Erik Karlsson, de retour chez lui, en Suède, a répondu aux questions des journalistes.

Un roi dans son royaume

Le roi Erik est débarqué dans son royaume avec ses fidèles sujets mardi. Karlsson est prêt à jouer les hôtes pour ses coéquipiers qui, pour la plupart, n’ont jamais mis les pieds en Suède, du moins pas en pleine saison de hockey.

Partis en vol nolisé tard lundi soir, les Sénateurs se sont entraînés au Ericsson Globe de Stockholm dès leur arrivée, histoire de mieux s’habituer au décalage horaire de six heures entre la capitale du Canada et celle de la Suède.

Leur principal objectif avant d’affronter l’Avalanche du Colorado vendredi et samedi dans le cadre de la Série Globale de la LNH sera justement d’ajuster leurs corps au changement d’heure, mais aussi d’intégrer le mieux possible leur nouveau joueur, Matt Duchene, acquis du Colorado dans la transaction à trois équipes du week-end.

Dès leur arrivée en Suède, les joueurs des Sénateurs ont participé à un entraînement.

« Il s’en venait ici de toute façon, n’est-ce pas ? Ça n’a pas changé grand-chose pour lui, il n’a fait que prendre un avion différent. Je pense que ça va être bien. Chaque fois que tu fais un voyage du genre, tu passes beaucoup de temps avec les gars. Je pense qu’il va trouver sa niche dans le groupe. Le moment est bien choisi pour que tout ça arrive », avait dit Karlsson avant le départ de l’équipe pour son pays.

Duchene était d’avis après l’entraînement intense d’une heure de sa nouvelle équipe que même s’il sera très étrange pour lui de disputer ses deux premières parties coup sur coup contre son ancien club, « le fait que ça se fasse dès le départ va être une bonne affaire, je n’ai pas trop de temps pour y penser, même si j’en encore beaucoup d’amis de l’autre côté », a-t-il souligné.

« J’ai reçu plusieurs textos des gars (de l’Avalanche) et il y en a plusieurs avec qui je vais rester en contact. Je ne leur souhaite que du bien – après en fin de semaine, évidemment », a ajouté le nouveau numéro 95.

Le vétéran défenseur Dion Phaneuf était aussi d’avis que ce périple outre-mer pourrait s’avérer une bonne chose pour l’esprit d’équipe, lui qui avait été l’organisateur principal des activités hors glace lors du passage de l’équipe sur l’Île-du-Prince-Édouard pendant le camp d’entraînement.

« C’est une bonne chose de venir ici alors que nous tentons de promouvoir notre sport, a-t-il souligné. D’être ici à Stockholm, ça cadre bien parce que la Suède a beaucoup d’excellents joueurs, c’est un pays de hockey. Le voyage n’est pas idéal au milieu de la saison, mais c’est la même chose pour les deux clubs, on va tenter de s’habituer au décalage. C’est un voyage différent de l’Î.P.É., tu vas traiter tes temps morts différemment parce qu’on est ici pour travailler, il y a des points importants à l’enjeu lors des matches. Mais le moment est bien choisi aussi pour intégrer Dutchie (Duchene) au groupe. »

L’idée de tenir un entraînement dès l’arrivée de l’équipe en Europe n’est pas nouvelle, la plupart des équipes qui traversent l’Atlantique procèdent de cette façon. L’entraîneur-chef Guy Boucher est un habitué de ces voyages.

« J’ai été neuf fois avec Équipe Canada et j’ai été entraîneur en Europe, donc j’ai fait ces voyages souvent... C’est toujours bon de débarquer de l’avion et de se mettre en marche. Nous avons eu deux bons jours de pratique malgré le dérangement causé par l’échange, un joueur qui arrive et un autre qui part. Les gars composent bien avec tout ça. Il reste à  nous assurer que Duchene se sent à l’aise à l’intérieur de notre système de jeu », a-t-il affirmé.

Johnny Oduya avait oublié que des parties étaient prévues dans son patelin quand il a signé un contrat avec les Sénateurs le 24 juillet dernier.

ODUYA DE RETOUR À LA MAISON

L’annonce de la tenue des duels Sénateurs-Avalanche de cette semaine a été faite il y a un an par la Ligue nationale de hockey.

Erik Karlsson et Fredrik Claesson ont pu encercler ces dates sur leur calendrier il y a longtemps, donc. Mais ce n’est pas le cas pour l’autre défenseur suédois d’Ottawa, Johnny Oduya, qui avait oublié que des parties étaient prévues dans son patelin quand il a signé un contrat avec les Sénateurs le 24 juillet dernier.

« Je savais qu’Ottawa et le Colorado allaient s’affronter, mais je n’ai pas porté attention au fait que ce serait ici. Je pense de toute façon que ça aurait été un manque de professionnalisme de signer un contrat avec un club juste en fonction de l’endroit où ils joueraient une couple de parties », a raconté le vétéran de 36 ans en débarquant dans le vestiaire de son club au Ericsson Globe, un amphithéâtre où il a joué souvent du temps où il évoluait dans la Ligue élite suédoise, avec Djurgardens et Frolunda (trois saisons entre 2003 et 2006).

« C’est certes une surprise plaisante, une belle prime, de revenir chez moi, mon appartement étant à cinq minutes du centre-ville », a-t-il ajouté.

Sa mère qui est à la retraite va revenir de sa résidence hivernale en Espagne pour l’occasion, mais sa sœur va manquer à l’appel.

« Elle habite à deux coins de rue d’ici (l’aréna), mais elle est présentement au Pérou pour visiter le Machu Picchu, c’était un de ses grands rêves. Elle avait planifié ça bien avant que je signe avec Ottawa. J’ai une nièce qui va être là cependant, elle habite à deux heures de route de Stockholm », a relaté Oduya, dont le frère Fredrik, un ancien des 67’s, est décédé dans un accident de motocyclette il y a quelques années (2011).

Ce passage dans son patelin lui rappelait bien des bons souvenirs. 

« J’ai passé beaucoup de temps dans le coin. Mon frère jouait pour Hammerby et son club jouait dans un aréna près d’ici. Et évidemment j’ai joué dans le coin, chez les juniors avec Hammerby moi aussi, puis avec dans la Ligue élite avec Djurgardens. Je suis à la maison ici, c’est certain. Et maintenant, ça va de soi que je suis très content de jouer ici, après plus de 800 matches de saison et 100 matches de séries dans la LNH », a dit celui qui a aussi joué dans la LHJMQ avec les Tigres de Victoriaville et les Wildcats de Moncton lors de la saison 2000-2001.

Pour l’entraîneur-chef Guy Boucher, il est remarquable que « la moitié de notre brigade défensive soit constituée de défenseurs suédois », a-t-il noté mardi.

« Évidemment, Erik est le meilleur défenseur au monde. Nous avons pu ajouter Oduya. Il apporte son expérience et la capacité de gérer les minutes d’un gars du top-4, en plus d’avoir gagné la coupe Stanley. Il est le pro ultime, il vit dans le gymnase avant et après les pratiques et les matches. Et Claesson est un gars que l’organisation a développé. Il a mérité l’an dernier de rester avec nous, puis en séries, il a contribué énormément. Cette année, on voulait lui donner une place dans le top-6 et il fait très bien dans ce rôle », a-t-il aussi souligné.