Blessée sérieusement à la jambe droite en février dernier, Valérie Grenier, de St-Isidore, ne sait toujours pas quand elle pourra renouer avec l’action. La nouvelle saison de la Coupe du monde de ski alpin est lancée ce week-end en Autriche.

Valérie Grenier confinée au rôle de spectatrice

Une nouvelle saison de la Coupe du monde de ski alpin prendra son envol dans les prochaines heures à Solden, en Autriche. Valérie Grenier devra se contenter de suivre ce slalom géant devant un écran au domicile familial dans l’Est ontarien.

L’athlète originaire de St-Isidore est encore très loin de renouer avec l’action, huit mois après avoir subi une quadruple fracture à la jambe droite aux championnats du monde à Are, en Suède. La guérison a été difficile. Au point où les médecins ont dû l’opérer une deuxième fois au début de l’été.

« C’était décourageant sur le coup. Mais là, le tibia guérit bien », souligne Grenier, qui n’a pas encore chaussé des skis.

Le retour sur neige en entraînement pourrait même attendre encore deux mois.

« Je ne sais pas quand je vais skier. J’espère que ce sera en décembre, mais tout dépendra comment ça se passe dans les prochaines semaines », explique-t-elle.

« Ça se passe bien maintenant pour reprendre ma masse musculaire. J’ai recommencé les entraînements avec des poids. Je prends des charges de plus en plus lourdes. »

À pareille date l’an dernier, Grenier se sentait d’attaque en vue d’une nouvelle saison sur le circuit de la Coupe du monde. Elle avait donné le ton avec une 11e place à Solden. Puis au fil des semaines, on l’a vu terminer au pied du podium.

Il y a eu cette cinquième position en super-G à Lake Louise. Puis deux semaines avant les Mondiaux, elle terminait quatrième dans la même épreuve à Cortina d’Ampezzo, en Italie.

Canada Alpin s’attendait à des performances intéressantes de sa part aux Mondiaux. C’était avant cette chute à l’entraînement qui l’a envoyé directement à l’hôpital.

Sa jambe était cassée à quatre endroits.

Déjà dans les semaines qui ont suivi son accident, Grenier pensait déjà à l’hiver 2019-2020. Elle doutait d’être prête pour la première course à Solden.

« C’est plate que les filles de l’équipe soient parties là-bas et moi, je suis ici. Mais même si tout s’était bien passé pour moi après mon opération, je ne pense pas que j’aurais participé à cette course. La piste est assez intense et raboteuse », explique-t-elle.

« Mais dans ma tête, c’est sûr que je serais déjà en train de skier, de m’entraîner. »

L’objectif, c’était d’être prête en vue de l’étape canadienne de la Coupe du monde à Lake Louise prévue du 3 au 8 décembre.

Une cible qui n’est plus réaliste à la suite de cette deuxième visite en moins de quatre mois sous le bistouri en juin.

« C’était frustrant de me faire opérer encore. Je savais que ça allait ajouter du temps à ma rééducation. Mais je n’avais pas le choix. Mon tibia n’allait pas guérir si je ne faisais rien. On m’a enlevé la tige et on m’a en mis une plus grosse. »

Prudence, le mot d’ordre

Et surtout dans toute cette histoire, Valérie Grenier s’est promis une chose.

« Je ne veux pas revenir en compétition tant que je ne suis pas prête. Je vois plusieurs skieuses qui sont revenues trop rapidement et se sont blessées à nouveau. Je vais prendre une décision intelligente. J’espère retourner sur mes skis en décembre et voir comment ça se passe, comment je me sens dans mes bottes », raconte-t-elle.

« C’est tellement difficile par contre de dire quand je vais recommencer les courses. »

Un rendez-vous chez un physiothérapeute l’attend justement vendredi à Ottawa au même moment où ses coéquipières de l’équipe canadienne, dont Mikaela Tommy, de Wakefield, participeront à un dernier entraînement à Solden avant la Coupe du monde, le lendemain.

Tommy tentera de poursuivre sur sa lancée de l’hiver dernier durant lequel elle a terminé deux fois dans le top-20 en seulement quatre départs en Coupe du monde.