Blessé, Daniel Tessier ne sera pas du match d’ouverture des Bandits de Cumberland samedi, mais l’ancien des 67’s d’Ottawa sera la tête d’affiche du club.

Un départ à six clubs

Vous savez que vous êtes au paradis du hockey élite quand dans un rayon de 75 kilomètres, il y a une équipe de la Ligue nationale, deux équipes juniors majeures, une équipe junior AAA au Québec et des ligues junior A, B et C en Ontario. Ajoutez des équipes au niveau midget AAA, universitaire, tout le réseau scolaire et l’amateur de hockey a l’embarras du choix.

Malgré l’abondance de hockey de haut niveau dans la région d’Ottawa-Gatineau, il restait encore de la place dans l’assiette pour un oubli au menu : le hockey senior.

Passé l’âge junior, le hockeyeur de la région devait aller jouer ailleurs s’il voulait poursuivre sa carrière en dehors des circuits professionnels traditionnels. À compter de samedi soir, ça va changer.

La Ligue de hockey senior A de l’Outaouais (LHSAO) va lancer ses activités avec des matches à Cumberland et Maniwaki. Le duel entre les Montagnards de Mont-Laurier et les Mustangs à l’aréna Gino-Odjick affiche déjà complet. Les dirigeants de la ligue se sont assurés d’installer des équipes dans les petits marchés où le hockey sera maître.

Fort-Coulonge, Cornwall et Vaudreul-Dorion auront aussi des équipes pour la première saison de la LHSAO, une ligue avec contacts pour des adultes de 20 ans et plus. Les matches vont durer 60 minutes. Les six clubs vont disputer un calendrier de 20 matches, 10 sur la route, 10 à la maison. Les séries vont débuter au début du mois de février. Les joueurs n’auront aucune rémunération, mais devraient éviter les coûts d’inscriptions.

« Il y avait 1000 personnes au dernier match hors-concours à Mont-Laurier. À Fort-Coulonge, ils ont déjà vendu plusieurs abonnements de saison. Ils vont refuser du monde à la porte à Maniwaki samedi. Il y a un engouement dans ces marchés », a lancé le président de la ligue, Marco Daigle, qui a aidé la ligue à prendre forme avec son organisme du Hull-Volant.

L’objectif de la ligue sera d’offrir du hockey excitant et propre afin de séduire les familles. Les bagarres seront tolérées, mais elles ne deviendront pas la marque de commerce du nouveau circuit.

Pas un cirque

La preuve ? Patrick Bordeleau devait être le seul joueur avec de l’expérience de la LNH à jouer dans le circuit avec les Titans de Vaudreuil-Dorion, mais finalement, la ligue s’est ravisée en lui bloquant l’accès. L’ancien de l’Intrépide de Gatineau a surtout été reconnu pour ses talents pugilistiques avec l’Avalanche du Colorado.

« Nous voulons rester loin des joueurs à la feuille de route de bagarreur. La sécurité des joueurs sera notre priorité. Nous voulons devenir une ligue senior différente. Les bagarres, nous allons laisser ça aux galas de boxe. On ne veut pas que les joueurs planifient leurs combats par textos avant les matches. Ce n’est pas l’image que nous voulons donner. Des équipes allaient s’armer en conséquence pour faire face à Bordeleau. Nous ne voulons pas aller là », a expliqué Marco Daigle.

Les attractions

Alors, qui seront les visages connus de cette ligue ?

À Cumberland, les Bandits miseront sur Daniel Tessier, ancien capitaine des 67’s d’Ottawa et gagnant de la coupe Memorial de 1997.

Il est rendu à 39 ans. L’équipe qui jouera au centre Ray-Friel misera aussi sur un autre ancien des 67’s en Stephen Blunden (29 ans), une ancienne vedette des Grads junior A, Philippe Drouin (24 ans) ainsi que le meilleur compteur des dernières années dans la Ligue junior B de l’Est ontarien, Sébastien Plante (22 ans).

Les Comets du Pontiac auront le défenseur Julien Lepage dans leurs rangs à mi-temps, lui qui est aussi engagé avec le Mission de Joliette dans la Ligue nord-américaine.

Gagnant de la coupe Memorial et auteur du but qui a éliminé les Olympiques de Gatineau dans la finale de 2011, Alexandre Beauregard s’alignera avec les Montagnards. Sébastien Thinel (37 ans) a quelques saisons de plus de 100 points dans la LHJMQ. Il sera un des meneurs à Vaudreuil-Dorion avec Jonathan Labelle (35 ans), un ancien des Olympiques de Hull.

La majorité des joueurs ont évolué au niveau junior A ou B, chez les professionnels en Europe ou dans le semi-pro au Québec.

Plusieurs sont toujours en réflexion. Ils vont observer les premiers pas de la ligue avant de décider de s’y joindre ou pas.

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NOUVELLE LIGUE JUNIOR EN CROISSANCE

Instaurée en 2016-17, une nouvelle ligue de hockey junior commence à faire parler d’elle dans le sud-ouest du Québec et l’Ontario.

La Canadian Premier Junior Hockey League (CPJHL) compte une équipe à Maniwaki et une autre à Smiths Falls dans la région, mais deux nouveaux clubs se préparent à adhérer au circuit en 2018-19 à Shawville ainsi qu’à Gatineau, avec le programme de hockey du Collège Universel Unik. Des clubs sont aussi installés à Muskoka, Brampton et un peu partout dans le Sud de l’Ontario.

À Maniwaki, les Mustangs ont atteint les demi-finales à leur première saison l’an dernier. Trois de leurs joueurs ont fait le saut à un niveau supérieur cette saison : deux dans la Ligue junior AAA du Québec et un autre en troisième division professionnelle en Suède.

« Les gens ont une mauvaise impression de notre ligue parce que nous ne sommes pas associés à Hockey Canada, mais nous sommes fédérés avec l’Association athlétique américaine, là où c’est beaucoup moins dispendieux de devenir membre », affirme Éric Gauthier, propriétaire du club de Maniwaki et futur propriétaire du club à venir à Shawville.

Ce dernier signale que la CPJHL est une ligue de développement qui veut donner une deuxième chance aux « oubliés » du système.

« Pour toutes sortes de raisons, il y a des jeunes qui n’ont jamais eu la chance d’être dans une structure de hockey. Des fois, les parents n’ont pas d’argent pour inscrire leurs enfants dans des équipes de haut de niveau ou les jeunes ont tout simplement été écartés trop tôt. À Maniwaki, nous avons donné une chance à ces joueurs et nous avons amené des retombées économiques de 400 000 $ pour la région. Nous avons disputé 20 matches l’an dernier et nous avons attiré près de 12 000 spectateurs. Ç’a tellement bien été que d’autres ont eu l’idée de partir une équipe senior », dit-il.

Les Stallions de Essa, installés à Angus, avaient été les champions. La Ligue agit aussi à titre de terre d’accueil pour les joueurs européens. Cette année, il y a un gardien français à Maniwaki.

Afin de faire connaître leur produit pour la saison prochaine, les Mustangs joueront cinq matches à Shawville cette saison. Les Mustangs vont jouer 36 matches de ligue et huit autres dans des showcases à Niagara Falls et à l’Université Clarkson aux États-Unis.