Un documentariste d’Ottawa retrace la carrière de Gilles Villeneuve.
Un documentariste d’Ottawa retrace la carrière de Gilles Villeneuve.

Un documentariste d’Ottawa retrace la carrière de Gilles Villeneuve

On était en train de l’oublier, avec toutes ces journées qui se suivent et qui se ressemblent, dans un monde sans compétition sportive. On devrait normalement se trouver en plein cœur des festivités entourant le Grand Prix de Canada de Formule 1.

À défaut de pouvoir se rendre sur l’île Notre-Dame, les mordus de sport automobile auront un tout petit quelque chose à se mettre sous la dent. À 22 h 30, samedi soir, ICI Radio-Canada Télé présentera, en première, le documentaire Gilles Villeneuve : À toute vitesse.

Le film sera disponible, dès dimanche, sur ICI Tou.TV.

C’est un documentariste d’Ottawa, Stephan Gabriele, qui a eu l’idée de raviver le souvenir du pilote québécois qui a connu une trop courte carrière dans les plus hautes sphères de la course automobile.

Trente-huit années se sont écoulées depuis l’accident qui lui a coûté la vie, durant une séance de qualification du Grand Prix de Belgique.

« Depuis que je suis tout jeune, j’ai toujours aimé les voitures. Gilles Villeneuve, c’était mon héros d’enfance. Tous mes amis voulaient ressembler à Guy Lafleur. Moi, je voulais être Villeneuve. Les autres me regardaient toujours un peu croche », expliquait-il, plus tôt cette semaine, durant un entretien téléphonique.

Pourtant, M. Gabriele n’était pas l’unique fan du pilote qui brillait au sein de l’écurie Ferrari.

Au début des années 1980, dans un monde sans Internet, les Québécois avaient trois grands héros sportifs.

Il y avait Lafleur, Villeneuve et Gary Carter.

« Lafleur brillait sur la scène nord-américaine. Le hockey, c’était dans notre ADN. Dans ce temps-là, les Expos étaient aussi populaires que le Canadien. On aimait Carter parce que c’était un Américain qui était lui-même tombé amoureux du Québec », explique M. Gabriele.

« Gilles, c’était celui qui faisait résonner le Québec à l’étranger. Il n’avait pas de contacts. Il n’avait pas d’argent. Tout ce qu’il avait, c’était son talent. Quand il est arrivé en Formule 1, il était simplement plus talentueux que les autres. Ferrari a fait une exception, pour lui. Cette écurie n’avait pas l’habitude d’embaucher des recrues. Ce n’était pas rien. »

Lafleur et Carter occupent toujours un certain espace dans l’imaginaire collectif.

M. Gabriele est un peu sous l’impression que la nouvelle génération connaît un peu moins Villeneuve.

« Gilles est mort il y a 36 ans. Ça fait un tiers de siècle, ça. On peut difficilement blâmer les gens qui sont nés après 1982 de ne pas le connaître. »

« Les gens savent que Gilles Villeneuve, c’est un homme qui a donné son nom à une piste. Moi, j’ai la volonté de faire davantage connaître ce gars-là. J’ai voulu augmenter sa notoriété. »

Pour raconter son histoire, le documentariste et son équipe ont interviewé 14 personnes qui ont côtoyé Villeneuve durant sa carrière. Ils sont allés à leur rencontre au Royaume-Uni, en France, en Suisse ainsi qu’en Italie.

Ils ont permis à d’anciens pilotes, journalistes et dirigeants d’écurie de raconter — avec une précision étonnante — de vieilles histoires.

Un seul autre documentaire canadien a été consacré à la carrière et à la vie du champion. Formule Villeneuve a pris l’affiche en 1983.

En regardant le nouveau film, on se rend compte que l’équipe de tournage a fait le voyage au bon moment. Les gens qui travaillaient dans le monde de la course, à cette époque, ont aujourd’hui plus de 70 ans.

« On dit souvent que “timing is everything”. Je dirais qu’il fallait le faire, là. Ces gens ont été très généreux, mais dans quelques années, ils ne voudront peut-être plus se retrouver devant des caméras. »

Un des intervenants, le commentateur Jean-Louis Moncet, explique que Gilles Villeneuve a pris part à 67 Grand Prix. « On pourrait sortir 67 anecdotes de ces Grand Prix. Chaque fois, Gilles trouvait une façon de faire parler de lui. »

C’est d’ailleurs le problème du documentaire. À toute vitesse, porte bien son nom. En 52 minutes, on ne fait qu’effleurer les — nombreux — faits saillants de sa carrière.

C’est pourquoi Stephan Gabriele aimerait éventuellement produire une version plus longue de son documentaire, en anglais, destinée au marché international. Il aimerait que ce projet culmine en 2022, pour souligner le 40e anniversaire du décès de Gilles Villeneuve.

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À 22 h 30, samedi soir, ICI Radio-Canada Télé présentera, en première, le documentaire Gilles Villeneuve : <em>À toute vitesse</em>.

QUELQUES DATES IMPORTANTES

Même si elle fut courte, la carrière de Gilles Villeneuve en course automobile fut ponctuée de nombreux faits saillants. Voici quelques-uns des moments forts qu’on revisite, dans le documentaire À toute vitesse.

1976 : un premier championnat

Les débuts de Villeneuve en Formule Atlantique ne sont pas particulièrement faciles. En 1974, durant une de ses premières courses, il est impliqué dans un accident et subit une fracture de la jambe gauche. Il revient à la compétition l’année suivante. En 1976, son talent prend le dessus. Il remporte neuf courses sur 10 et devient champion pour la toute première fois.

1977 : un essai chez McLaren

Parce qu’il continue de connaître du succès en Formule Atlantique, Villeneuve obtient une première opportunité de courir en F1. Au volant de la troisième voiture de l’écurie McLaren, à l’occasion du Grand Prix de Grande-Bretagne, il parvient à obtenir une 11e position. À défaut d’obtenir un contrat à plus long terme chez les Anglais, il est recruté par Ferrari, où il complète la saison.

1978 : prophète en son pays

Quelques mois plus tôt, on annonçait que le Grand Prix du Canada était relocalisé, de façon permanente, sur l’île Notre-Dame, à Montréal. Villeneuve, jeune pilote en pleine ascension remporte sa première victoire en Formule un au volant de sa Ferrari numéro 27.

1979 : si près du but

Vers la fin d’une saison particulièrement enlevante, Villeneuve rate le championnat du monde de très peu. Il concède la victoire à son coéquipier chez Ferrari, le Sud-Africain Jody Scheckter.

1982 : la fin à Zolder

Villeneuve se présente au Grand Prix de Belgique dans un mauvais état d’esprit. Un accident en qualifications lui coûte la vie.