Alors que les Sénateurs d’Ottawa traversent une période creuse, leur propriétaire Eugene Melnyk procédait à l’inauguration de la patinoire extérieure Canada 150, jeudi devant le parlement. Il était en compagnie de la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly.

Une léthargie collective

LOS ANGELES — Plusieurs léthargies individuelles se sont transformées en une grosse léthargie collective pour les Sénateurs d’Ottawa.

Au lendemain de leur deuxième revers par blanchissage de suite, 3-0 aux mains des Ducks d’Anaheim, et avant d’affronter les Kings de Los Angeles pour tenter de mettre un terme à une séquence de 138 minutes et 22 secondes sans but, l’entraîneur-chef Guy Boucher était tout aussi catégorique qu’il l’avait été mercredi soir, son club ne joue pas si mal que ça malgré ses neuf revers en 10 parties (1-8-1) depuis son retour de Suède.

Il est tout aussi certain que le système préconisé depuis son arrivée en poste la saison dernière, un 1-3-1 qui amène l’adversaire du côté gauche en zone neutre là où les défenseurs forcent ensuite le porteur à envoyer la rondelle au fond de la zone du côté droit (celui d’Erik Karlsson), n’est pas à remettre en question.

« Le système n’est pas un problème. Présentement, c’est tout simplement une question de finition. On s’est donné 19 chances de compter hier (à Anaheim), ça devrait suffire. On n’a pas donné beaucoup de chances non plus, moins de 15 avec seulement 22 tirs. Mais offensivement, on ne termine pas nos jeux », a-t-il analysé jeudi midi lorsqu’il a rencontré les médias à l’hôtel de l’équipe voisin du Staples Center.

« Nous avions aussi assez de joueurs présents au filet, mais ils manquent de calme autour du filet. C’est tout ce qui manque. On a joué avec ardeur pendant 60 minutes, on s’est battu pendant 60 minutes avec une bonne attitude. On n’a jamais abandonné, mais on n’a juste pas mis la rondelle dans le filet », a-t-il ajouté.

La liste des piliers de l’équipe qui en arrachent en attaque ne cesse de s’allonger. Il y a d’abord Erik Karlsson, qui n’a pas de point à ses 10 derniers matches avant d’affronter les Kings. Derick Brassard n’a pas de but en 18 matches, Matt Duchene n’a toujours qu’un but et une passe en 12 parties depuis son acquisition, Bobby Ryan a un seul petit but, sur une rondelle qui a dévié sur son patin, en 18 matches, alors que Zack Smith en a un lui aussi, marqué plus légitimement lors du gain de 6-5 à Brooklyn vendredi dernier. 

Il n’y a vraiment que Mark Stone et Mike Hoffman qui ont produit régulièrement, et le premier n’était pas l’ombre de lui-même mercredi contre les Ducks alors qu’il était affaibli par un virus.

« Quand les choses ne vont pas bien, elles ne vont pas bien, a soupiré le vétéran défenseur Dion Phaneuf jeudi midi. Que ce soit parce qu’on ne trouve pas le moyen de produire en attaque ou qu’on n’est pas capable de garder la rondelle hors de notre filet. Ce n’est pas une chose plus qu’une autre et ce n’est pas juste de parler d’une chose ou d’une autre. Nous sommes tous dans le même bateau, des deux côtés de la rondelle, en attaque comme en défensive. Quand tu ne produis pas ou que tu as de la misère à te défendre, ça s’additionne et ça donne des défaites. La réalité est qu’on n’a pas compté lors des deux derniers matches, donc il va falloir trouver un moyen (contre les Kings) de relancer notre attaque, mais il y a aussi des erreurs qui sont commises ailleurs. On doit trouver un moyen de s’en sortir. »

Boucher estimait que les siens n’ont fait que quelques erreurs qui se sont avérées coûteuses, donnant leurs deux buts aux dépens du gardien Craig Anderson aux Ducks (le troisième a été dans un filet désert)

« Sur le premier but, le gars fait une passe à l’aveuglette et la rondelle se retrouve en plein sur la palette de son gars (Adam Henrique) dans l’enclave. Oui, on aurait pu mieux se défendre là-dessus. Et sur le deuxième, si la rondelle (dégagée le long de la bande par Johnny Oduya) sort, nous avons une descente à deux contre un. À la place, elle reste dans la zone et ils comptent... On a fait peu d’erreurs, mais la rondelle s’est retrouvée au fond de notre filet. C’est ce qui se passe depuis un bout de temps, sauf pour le match à Winnipeg. On fait une erreur et l’adversaire marque, alors qu’on bûche, on bûche et on bûche, mais la finition n’est pas là. Ce sont des petits détails, mais vous ne pouvez pas être parfaits tout le temps en défensive, il y a un adversaire qui a de bons joueurs », a souligné Boucher.