série de sept épisodes.

«J’ai pu faire ça avec le logiciel iMovie», précise-t-elle.

Valérie Grenier a passé son été à rénover.

Le plaisir était au rendez-vous, mais tout comme quelques accrochages de couple.

«Il y a eu quelques petites chicanes stupides durant les travaux, avoue Grenier en riant. C’est normal car tu deviens fatigué. Mais honnêtement, ça s’est super bien passé.»

Est-ce que l’expérience sera répétée?

«J’aimerais bien refaire ça, mais pas tout de suite. D’abord, il y a la saison de ski. Puis ce n’est pas le bon temps pour acheter.»

C’est un marché de vendeur, non seulement à Gatineau-Ottawa, mais également à Hawkesbury.

«Ça se vend vite et cher», souligne Grenier, que l’on peut voir dans les épisodes à notamment cogner, visser, arracher et installer des panneaux de gypse.

Tout a été refait dans la maison, des planchers aux murs, au plafond, la toiture, les salles de bain et le revêtement extérieur.

Il y a même une voisine qui vient remettre une tarte au couple durant les travaux!