Benoit-Olivier Groulx disputera un premier match en carrière au centre Robert-Guertin à sa deuxième saison dans la LHJMQ. Les Mooseheads de Halifax seront les visiteurs vendredi soir.

Une deuxième génération de Groulx à Guertin

Avant de devenir le tout premier choix du repêchage de la LHJMQ en 2016, Benoît-Olivier Groulx avait toujours considéré les Olympiques de Gatineau comme son équipe de hockey préférée.

Pas seulement parce que c’était le club junior de sa région, mais aussi parce que son père en avait été le chef d’orchestre pendant 12 saisons. Il était âgé de trois ans, puis de quatre ans quand les Olympiques ont gagné deux championnats consécutifs en 2003 et 2004. Il se souvient mieux des célébrations avec Claude Giroux et Paul Byron après la coupe de 2008.

Maintenant membre des Mooseheads de Halifax, Benoît-Olivier Groulx a eu la chance de vivre des aventures inaccessibles aux autres enfants de son âge au centre Robert-Guertin.

Vendredi, pour la première fois de sa carrière dans la LHJMQ, il foulera la glace du « Vieux Bob » dans l’uniforme de l’ennemi. Les Mooseheads feront leur seule visite de l’année. Après tant d’années à souhaiter des victoires aux Olympiques, sa mission sera de les vaincre : une sensation qui sera sûrement bizarre pour le Gatinois de 17 ans.

« L’année dernière, j’ai joué contre eux à Halifax, mais j’ai raté mon rendez-vous à Gatineau parce que j’étais au Défi mondial des moins de 17 ans. Cette fois, je n’ai pas de tournoi et ça va être étrange de jouer contre eux à Gatineau. J’ai un match à Québec mercredi. Ça occupe mes pensées, mais je suis très excité à l’idée de jouer mon premier match à Guertin devant ma famille et mes amis », a-t-il raconté au Droit pendant que les Mooseheads se dirigeaient vers Québec en autocar mardi matin.

Fils de Benoît Groulx, Benoît-Olivier a toujours eu un accès privilégié au vestiaire des Olympiques. Quand il était haut comme trois pommes, il n’était pas rare de le voir sauter sur la glace avec quelques-uns de ses amis après les entraînements des Olympiques. Il a vu des tonnes de matches dans le temple du hockey junior en Outaouais. Après ceux-ci, il était toujours dans le bureau de son père et c’est souvent lui qui ouvrait la porte aux journalistes avant de regagner la maison avec sa grand-mère Marie David.

L’influence de Max Talbot

À Gatineau, il a eu la chance de côtoyer des futures vedettes de la LNH. Maxime Talbot a d’ailleurs été sa première idole.

« C’est le premier capitaine que j’ai connu. Je l’admirais tellement. Il a été mon idole sur-le-champ. Je remarquais déjà son leadership sur la glace et même en dehors de la glace. Il avait une bonne éthique de travail. Il a eu une grande influence sur moi. En plus, il a gagné deux fois la coupe Stanley. Il a même compté deux buts dans un match décisif. C’était mon joueur préféré. »

Maxime Talbot, lorsque les Olympiques ont retiré son numéro en 2012

Après, il y a eu Claude Giroux et Paul Byron. « Deux joueurs incroyables dans la LHJMQ, mais aussi dans la LNH. J’ai été témoin de trois coupes des équipes de mon père. Il y a eu des moments magiques à Guertin. Comme joueur, c’est aussi là que j’ai joué mon hockey mineur avec l’Intrépide de Gatineau pee-wee et bantam. Ça va donc être spécial pour moi de jouer là vendredi. »

Sa propre coupe ?

Même si 15 des 22 joueurs des Mooseheads (10-4-2) sont âgés de 18 ans ou moins, ils peuvent quand même rêver à la coupe du Président dès cette saison. Bourrés de talent, ils n’ont que deux points de retard sur les équipes qui se partagent la première place du classement.

Benoît-Olivier Groulx a soulevé trois coupes du Président comme partisan numéro un des Olympiques. Il espère maintenant pouvoir  inscrire son propre nom sur le précieux trophée.

« Notre but, c’est d’aller le plus loin possible. Nous ne regardons pas les âges des autres équipes ou notre propre moyenne d’âge. Nous allons nous concentrer sur nous. Nous voulons nous améliorer chaque jour comme équipe et finir le plus haut possible au classement. »

Après, qui sait ? Benoît Groulx a gagné trois coupes. Une seule fois, il dirigeait l’équipe favorite pour tout rafler. Et ça, Benoît-Olivier le sait très bien.

UNE PREMIÈRE DEPUIS BRASSARD?

Aucun hockeyeur originaire de l’Outaouais n’a été repêché au premier tour de la LNH depuis Derick Brassard.

C’était en 2006 et le prolifique attaquant des Sénateurs d’Ottawa avait été sélectionné au sixième rang par les Blue Jackets de Columbus. Douze ans plus tard, Benoît-Olivier Groulx pourrait bien suivre ses traces à la prochaine séance de sélection du circuit Bettman.

Crédible analyste au réseau TSN, Bob MacKenzie a placé Benoît-Olivier Groulx au 17e rang de sa liste préliminaire des meilleurs espoirs du repêchage de 2018. À n’en point douter, le Gatinois est tombé au bon endroit à Halifax parce que deux autres de ses coéquipiers ont également été identifiés comme des espoirs de première ronde : l’attaquant Filip Zadina (7e) et le défenseur Jared McIsaac (11e).

« Je ne pouvais pas mieux tomber. Je fais partie d’une excellente équipe et d’une solide organisation à Halifax. Ils ont déjà développé plusieurs joueurs pour la Ligue nationale. Je suis convaincu que c’était l’endroit qui me convenait le mieux », a dit celui qui vient au troisième rang des marqueurs de son équipe avec huit buts et 14 points en 16 matches à 17 ans.

Derick Brassard et Claude Giroux à l'époque où ils évoluaient dans la LHJMQ

Son compagnon de trio, Maxime Fortier, pourrait fort bien remporter le championnat des compteurs de la LHJMQ cette saison. Il a déjà 23 points à son actif. Arnaud Durandeau, repêché par les Islanders de New York, complète son trio. Il a aussi 14 points. Filip Zadina mène l’équipe avec 24 points.

« J’évolue avec deux excellents joueurs. J’adore jouer avec Maxime et Arnaud. Ils sont bons autant sur le plan offensif que défensif et j’apprends beaucoup des deux », dit l’athlète de 6’1’’ et 190 livres.

L’ancien Intrépide ignorait qu’il pouvait devenir le premier Gatinois à être repêché au premier tour de la LNH depuis Derick Brassard en juin prochain, mais cette perspective va lui donner des ailes.

« Ça me motive de savoir que ça pourrait arriver. L’Outaouais m’a toujours supporté dans ma jeunesse. J’aimerais pouvoir redonner à la communauté du hockey. Ce n’est pas moi qui décide où je vais sortir au repêchage. Tout ce que je peux faire, c’est de mon concentrer à 100 % sur mes objectifs chaque jour. »

Attaquant en puissance doté d’un excellent tir et d’une bonne vision du jeu, Groulx s’identifie souvent à Jamie Benn des Stars de Dallas. « C’est un gars qui travaille fort et qui peut tout faire sur la glace. Il a des mains et un tir incroyable. Je veux jouer comme lui. Il est même capable de jeter les gants. Je ne l’ai pas encore fait, mais ça va venir ! Haha ! »

L’or en barre

Benoît-Olivier Groulx était avec son père quand il a mené Équipe Canada junior à la médaille d’or avec Équipe Canada à Toronto en 2015. Cet été, il a pu croquer dans l’or lui aussi à titre de joueur de l’équipe nationale des moins de 18 ans à la classique Ivan Hlinka.

Groulx a inscrit un but et trois points en cinq matches pour contribuer à cette médaille d’or. « L’expérience a été incroyable et j’ai eu la chance de la vivre avec deux coéquipiers des Mooseheads (Jared McIsaac et Alexis Gravel). Je n’oublierai jamais le sentiment que j’ai éprouvé quand ils m’ont accroché la médaille d’or au cou. La finale a été disputée dans un petit amphithéâtre de 3000 ou 4000 places. C’était bondé. Ça criait et dansait pendant tout le match au son des tambours. L’atmosphère était épique. »