Lors d’un été normal, Martin St-Pierre aurait déjà traversé l’Atlantique pour commencer les préparatifs en vue de la prochaine saison.
Lors d’un été normal, Martin St-Pierre aurait déjà traversé l’Atlantique pour commencer les préparatifs en vue de la prochaine saison.

Une dernière saison pour Martin St-Pierre

Marc Brassard
Marc Brassard
Le Droit
Lors d’un été normal, Martin St-Pierre aurait déjà traversé l’Atlantique pour commencer les préparatifs en vue de la prochaine saison.

Cette saison estivale sortant de l’ordinaire en raison de la COVID-19, le vétéran hockeyeur est toujours au domicile de ses parents à Embrun en attente de signer un contrat.

S’il ne sait pas encore où il va jouer en 2020-2021, le centre de 37 ans qui a terminé la dernière campagne en Slovaquie a déjà pris une décision : sa 17e saison dans les rangs professionnels sera sa dernière.

«La saison qui s’en vient va être ma dernière, je vais prendre ma retraite après 2020-2021. J’ai été chanceux de pouvoir jouer ma 1000e partie de saison régulière en carrière chez les pros en janvier dernier (avec le HC Slovan de Bratislava), et je pense que j’en ai fait assez, j’ai joué partout dans le monde», a-t-il confié au Droit lundi.


« À 37 ans, j’ai moins besoin de travailler sur mes habiletés... J’essaie juste de patiner le plus possible, peu importe le calibre. »
Martin St-Pierre

«Après, je vais me lancer dans un deuxième domaine, alors que je me suis inscrit à un cours de pompier offert par la PHPA (Professional Hockey Players Association, pour les joueurs de la Ligue américaine et de la Ligue East Coast). On est 12 par année qui peuvent suivre ce cours exclusif et j’ai été accepté, je vais suivre les cours théoriques en ligne pendant la saison et il y aura un cours pratique l’an prochain après la saison», ajoute-t-il.

Rentré au pays quand la dernière saison a été interrompue en mars dernier en raison de la pandémie, St-Pierre a réussi à prendre un vol pour se rendre à sa résidence en Arizona en mai, mais il est revenu le mois dernier. «Quand je suis arrivé là-bas, l’Arizona était un des trois états les moins affectés par le virus, mais six semaines plus tard, c’était rendu un des ‘top 3’. J’ai donc ‘paqueté’ mes bagages le 9 juillet dernier et je suis revenu à Ottawa, où j’ai fait une autre quarantaine de deux semaines», raconte-t-il.

St-Pierre a repris ensuite son entraînement hors-glace habituel avec son entraîneur Tony Greco, et il patine à quelques reprises avec d’autres professionnels qui habitent dans le coin, ainsi qu’avec des amis.

«Je suis rendu à un point où j’ai surtout besoin de patiner plus souvent pour trouver mes repères et mon ‘timing’, même si c’est avec des joueurs de moins fort calibre. À 37 ans, j’ai moins besoin de travailler sur mes habiletés... J’essaie juste de patiner le plus possible, peu importe le calibre», note-t-il.

Quant à savoir où il va jouer au cours des prochains mois, l’ancien du Canadien, des Sénateurs, des Blackhawks et des Bruins (il a joué 39 matches en tout dans la LNH) n’en a pas trop d’idée.

«Là, on attend. À 37 ans, c’est plus dur de se trouver un emploi. Il y a bien des gars plus jeunes de la Ligue américaine et de la Ligue East Coast qui veulent traverser vu que ces ligues ne commenceront pas avant décembre (au plus tôt). J’ai beau avoir encore de bonnes statistiques, ça pousse les vétérans vers la sortie. Les ligues que je regarde le plus sont l’Allemagne, qui pense commencer le 1er décembre, ainsi que la Slovaquie et la France, qui visent le 1er octobre. Il reste donc encore beaucoup de temps avant que ça commence, les clubs te parlent, mais ils veulent attendre d’être plus certains des dates de début de saison», affirme celui qui a totalisé 8 buts et 23 passes en 38 matches l’an dernier en Slovaquie.

Et ce n’est pas le seul problème des hockeyeurs étrangers : «Les salaires baissent comme ça n’a pas de bon sens. J’ai des amis qui avaient des contrats de deux ans et pour la prochaine année, ils doivent accepter des réductions de 25-30 % de leurs salaires. À part en Russie et en Suisse, où c’est à un autre niveau, les salaires sont vraiment bas. Je suis chanceux d’en être à ma dernière année et que j’ai fait de la bonne argent quand j’étais en Russie», dit l’ancien du Barys Astana, entre autres (ce qui lui a permis d’obtenir la citoyenneté du Kazakhstan, avec qui il a pris part à quelques championnats du monde).