Pour le moment, peu de promoteurs s’intéressent encore à Claire Hafner. «Je reçois plus d’appels ailleurs sur la scène internationale», note-t-elle.

Un combat qui a marqué Hafner

Un mois plus tard, Claire Hafner enfile à nouveau les gants. Elle reprend tranquillement l’entraînement après s’être battue pour un titre mondial en Nouvelle-Zélande.

La boxeuse d’Ottawa, qui est aussi chanteuse d’opéra loin du ring, s’était inclinée au huitième des 10 rounds prévus contre la championne en titre chez les mi-lourds de la WBO, Geovana Peres (8-1, 1 KO). « Je ne suis peut-être pas revenue avec la ceinture, mais je porte une superbe cicatrice d’un pouce de long », lance-t-elle en riant.

L’arbitre avait dû stopper l’affrontement puisque Hafner (4-2) avait été coupé au-dessus de l’œil gauche dès les premières minutes lors de cette soirée du 4 octobre à Auckland. C’est sans compter qu’elle s’est retrouvée avec une fracture à la joue.

« J’avais prévu tous les scénarios, sauf d’encaisser un coup de tête de mon adversaire et me casser la pommette dès le début du combat. J’ai quand même pu continuer à me battre », relate l’athlète âgée de 42 ans, qui subissait un deuxième revers en six sorties chez les pros.

« C’était un choc pour moi que l’arbitre arrête le combat. Je n’avais jamais été stoppé auparavant avant la limite. Je ne comprenais pas pourquoi. Il restait juste deux autres rounds... quatre minutes. Je me disais que je pouvais survivre. »

Hafner garde tout de même un bon souvenir de cette première aventure pour un titre mondial. « Peu de gens s’attendaient à ce que je connaisse une carrière quelconque de boxeuse, encore moins que je me batte un jour dans un combat de championnat du monde », note l’athlète qui avait effectué ses débuts en boxe, il y a sept ans seulement.

Le combat avait attiré son lot de spectateurs au Sky City Convention Centre à Auckland. Pendant ce temps, ce combat passait sous silence au Canada, y compris dans la capitale nationale.

La boxeuse Claire Hafner au lendemain de sa défaite en combat de championnat du monde le mois dernier.

« C’était une grosse affaire là-bas en Nouvelle-Zélande. Il y a tellement d’intérêt pour les sports féminins. C’était important pour moi de voir qu’on traitait les femmes de plus de 150 livres comme des athlètes. »

Malgré ce combat de championnat du monde, peu de promoteurs canadiens s’intéressent à Claire Hafner. On ne l’a toujours pas vu dans un gala à Montréal.

Ses sorties chez les pros ont eu lieu à Shédiac, Frédéricton, New Town, Winston-Salem puis au Casino Lac Leamy, à Gatineau à l’automne 2017.

« Les promoteurs ne veulent pas nécessairement payer afin de faire venir un adversaire ici pour m’affronter. Je reçois plus d’appels ailleurs sur la scène internationale. Ici, personne n’est intéressé. »

On sent une déception dans sa voix. En attendant, elle a remis les gants. Mais le médecin lui a posé des conditions strictes.

« Je dois m’assurer que ma joue est complètement guérie avant de me battre à nouveau, d’encaisser même des coups à l’entraînement. Je dois être intelligente dans tout ça. Peut-être que je pourrais accepter un combat en février ou mars... »

Pas question surtout pour elle de se blesser à nouveau. Le long retour au Canada en avion après sa défaite lui trotte encore en tête. Plus particulièrement la douleur.

« J’ai dû attendre une semaine avant de revenir, ordre du médecin que j’ai vu en Nouvelle-Zélande. Il craignait que la pression cause de l’infection et même des complications encore moins plaisantes. Ça faisait quand même mal dans l’avion. J’avais l’impression que le visage allait me tomber ! »