Martin St-Pierre s'est vu présenter une bannière soulignant son 1000e match dans les rangs professionnels par le directeur général du HC Slovan Bratislava, Juraj Bakos.

Une saison rocambolesque pour Martin St-Pierre

Martin St-Pierre s’estime chanceux d’être de retour dans son patelin d’Embrun, après la fin de saison abrupte de son équipe de la Ligue de Slovaquie, le HC Slovan de Bratislava.

Le hockeyeur de 36 ans a réussi à rentrer au pays en fin de semaine dernière, au moment où la Slovaquie et plusieurs pays voisins comme l’Autriche, la République tchèque et la Slovénie fermaient leurs frontières dans l’espoir de freiner la pandémie de COVID-19.

« J’ai eu pas mal de misère à franchir la frontière afin de me rendre à Vienne (en Autriche) pour prendre mon vol vers Toronto avec six autres joueurs canadiens, a-t-il raconté lorsque joint par Le Droit en début de semaine. Tout s’est passé très vite. On a joué le dimanche (8 mars) et on avait ensuite des parties à l’horaire le mardi et le vendredi. Mais le mardi, on a eu une rencontre d’équipe et ils nous ont annoncé que notre match était reporté. Le lendemain, ça a commencé avec l’Autriche qui a annulé la fin de sa saison, ensuite l’Allemagne et nous avons suivi. On a eu un dernier souper d’équipe vendredi dernier et le lendemain, on partait. »


« C’est décevant parce que nous aurions souhaité jouer [...] On est tous en forme, personne n’avait de symptômes du virus. »
Martin St-Pierre

C’est une fin de campagne un peu surréelle pour St-Pierre, cet ancien des organisations des Sénateurs et du Canadien qui roule sa bosse dans les circuits européens depuis une dizaine d’années. Il l’avait commencée à Sheffield, en Angleterre (vu que leur saison commence plus tôt), avant de signer un contrat pour deux mois avec le club DVTK, en Bulgarie (équipe qui joue en Slovaquie), puis d’aboutir avec le HC Slovan, où il avait notamment eu l’ancien Sénateur Andrej Meszaros comme coéquipier.

« C’est le plus gros club en Slovaquie, tu joues dans un amphithéâtre d’environ 15 000 spectateurs, un genre de mini-Centre Bell. J’avais joué contre eux quand j’étais dans la KHL et je savais que c’était un bel aréna, dans une belle ville. J’ai eu une bonne deuxième moitié de saison avec eux (8 buts, 31 points en 38 parties) et c’est évident qu’avoir connu de bonnes séries aurait aidé pour obtenir un contrat l’an prochain. Mais on n’y peut rien, il y a des choses plus importantes que le hockey présentement dans le monde, estime-t-il. C’est décevant cependant parce que nous aurions souhaité jouer, quitte à ce que ce soit devant des gradins vides. On est tous en forme, personne n’avait de symptômes du virus... Mais les lois sont les mêmes pour tout le monde, on le comprend. En tout cas, je suis content d’être parti au bon moment et d’être rentré au Canada. »

En isolement volontaire comme tous ceux qui reviennent de voyages à l’étranger, St-Pierre est retourné chez ses parents en attendant de pouvoir prendre peut-être le chemin de l’Arizona, où il a sa résidence estivale et où il s’entraîne pendant la saison morte.

« Je prends toujours un deux ou trois semaines de congé pour recharger les batteries à la fin de l’année, alors cette fois je fais d’une pierre deux coups en passant du temps en famille et à voir des amis. Le reste du temps est passé à regarder des films sur Netflix », raconte-t-il.

Le globe-trotter en est à son troisième passeport, les deux premiers ayant été étampés trop souvent aux douanes. Il a joué auparavant en Russie, en Chine, au Kazakhstan (participant aux championnats du monde avec son équipe nationale grâce à une double nationalité obtenue en 2016), en Autriche, en Finlande et en Suisse, notamment, en plus du Canada et des États-Unis, évidemment.