Antoine Cyr est souvent comparé à Alex Harvey à cause de ses résultats de l’hiver dernier.

Une bouchée à la fois pour Antoine Cyr

La comparaison, Antoine Cyr l’entend sans cesse depuis quelques mois. Quand ce ne sont pas les médias qui la soulèvent, des membres de son entourage lui glissent à l’oreille le nom du double champion du monde.

Celui d’Alex Harvey.

Tout ça en raison de ses résultats l’hiver dernier. Plus précisément quand le jeune homme âgé de 20 ans a terminé 12e au 10 km classique des championnats du monde juniors à Goms, en Suisse.

C’était la première fois qu’un skieur de fond québécois perçait le top 15 à cet événement depuis Harvey.

Radio-Canada Sports a notamment diffusé un long reportage à son sujet à l’automne. On le qualifiait du meilleur espoir au centre national d’entraînement Pierre-Harvey (CNEPH) depuis l’arrivée de... Alex Harvey il y a 13 ans.

« Autant il est mon idole... autant je le regarde attentivement quand nous nous entraînons ensemble... je suis Antoine Cyr et non pas Alex Harvey. Si un jour je peux être aussi bon que lui, ça sera tout un accomplissement », a lancé Cyr, lundi, au bout du fil.

« Mais j’ai beaucoup de croûtes à manger... Comme dit si bien ma massothérapeute, c’est par une bouchée à la fois que tu finis par manger un éléphant ! »

Ça tombe bien. Cyr a faim. Et ça paraît.

Et la pression, ça ne l’étouffe pas. Et c’est évident. Autant par ses réponses que ses performances sur la neige.

La nouvelle saison a commencé avec un point d’exclamation pour lui ces derniers jours.

Le produit du club Skinouk, qui s’entraîne maintenant à Québec, s’est qualifié en vue des Mondiaux chez les moins de 23 ans qui auront lieu le mois prochain à Lathi, en Finlande. Il a remporté la dernière épreuve des sélections canadiennes, dimanche, à Canmore, en Alberta.

Un départ de masse de 30 km en style classique qui était sa troisième course en quatre jours.

Cyr avait terminé troisième lors du 15 km libre en plus de terminer huitième aux sprints. « Je savais qu’une victoire m’assurerait ma place pour les Mondiaux », a-t-il souligné.

« Je connais souvent de bonnes courses au départ de masse, a-t-il ajouté. Je suis bon tactiquement. J’ai de bonnes habiletés aussi en style classique. »

Cyr reviendra dans son patelin dès mardi pour célébrer Noël. Ensuite, ce sera direction vers le Vermont, site des championnats américains de ski de fond.

Ça lui servira de préparation en vue des Mondiaux, tout comme ce camp d’entraînement prévu à la mi-janvier près de Lillehammer, en Norvège.

L’ancienne vedette de l’équipe canadienne, Devon Kershaw, sera l’hôte des jeunes espoirs de la formation nationale. « C’est son idée. Il vit là-bas avec sa femme », a précisé Antoine Cyr.

Si tout va bien, on verra le fondeur de l’Outaouais se taper quelques départs en Coupe du monde en février.

« Si je suis capable d’obtenir de bons résultats aux championnats du monde. Ça prolongerait mon séjour en Europe. Sinon, je reviendrai au Canada disputer quelques courses. »

Cyr s’attend à affronter un peloton relevé aux Mondiaux chez les moins de 23 ans.

« Lors de la dernière étape de la Coupe du monde en fin de semaine, il y a quatre skieurs U23 qui ont terminé parmi les 12 premiers... C’est quelque chose ça ! Je crois tout de même dans mes chances de terminer parmi le top 30, ce qui me permettrait de récolter des points FIS. »