Cinq jours plus tard, les images de la terrible chute survenue à l’arrivée de la première étape du Tour de Pologne demeurent encore fraîches à la mémoire d’Alex Cataford.
Cinq jours plus tard, les images de la terrible chute survenue à l’arrivée de la première étape du Tour de Pologne demeurent encore fraîches à la mémoire d’Alex Cataford.

Une chute qui évoque de mauvais souvenirs à Cataford

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
Cinq jours plus tard, les images de la terrible chute survenue à l’arrivée de la première étape du Tour de Pologne demeurent encore fraîches à la mémoire d’Alex Cataford.

On peut comprendre le cycliste originaire d’Ottawa, qui a vu la scène se dérouler devant lui. Il a déjà été victime d’un accident majeur sur son vélo, il y a six ans, qui a failli lui coûter la vie.

«La seule différence, c’est que j’ai été frappé par une auto. Mais les blessures ont été les mêmes que Jakobsen», a rappelé Cataford, lundi, au bout du fil.

Jakobsen, c’est Fabio Jakobsen, le cycliste champion des Pays-Bas qui a heurté les barrières de sécurité après avoir été poussé par un adversaire au fil d’arrivée. Il a subi de multiples blessures majeures, se retrouvant plongé dans un coma.

On ne craint plus pour sa vie, mais il a été opéré pour plusieurs fractures au visage.

«J’ai beaucoup de sympathie pour Jakobsen. Je lui souhaite un prompt rétablissement. Je sais que le chemin sera long pour lui, mais il pourra revenir. Ça m’avait pris un an et demi, mais je suis revenu», a confié Cataford, qui avait eu la mâchoire cassée en 2014 lors d’un entraînement en Arizona.

Le jeune homme âgé de 26 ans roulait à l’époque sur le bord de la route avec des coéquipiers quand un automobiliste l’a heurté.


« J’ai encore un peu de douleur à ma mâchoire, mais rien qui ne m’empêche d’avoir une vie. »
Alex Cataford

Les médecins avaient dû insérer de multiples plaques de métal et une trentaine de vis pour réparer son visage. Une de ses vertèbres avait aussi été cassée durant cet accident.

Trois chirurgies avaient été nécessaires dans les semaines qui avaient suivi.

«J’ai encore un peu de douleur à ma mâchoire, mais rien qui ne m’empêche d’avoir une vie. Si j’avais eu autant de dommage à une jambe, c’est sûr que je ne pourrais plus faire de vélo.»

Cataford a pu renouer avec la compétition par la suite, d’abord chez Silber Pro Cycling, puis UnitedHealthcare Pro Cycling Team. Il vient d’accepter une prolongation de contrat avec l’équipe Israel Start-Up Nation qui participe aux activités du WorldTour.

En Pologne, il a terminé 42e au classement général. Son meilleur résultat a été une 20e place à la troisième des cinq étapes, un trajet de 203 km entre Wadowice et Bielsko-Biala.

Pas pire pour un cycliste appelé en renfort à la dernière minute pour ce rendez-vous. Un coéquipier avait dû se désister.

Cataford a terminé 87e lors de la fameuse première étape. Il était dans le peloton qui a franchi l’arrivée en même temps que les meneurs.

«J’ai vu la chute se produire. Je savais que c’était gros. Mais en même temps, je suis passé rapidement. Je ne suis pas resté. Je voulais laisser le personnel médical s’occuper des blessés. Ce n’est que plus tard que j’ai su les conséquences.»

Fabio Jakobsen n’était pas le seul cycliste qui a écopé. Plusieurs autres participants avaient dû être hospitalisés.

Alex Cataford a noté une différence lors des arrivées suivantes du Tour de Pologne. «Ça jouait du coude, mais un peu moins. C’était un peu plus prudent. Il y a aussi le fait que la portion finale du circuit était moins technique que la première étape, a-t-il expliqué.

«En décidant de faire du vélo, j’ai aussi accepté les risques. Je sais que je peux être victime d’une chute chaque jour.»

Cataford prendra son prochain départ mercredi en Italie.