Vendredi soir, au New Jersey, les Sénateurs ont laissé filé une avance de deux buts en deuxième période du match face au Devils. Sur cette séquence, Jimmy Hayes a marqué le premier but des Devils.

Un plus gros problème à domicile

Les Sénateurs dominent la LNH à plusieurs égards depuis le début de la saison. Il n’y a qu’un endroit, vraiment, où ils s’en passeraient volontiers.

Un peu plus et les joueurs de Guy Boucher laissaient filer une autre avance, jeudi soir. La troisième période s’avère, de loin, celle où ils éprouvent le plus de difficultés cet automne.

Guy Boucher en est parfaitement conscient.

Il ne s’en formalise pas trop.

Il dit comprendre ce qui se passe. Il est convaincu qu’avec le temps, les choses vont se replacer.

« Le problème, c’est qu’on se forge une avance. Après, on se met à changer. On veut plus de buts. Quand tu commences à jouer comme ça, tu te fais mal », expliquait l’entraîneur-chef, vendredi matin.

Boucher affiche un air confiant parce que cette situation « n’est pas exactement nouvelle ».

« Nous avons connu le même problème l’année passée. Quand tu recommences une nouvelle année, tu reviens toujours au naturel. Le naturel, c’est ça. On a réussi à s’en défaire la saison dernière, après un certain temps. Cette année, c’est la même chose. Il faut trouver des moyens de s’en départir. »

Boucher se souvient du moment précis où le match de jeudi a commencé à basculer en faveur des Flyers.

« On menait 3-0. Nous avons eu du trouble parce que nous avons essayé de marquer un quatrième but. Certains gars ont triché. Les buts mènent à la complaisance. Les joueurs complaisants arrêtent de défendre. Les revirements, les punitions, les mauvais changements suivent... »

Il s’est bien gardé d’identifier le coupable, mais on peut facilement s’aventurer sur le terrain des suppositions.

Mike Hoffman a effectué trois présences sur la patinoire de plus de 60 secondes, vers la fin de la deuxième période.

Il a notamment été pris en défaut lorsque Jakub Voracek a marqué le premier but des Flyers.

« Sur la route, nous n’avons pas ce problème-là », maintient Boucher. Les Sénateurs, rappelle-t-il, n’ont pas eu trop de mal à protéger leurs avances en fin de match lors des deux parties disputées en Alberta.

Tout se gâte une fois revenus à la maison.

« Quand nous sommes à la maison, inconsciemment, nous voulons livrer un bon spectacle. Nous voulons livrer un petit peu d’extra. »

Il faudra y porter une attention particulière dans la prochaine semaine. Les Sénateurs joueront leurs trois prochaines parties au Centre Canadian Tire, avant de s’envoler pour la Suède.

Pyatt le meneur

« Il n’est pas facile de protéger une avance dans la Ligue nationale de hockey. Nous ne sommes pas tout seuls à connaître des difficultés », soulignait vendredi un des plus fidèles lieutenants de Boucher, l’ailier Tom Pyatt.

Ce dernier n’a pourtant pas grand-chose à se reprocher depuis le début de la saison. Au contraire. En plus de produire à un rythme satisfaisant, il s’acquitte bien de ses responsabilités en défensive.

Avant le match contre les Devils, Pyatt occupait le 18e rang dans la LNH avec ses 21 lancers bloqués.

Les 17 premiers rangs au classement étaient occupés par des défenseurs.

En fait, il est encore plus impressionnant de constater que 75 des 76 joueurs qui ont bloqué le plus de tirs depuis le début de la saison jouent à ligne bleue !

« Je n’étais vraiment pas conscient que j’étais le meneur chez les attaquants, a-t-il réagi. C’est quelque chose qui me rend fier. En fin de partie, quand les autres équipes mettent le paquet pour marquer et qu’ils se mettent à lancer de partout, je veux être un de ceux qui se placent dans le chemin. »

Pyatt profite une fois de plus à plein de l’opportunité qui lui offerte.

Avec toutes les blessures qui ont décimé son attaque, Boucher n’a pas eu le choix de lui confier un rôle plus important que prévu.

« J’essaie de jouer de façon plus agressive cette saison, dit-il. Quand le moment est bien choisi, j’essaie d’utiliser ma vitesse et de lancer souvent au filet. »

COUVRIR KARLSSON : TOUT UN DÉFI, SELON HYNES

Couvrir le meilleur joueur adverse n’est pas chose facile... en particulier quand le meilleur joueur adverse est un défenseur.

Durant sa conférence de presse, vendredi matin, John Hynes a reconnu qu’Erik Karlsson lui pose un problème particulier.

« Nous ne voulons pas qu’un joueur en particulier se charge de le couvrir. Nous aimerions, en contrepartie, que certains de nos joueurs ne se retrouvent pas sur la patinoire en même temps que lui. Le problème, c’est qu’il peut passer une trentaine de minutes par match sur la patinoire. Il est tout le temps dans le feu de l’action », dit-il, émerveillé.

Erik Karlsson

Karlsson a récolté deux autres mentions d’aide dans la victoire de 5-4, jeudi, contre les Flyers de Philadelphie.

Il s’agissait, selon les statisticiens de TSN, de son 115e match de plus d’un point en carrière.

Les spécialistes des chiffres ont poussé leur recherche un peu plus loin. Karlsson a fait ses débuts dans la LNH lors de la saison 2009-2010. Durant cette période, le deuxième défenseur le plus prolifique a connu seulement 81 parties de plus d’un point !

« Il faut toujours être prêts à composer avec les défenseurs qui cherchent à se porter à l’attaque, croit Hynes. Quand nous affrontons Karlsson, l’échec-avant devient important. Il faut l’obliger à stopper. Il est plus facile de le contenir lorsqu’il n’est pas en mouvement. Les joueurs qui se trouvent sur la patinoire en même temps que lui ne peuvent rien prendre à la légère. »

Karlsson devrait franchir le plateau des 500 points en carrière durant l’hiver 2018.