Bobby Ryan s’est contenté de dire qu’il avait «des choses à régler» la saison dernière. «Ce n’est qu’à la fin janvier et en début février que j’ai pu mettre ces problèmes familiaux de côté.»

Un nouveau départ pour Ryan

À l’approche du début de la saison 2017-2018 des Sénateurs d’Ottawa, c’est une des grandes questions d’actualité : quel Bobby Ryan va se présenter à compter de jeudi?

À l’approche du début de la saison 2017-2018 des Sénateurs d’Ottawa, c’est une des grandes questions d’actualité : quel Bobby Ryan va se présenter à compter de jeudi ?

Est-ce que ce sera celui qui a connu sa pire saison régulière en carrière l’an passé avec 12 buts et 25 points, ou celui qui a été le meilleur attaquant des siens en séries avec ses 6 buts et 15 points en 19 matches ?

Le principal intéressé a confiance que ce sera la deuxième option alors qu’il se présente avec la même mentalité et, surtout, avec « l’esprit libre » après avoir réglé des problèmes personnels dont il ne veut pas dévoiler la teneur.

« Je vais essayer d’être ce gars-là, m’identifier avec le joueur que j’étais en séries. Être plus constant d’un bout à l’autre, aller au filet plus régulièrement, ce que je vais devoir faire en jouant avec Brass (Derick Brassard) et Stoner (Mark Stone). Je veux être meilleur en échec avant aussi, maintenant que je suis habitué au système, je devrais savoir quand c’est le temps d’être agressif », a-t-il indiqué lundi alors qu’il a repris l’entraînement après avoir eu congé du match de samedi à Montréal pour soigner un léger étirement à l’aine.

Un peu plus tard, quand Le Droit lui a parlé des problèmes personnels évoqués par son entraîneur Guy Boucher plus tôt pendant le camp et encore hier, Ryan a été très candide, comme ça lui arrive souvent.

« J’avais des choses à régler loin de la patinoire, disons ça de cette façon. J’avais beaucoup de difficultés à composer avec ça et il (Boucher) m’a aidé énormément pour passer à travers, me donnant une laisse plus longue que la plupart des gens l’auraient fait, a-t-il relaté. Ce n’est qu’à la fin de janvier et en février que j’ai pu mettre ces problèmes familiaux de côté. Après ça, c’était plus facile d’aller à la patinoire chaque jour. Il aurait été facile d’aller à un endroit très noir quand en plus, je ne comptais pas de buts. Il a été une des bonnes raisons qui ont fait que je revenais, lui et ma psychologue sportive à Toronto. Les gens à qui je fais confiance m’ont aidé. Avant, il y a eu plein de moments où je n’avais pas toute ma tête au hockey sur la glace. »

Boucher pense qu’une amélioration de l’attaque des siens cette saison passe par une meilleure production de Ryan et de Derick Brassard, en grande partie. 

« Une partie de sa (mauvaise) saison régulière n’avait rien à voir avec le hockey, a dit Boucher au sujet de Ryan. Maintenant c’est réglé. Quand tu commences avec un esprit libre, tu as une chance d’être à ton meilleur. Jusqu’à maintenant, il a été excellent, il est en forme et il est all in, dévoué... Si on peut avoir le potentiel que Bobby a sur une base régulière, nous allons être bien heureux. J’ai plus que de l’espoir que ce sera le cas, et c’est la même chose pour Brass, qui est dans un bon état d’esprit. Son approche est différente, il cherchait à faire plaisir à tout le monde. Je le connais depuis longtemps et le Brass qu’on a vu en séries contre Boston, c’est celui qui a connu deux saisons de 60 points (à New York) lors des deux saisons précédentes », affirme Boucher.

Ryan avait bien fait sur un trio avec Stone et Pageau en séries, mais il aime aussi la chimie qui se développe avec Brassard, même si ce dernier n’a pas joué de match hors-concours alors qu’il revient de son opération à l’épaule. « Stoner et moi aimons tous les deux charrier la rondelle, il va falloir qu’on s’entende sur quand ce sera notre tour de tenter de contourner la défensive, puis de trouver les autres dans la zone adverse. Ça s’en vient, on s’améliore à ce niveau. Ce n’est pas grave que Brass n’ait pas joué en présaison, on a développé de la chimie en séries, surtout pendant la série contre Boston (en première ronde), et on devait aussi jouer ensemble l’an passé (avec Clarke MacArthur », a-t-il rappelé.

Brassard, en passant, a réitéré qu’une décision à savoir s’il affrontera les Capitals jeudi ne sera prise que le jour même. « Je suis sur le droit chemin, mais je ne sais pas encore si j’ai le feu vert. Mes parents me demandent s’ils peuvent acheter leurs billets et je dois leur répondre que je ne sais pas », a-t-il dit.

BROWN ET FORMENTON SONT ENCORE LÀ

L’entraîneur-chef des Sénateurs Guy Boucher a confirmé lundi midi que les attaquants d’âge junior Logan Brown et Alex Formenton amorceront la saison régulière avec le grand club.

Formenton, le choix de deuxième ronde au dernier repêchage qui a été la révélation du camp d’entraînement à 18 ans, a signé un contrat quelques heures plus tard, un pacte d’entrée dans la LNH de trois ans, le maximum permis par la convention collective. Celui-ci était le 13e attaquant à l’entraînement de lundi, ce qui laisse croire qu’il ne sera pas nécessairement en uniforme contre les Capitals de Washington. Les Sénateurs auront neuf parties pour déterminer s’ils veulent garder les deux joueurs d’âge junior avec eux pour la saison et utiliser la première année de leurs contrats de la LNH.

La bonne décision pour Chabot

Avant de confirmer leur statut avec son équipe, Boucher a passé beaucoup plus de temps à expliquer la décision de l’organisation de céder le défenseur québécois Thomas Chabot à son club-école de Belleville, décision annoncée dimanche au lendemain d’un revers de 9-2 où le premier choix au repêchage de 2015 en a arraché.

« Il a eu un différentiel de moins-5 lors du dernier match, et lors des matches précédents, sans avoir été dans les moins, il y avait le même thème qui revenait pour un jeune défenseur, soit bien lire le jeu pour savoir quand il est temps d’y aller. Si j’y vais, est-ce que je donne un trois contre un ou contre deux ? C’est une lecture de professionnels, comme on les appelle. Dans le junior, quand tu as la vitesse pour revenir après une erreur, ça va. Dans la LNH, quand tu fais une erreur, il n’y a pas de temps pour revenir, le gars est parti. Ce sont de petits détails qu’il va devoir corriger, et il a besoin de le faire à un endroit où ça n’affectera pas le résultat d’un match (de la LNH) », a commenté Boucher.

Pour celui-ci, il est nettement plus facile d’insérer de jeunes attaquants dans son alignement qu’un jeune défenseur.

« Un attaquant peut commettre une erreur et les autres avants, les défenseurs et les gardiens vont compenser... On sait qu’il (Chabot) a le maniement de bâton pour jouer dans la LNH, il a le coup de patin, les habiletés pour le jeu de puissance et pour appuyer l’attaque. Mais pendant le camp, on a vu qu’il a des choses à apprendre. Il a eu un bon camp, mais pas assez pour être celui qui est choisi avant quelqu’un d’autre. A-t-il joué mieux que nos vétérans ? Non. Il n’a pas surpassé nos gars dans les petits détails professionnels que les autres ont eu besoin de plusieurs années pour maîtriser. Pour son développement, il a besoin de jouer des minutes importantes et faire les erreurs qu’il a besoin de faire », a-t-il ajouté.

Revenant à Brown et Formenton, Boucher a dit qu’ils « commencent avec nous, et on verra ce qu’ils sont capables de gérer, le dernier match a été difficile pour eux aussi », a-t-il noté, mentionnant que seulement un des deux affrontera les Capitals.

Formenton, qui a terminé la présaison avec un but et deux passes en cinq parties, semblait avoir besoin de se pincer pour réaliser qu’il est encore dans la LNH maintenant que le mois d’octobre est commencé. « Évidemment, je suis heureux d’être encore ici avec le grand club. C’est spécial d’être encore ici et de continuer à travailler fort », a-t-il dit avant de parapher son entente avec le club.