Le trio composé d’Allison Biewald, Chantal St-Laurent et Kaitlyn Youdon a marqué 119 des 170 buts du Fusion au cours de la saison régulière.

Un trio dangereux, une équipe heureuse

Jamais un trio du Fusion de Gatineau n’a terrorisé les gardiens adverses de la sorte. Jamais le Fusion n’a connu une pareille saison auparavant.

À sa neuvième année dans la Ligue nationale de ringuette (LNR), l’équipe outaouaise a terminé le calendrier régulier avec une fiche de 12-8-0-2. « Notre meilleure saison depuis nos débuts, souligne le directeur général Yvon Brault.

«Nous n’avons jamais inscrit autant de buts», ajoute-t-il.

Le chiffre est hallucinant. Le Fusion a marqué 170 fois en 22 parties.

Cent dix-neuf de ces buts ont été l’affaire d’un seul trio. Celui composé de la vétérante Chantal St-Laurent et de deux nouvelles venues au sein de l’organisation, Kaitlyn Youldon et Allison Biewald.

«Trois filles dangereuses dans notre sport», s’empresse de préciser Brault, qui a fondé le Fusion.

Youldon et Biewald se sont jointes à l’équipe trois semaines avant le début de la saison. Elles faisaient partie des Devils de Gloucester, formation qui a fermé ses portes.

Gatineau s’est empressé d’attirer le duo de son côté de la rivière des Outaouais.

«Deux filles qui font partie de l’équipe nationale. Tu combines ça à Chantal qui est déjà une des meilleures marqueuses de la ligue», note Yvon Brault.

St-Laurent, c’est cette enseignante en éducation physique qui a inscrit plus de 500 buts en carrière dans la LNR. Elle a été choisie la joueuse la plus utile en 2014-2015.

«Ça fait plusieurs saisons que je joue aux côtés de Kaitlyn. D’évoluer maintenant avec Chantal, ça nous rend la tâche encore plus facile, lance Biewald.

«L’autre équipe n’a plus seulement une joueuse à surveiller, mais plutôt trois. Ils ne savent plus où se garrocher sur la glace», ajoute St-Laurent, sourire en coin.

Biewald et elle ont terminé ex aequo au troisième rang des pointeuses de la ligue avec 88 points chacune. Pour sa part, Youldon partage le sommet du classement avec Julie Blanchette, du Mission de Montréal.

Les deux joueuses ont récolté 100 points.

«C’est tellement plaisant de jouer avec des joueuses qui pensent comme toi. Peu importe à laquelle des deux joueuses je refile l’anneau, je sais qu’elle va prendre un tir de qualité», fait remarquer Youldon, dont le père Paul dirige le Fusion.

Et si jamais le trio étoile tombe en panne, l’équipe pourra toujours se tourner vers ses jeunes.

Émily Chénier et Sara Plouffe font partie de la seconde unité. Les deux femmes ont remporté l’or aux Championnats du monde juniors des moins de 21 ans en décembre dernier, tout comme une autre joueuse du Fusion, Julie Vandal.

Ajoutez à cela que Biewald et Youldon ont participé aux Championnats du monde seniors, gagnant l’argent.

«Cinq joueuses dans la même année aux Championnats du monde, c’était aussi une première pour nous», mentionne Yvon Brault, fier de son bébé que s’avère le Fusion. Ce dernier effectue aussi son dernier mandat à la présidence de Ringuette Gatineau après un règne de plus de 20 ans. Ce sport demeure toujours aussi populaire auprès des filles en Outaouais.

«C’est tout près de 500 joueuses récréatives et compétitives, rappelle Brault. Nous avons aussi créé une ligue adulte. C’est six équipes de femmes âgées de 19 à 40 ans. Certaines sont des mères de famille qui travaillent à plein temps. Ça nous permet aussi de ramener des femmes qui ont déjà joué auparavant et qui peuvent maintenant enseigner à nos plus jeunes.»