La boxeuse Vanessa Lepage-Joanisse, de la Petite-Nation, encaisse un coup à la tête de la part d'Alejandra Jimenez, samedi soir, Cancun. Elle a perdu par knock out technique au troisième round de ce combat de championnat du monde des poids lourds de la WBC.

Une championne trop forte pour Lepage-Joanisse

Vanessa Lepage-Joanisse n'en voulait pas à l'arbitre qui a mis fin à son rêve de devenir championne du monde des poids lourds de la WBC. Au contraire.
La boxe de la Petite-Nation s'est inclinée devant la favorite locale et détentrice de la ceinture, la Mexicaine Alejandra Jimenez, samedi soir, dans un hôtel de Cancun. Un combat qui a pris fin au milieu du troisième round par knock-out technique.
Lepage-Joanisse venait d'encaisser une rafale de coups à la tête de la part de « La Tigresse », qui demeure invaincue en neuf sorties chez les pros. « Il (arbitre) a fait ça pour ma sécurité, a reconnu l'espoir de l'Outaouais au lendemain de sa première défaite en quatre combats.
«Je trouve ça dur. J'aurais souhaité un résultat différent. Mais elle (Jimenez) possédait une force de frappe impressionnante. Je me suis fait cogner (...) Chaque coup qu'elle donnait était très puissant. J'ai tout fait ce que j'ai pu.»
L'ancienne championne canadienne dans les rangs amateurs l'a avouée. Elle était en mode survie tôt dans l'affrontement.
«Nous avons dû vite passer au plan B, a soutenu son entraîneur Stéphane Joanisse.
«Tu avais l'impression que l'autre fille avait des masses dans les mains. Vanessa est arrivée un peu sonnée après le premier round dans le coin. L'intérieur de sa bouche était défoncé. Mais elle a vite repris ses esprits.»
Il s'agissait d'un premier combat de championnat du monde pour la jeune femme âgée de 22 ans, qui fait 5'6''. Elle se retrouvait devant une adversaire plus pesante et plus grande.
La biographie de Jimenez indique une taille de 5'11'' et 225 livres.
«Ça doit être des mensurations mexicaines... Elle faisait en réalité 6'1'' et environ 240 livres. C'était Goliath... Une force de la nature, a répété Joanisse à quelques reprises au bout du fil.
«Il y a plusieurs boxeuses qui se seraient amusées à danser et gagner du temps dans le ring. Nous n'avons jamais pensé de faire ça. Nous sommes arrivés ici pour gagner la ceinture.»
Sa protégée a espéré la victoire jusqu'à la fin de ce combat qui était prévu initialement pour 10 rounds.
«Je ne voulais pas abandonner. J'espérais revenir avec un coup de poing chanceux. J'ai tout essayé.»
Lepage-Joanisse a rappelé avec fierté qu'elle n'a pas visité le tapis. «Elle a encaissé chaque claque de la championne, a ajouté son coach.
«Je crois que c'est une défaite honorable», a-t-il ajouté.
Ce combat de championnat du monde a bien failli tomber à l'eau.
L'aspirante au titre a subi une blessure quelques jours avant son départ vers le Mexique. Elle s'est foulé une cheville à l'entraînement.
Lepage-Joanisse s'est retrouvée sur des béquilles pendant une journée. Son entourage a songé à annuler son face-à-face avec Jimenez.
«Au début quand je voulais faire un pas, je tombais et je pleurais. Mais j'ai vu des phytothérapeutes. Ça m'a beaucoup aidé. Ma cheville est enflée, mais j'ai pu mettre du poids dessus.»
Il n'y aura pas de combat revanche. Du moins pour l'instant.
Une clause pour un deuxième duel avait été insérée dans le contrat avec les promoteurs mexicains. Mais elle était valide seulement si la ceinture changeait de mains.
Vanessa Lepage-Joanisse espère obtenir une autre occasion de se battre en championnat du monde... plus tard dans sa carrière. Elle espère aussi disposer d'un peu plus de temps de préparation la prochaine fois.
Reconnaissante
Son équipe n'a profité que de quatre semaines avant de monter dans le ring. Elle a été approchée au sujet de ce combat à la dernière minute.
«Quand le téléphone sonne et on t'offre la chance de te battre en championnat du monde, tu n'as pas le choix de dire oui. C'est une expérience que peu de gens vont vivre, a soutenu Lepage-Joanisse, qui n'a aucun regret.
«Je suis très reconnaissante d'avoir obtenu cette opportunité.»
Son entraîneur, lui, estime que la préparation était adéquate. «Avoir deux mois ou quatre ou cinq semaines, ça n'aurait rien changé, a dit Stéphane Joanisse.
«Elle (Jimenez) était d'une grandeur et grosseur surhumaine. Je suis content que Vanessa n'ait pas reculé. Elle a boxé comme elle se devait. Elle n'a pas été mise à terre.»