Julien Leblanc, un ancien de l’école secondaire Nouvelles Frontières, se battra pour une première ceinture en avril.

Un combattant gatinois cogne à la porte de l’UFC

Étoile montante des arts martiaux mixtes en Outaouais, Julien Leblanc recule rarement devant un adversaire. Mais ce qui se trouvait devant lui, mercredi après-midi, avait un peu plus de mordant que l’habitude.

« J’ai un raton laveur dans mon garage. Je vais devoir te rappeler », a lancé l’athlète âgé de 26 ans au bout du fil.

Une entrevue téléphonique était prévue avec Le Droit afin de discuter de sa prochaine sortie dans l’octogone, le 7 avril, à Moncton. Le titre canadien des poids moyens sera à l’enjeu contre l’Acadien Christien Savoie.

Une quarantaine de minutes plus tard, Leblanc a tenu parole. Il rappelait après avoir reçu la visite d’experts en contrôle animalier. « Trois cent dollars plus tard, mon problème de raton est réglé », a-t-il lancé en riant.

Leblanc était de bonne humeur malgré la dépense imprévue. Le combattant gatinois sait que l’année 2018 pourrait faire débloquer sa jeune carrière chez les pros, lui qui montre une fiche parfaite de 5-0. « Trois victoires par soumission et deux par knock-out », a-t-il précisé.

« Je vais être très honnête. Une victoire à mon prochain combat pourrait être mon ticket pour l’UFC. Nous avons déjà eu des conversations. Je sais que ça s’en vient. »

L’UFC, c’est la puissante organisation d’arts martiaux mixtes dans laquelle évoluait notamment Georges St-Pierre.

« Si je peux battre Christien dans sa ville... on pourrait me donner un spot sur une sous-carte lorsque l’UFC reviendra à Montréal, Toronto ou n’importe où au Canada. Elle cherche toujours de nouveaux talents. »

Et si ça ne débouche pas sur une offre concrète, il y a toujours l’organisation rivale Bellator, qui prend de l’expansion.

Le parcours de Leblanc n’a rien de banal. Cet ancien gardien de but a remisé son équipement après avoir évolué dans les rangs midgets BB. Il avait alors 16 ans.

« Je vais l’avouer. Je n’étais pas en forme. Ça faisait longtemps que ça me tracassait. Un jour, notre éducateur physique en quatrième secondaire à Nouvelles Frontières a organisé un concours de push-up et de redressement assis devant tout le monde dans la classe. Je n’avais réussi aucun push-up. J’avais honte de moi. »

Ce qui l’a convaincu de s’entraîner. Des amis l’ont traîné vers l’école d’arts martiaux Patenaude où il a fait connaissance de l’entraîneur Patrick Marcil.

Trois ans plus tard, Leblanc disputait un premier combat dans les rangs amateurs.

Pas question toutefois pour lui de miser uniquement sur une carrière dans les arts martiaux mixtes. C’est pourquoi il a complété un baccalauréat en criminologie à l’Université d’Ottawa.

« Ça fait deux ans que j’ai fini. J’ai déjà mon plan B », s’est-il félicité.

Leblanc s’entraîne quatre fois par semaine à Gatineau. Marcil demeure son coach. Le même individu qui a aussi lancé la carrière de Dave « Le Nomade » Leduc, ce champion du monde de boxe birmane.

« Dave, c’est un de mes amis. C’est moi qui l’ai amené à l’époque chez Patenaude pour participer à des cours de combats debout. Nous avions 17 ans à l’époque. »

Il semble bien que ce soit au tour de Julien Leblanc de se faire un nom.

Deux fois par semaine, il se tape un aller-retour vers Montréal afin de s’entraîner en compagnie de l’ancienne vedette des arts martiaux mixtes, Patrick « Le Prédateur » Côté. Il a aussi l’occasion d’échanger des coups avec un des combattants de l’UFC chez les poids moyens, le Torontois Elias Theodorou.

Leblanc a été partenaire d’entraînement en janvier avec l’ancien champion Luke Rockhold.

Ce qui le rend intéressant ?

D’abord, il y a cette fiche parfaite qui fait toujours saliver des promoteurs.

Mais c’est aussi un gaucher. Puis il s’avère un spécialiste de Jeet Kune Do, un style de kung-fu traditionnel modifié par Bruce Lee, il y a un demi-siècle.

Parmi ceux qui croient en son potentiel, il y a deux hockeyeurs gatinois dans la LNH. Son ami Jean-Gabriel Pageau le commandite. Même chose pour Derick Brassard, qui évolue maintenant chez les Penguins de Pittsburgh. « Ce fut une belle surprise quand ils m’ont annoncé ça. Ils croient en moi », a soutenu Leblanc, visiblement ému.