Éric Landry a longtemps bénéficié des services de Vitalii Abramov chez les Olympiques, mais l’entraîneur-chef ne se gêne pas pour lui lancer de petites flèches depuis qu’il fait partie des Tigres.

Un trio d’enfer qui fait encore jaser

Les propos d’Éric Landry sur la surutilisation du premier trio des Tigres de Victoriaville ont enflammé les réseaux sociaux ce week-end.

Généralement de nature réservée, l’entraîneur-chef des Olympiques de Gatineau s’est dit surpris de la polémique qu’il avait soulevée sur la Grande Toile. Soudainement, cette série sans véritable enjeu tellement le duel semblait inégal vient de prendre une tournure intéressante à la veille du troisième match mardi au centre Guertin.

Éric Landry n’a pas voulu quantifier l’utilisation abondante de son ancien joueur vedette lundi au retour à l’entraînement de son équipe, mais il a éclairé son point de vue par rapport au trio dynamique de Vitalii Abramov, Maxime Comtois et Ivan Kosorenkov.

« Ce n’est pas tellement leur temps de jeu qui est en cause. C’est surtout qu’ils ont souvent été envoyés dans des missions offensives. Ça ne veut pas dire qu’ils restaient toujours longtemps sur la glace, mais il (l’entraîneur-chef Louis Robitaille) les a beaucoup utilisés afin d’attirer certains de nos joueurs sur la patinoire. »

Il faut dire que ce trio d’enfer a été à l’origine de plusieurs buts des Tigres dans les quatre premières périodes de la série où Vitalii Abramov avait récolté six points à lui seul en profitant notamment de l’absence de ses couvreurs attitrés.

Éric Landry dit respecter la force de frappe de ce trio des Tigres, de là l’importance d’avoir les matchs ups souhaités contre celui-ci.

Les fleurs et le pot
« À partir de la deuxième période samedi, en tant qu’équipe, nous avons fait un bien meilleur job pour nous défendre contre eux, car nous n’avons pas toujours eu les joueurs souhaités sur la patinoire. Ils ont assurément le meilleur trio de la LHJMQ. Ils sont créatifs. Ils ne font pas toujours les mêmes jeux, mais lorsque nous avons été physiques contre eux, lorsque nous leur avons appliqué de la pression, ils nous ont donné la rondelle. »


«  On voit que les gars apprennent à se détester en jouant souvent les uns contre les autres.  »
Éric Landry

Éric Landry ne s’en cache pas. Son plan de match ne changera pas mardi soir dans le troisième match de la série devant ses partisans.

Faire souffrir les tigres
« Ils ont des joueurs d’habiletés et ils s’en servent. Nous avons des joueurs robustes. Il faut s’en servir. Il faut les épuiser le plus possible. »

Le vétéran Jeffrey Durocher fait partie des joueurs qui ne reculent devant rien et il a assuré que les Tigres allaient devoir souffrir pour remporter le troisième match.

« En jouant dans notre identité, en travaillant sans relâche et en jouant la carte physique, nous les avons vus ralentir à partir de la deuxième période samedi. Ça nous a permis d’avoir la rondelle plus souvent et de tirer plus souvent au but aussi. Nous voulons une longue série. Nous allons prendre ça un match à la fois, mais nous avons vu des progrès depuis le premier match. Nous avons ajusté certains détails. Nous savons que nous sommes forts physiquement. De retour à Guertin où les partisans changent la donne, la scène sera complètement différente. »

Si les deux équipes ont montré beaucoup de respect l’une envers l’autre avant le début des hostilités, leurs approches ont eu le temps de changer en seulement deux matches. La rivalité vient de passer au prochain niveau selon Éric Landry. « On voit que les gars apprennent à se détester en jouant souvent les uns contre les autres. On voit des chicanes pour tout et pour rien sur la glace. Ça fait partie du hockey des séries. »

Après le deuxième match, Louis Robitaille a pesté contre quelques joueurs des Olympiques et leurs tactiques déloyales après les arrêts de jeu. Si Landry semble dérangé par le nombre de présences sur la glace du russe Abramov, Robitaille semble tout aussi troublé par des joueurs gatinois clairement identifiés samedi. « C’est bon signe de voir que nos joueurs dérangent. On leur demande avant tout de gagner leurs batailles à un contre un et de ne pas se tourner devant l’adversaire », lance Landry.

Les Tigres mènent la série 2-0 contre les Olympiques et même si ceux-ci n’ont pas goûté à la victoire à leurs neuf derniers matches et qu’ils devront encore lutter sans Shawn Boudrias (blessé), leur confiance était de retour samedi.

« L’intensité que nous avions perdue en fin de saison est revenue, a dit Landry. Et ça, c’est positif. »

ABRAMOV JOUERA À PROFUSION À GUERTIN

L’entraîneur-chef des Tigres de Victoriaville a du mal à comprendre pourquoi son homologue des Olympiques s’est attardé au temps de jeu de ses meilleurs joueurs après le deuxième match de la série samedi.

« Quand une équipe a la chance d’avoir des joueurs de cette trempe, il est normal de leur donner un temps de glace de qualité, surtout lorsque j’ai la chance de les envoyer dans des situations offensives. J’ai demandé à Vitalii (Abramov) s’il était OK de jouer aussi souvent dans le dernier match et il m’a dit qu’il avait encore beaucoup de jus dans le réservoir. Je vais contrôler le temps de glace de mon équipe. Je n’ai pas d’autres commentaires sur le sujet », a expliqué Louis Robitaille après un entraînement au Complexe Branchaud-Brière lundi.

Ce dernier était ravi de s’amener en Outaouais avec deux victoires suivies de deux journées de congé.

« Le prochain match est important pour nous. Il faudra être plus discipliné. Nos punitions ont donné de la vie aux Olympiques dans le dernier match. Ils ont pris du momentum. Je ne m’attends pas à une partie facile. Éric Landry a fait une longue carrière au hockey professionnel en travaillant comme un forcené et il s’est construit une équipe à son image. »

Robitaille a aussi tenu à clarifier que ses Tigres n’étaient pas l’affaire d’un seul trio.

« Il nous manquait des vétérans importants dans le dernier match. Chase Harwell et Jimmy Huntington sont parmi nos sept meilleurs attaquants. Ç’a créé un gros trou, mais nos buts gagnants ont été comptés par Justin Paré, un attaquant de 19 ans de quatrième trio que nous avons réclamé au ballottage pour nous donner de la profondeur. Notre capitaine Félix Lauzon et Mathieu Sévigny ont fait tout un travail pour construire ce but. Ce sont des joueurs extrêmement efficaces. »

Ancien du Rocket de Montréal, Robitaille a déjà vécu des revers crève-cœur au « Vieux Bob » et il connaît l’importance des 10 premières minutes de jeu dans cet amphithéâtre hostile.

« Il y a beaucoup d’histoire à Guertin. C’est comme l’ancien Forum de Montréal. C’est dur de gagner ici. Je sais que plusieurs nous donnaient une victoire facile dans cette série, mais ce n’était pas notre cas chez nous. On s’attendait à une série longue et physique. On est fier de ce qu’on a accompli dans les deux premiers matches chez nous. On s’en vient maintenant ici pour gagner le troisième duel. »