Hendrix Lapierre amorce une saison importante de sa jeune carrière de hockeyeur avec un camp de sélection de l’équipe canadienne des moins de 18 ans à Calgary en fin de semaine. Le Canada ira ensuite disputer la Classique Hlinka/Gretzky en République tchèque.

Un billet d’avion ouvert pour Hendrix Lapierre

Hendrix Lapierre s’est envolé vers Calgary vendredi matin sans trop connaître sa date de retour.

Le Gatinois de 17 ans s’en allait participer à un camp de sélection éclair de trois jours. 

En Alberta, il sera parmi les 44 joueurs de moins de 18 ans qui tenteront de se tailler un poste avec l’équipe canadienne en vue de la Classique Hlinka/Gretzky disputée en République tchèque du 5 au 10 août prochain.

« Je pars le 27. L’équipe sera annoncée le 30. Le 1er août, ceux qui seront retenus s’en iront en République tchèque, alors je ne sais pas si je reviendrai le 1er ou le 11 août », a expliqué Lapierre au Droit avant de partir à l’aventure.

Il « ne sait pas », mais dans le fond, le premier choix du repêchage 2018 de la LHJMQ a quand même une bonne idée. 

Le représentant des Saguenéens de Chicoutimi a déjà été identifié comme un choix potentiel de première ronde au prochain repêchage de la LNH.

En mars dernier, il avait passé les premiers tests du camp de sélection d’Équipe Canada au championnat mondial des moins de 18 ans. 

Il avait même accompagné le club en Suède et en Finande, mais à la dernière minute, l’équipe canadienne a hérité d’un attaquant de 17 ans qui venait de se faire éliminer dans les séries éliminatoires de la Ligue canadienne.

« J’avais joué deux matches préparatoires. On m’avait dit que j’avais fait le club. On voulait que je fasse partie de la photo d’équipe, mais un joueur né en 2001 a été éliminé tardivement des séries et on m’a dit qu’un joueur 2001 ne pouvait pas être retranché au détriment d’un joueur né en 2002. Je suis donc revenu au pays, mais les dirigeants m’ont dit qu’ils avaient bien aimé ce qu’ils avaient vu de moi. »

Cette fois, les joueurs nés en 2001 seront trop vieux pour participer à la Classique Hlinka/Gretzky. Lapierre devrait donc pouvoir porter l’uniforme du Canada pour la première fois de sa jeune carrière. Une blessure à l’épaule l’a tenu à l’écart du jeu pendant le Défi mondial des moins de 17 ans en novembre 2018.

« Je suis excité à l’idée de me mesurer avec les meilleurs joueurs de mon âge (2002) sur la scène internationale. J’ai eu une petite malchance avant le Défi mondial, mais j’ai confiance en mes moyens. C’est le début d’une année importante pour moi. »

Repêchage 2020

Depuis qu’il est haut comme trois pommes, Hendrix Lapierre vit pour le hockey. En juillet 2020, il fera son entrée dans la LNH. Même s’il ne veut pas s’imposer de pression inutile, il affirme qu’il est difficile de ne pas penser à la prochaine séance de sélection du circuit Bettman.

« Je mentirais si je disais que je n’y pense pas. Je connais un paquet de joueurs nés en 2001 qui viennent d’être repêchés. Ç’a avait l’air incroyable à la télévision. La séance de 2020 sera à Montréal en plus. C’est excitant ! »

Recrue offensive de l’année dans la LHJMQ avec 45 points en 48 matches, l’ancien de l’Intrépide de Gatineau sait qu’il évoluera dans un bon environnement pour se mettre en valeur à Chicoutimi pendant sa saison cruciale de 2019-20.

« Nous formerons l’une des bonnes équipes de la ligue. Nous avions déjà un bon noyau de jeunes joueurs et nous sommes allés chercher de bons joueurs dans des transactions avec les arrivées de Raphaël Harvey-Pinard et Ethan Crossman. Je pense qu’il va nous manquer un joueur de 20 ans. »

Mais d’ici là, Lapierre aura les yeux fixés sur son premier objectif de la saison : une sélection dans l’équipe canadienne pour la Classique Hlinka/Gretzky. Après, s’il est chanceux, il va passer à Gatineau en coup de vent pendant trois ou quatre jours avant de mettre le cap sur Chicoutimi pour le début du camp le 16 août.

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UN REMPLAÇANT DE LUXE

En juillet prochain, à Montréal, une équipe de la LNH va réclamer les droits d’Hendrix Lapierre.

À quel rang ? En quelle ronde ? Les prochains mois fourniront un début de réponse. 

Pour l’instant, aucun match n’a été joué en 2019-20, mais le nom du Gatinois figure déjà parmi les espoirs de la première ronde.

Lapierre mange, respire et dort pour ce grand jour. 

Ce n’est pas d’hier qu’il s’impose des sacrifices pour réaliser son rêve de jouer dans la meilleure ligue de hockey au monde. Il a passé l’équivalent d’un ou deux week-ends en Outaouais cet été. 

Le reste du temps, il a été à Montréal pour un troisième été de suite, où il habitait chez son agent Philippe Lecavalier. 

Là-bas, il a profité des installations pour s’entraîner avec d’autres clients notoires de l’agence Quartexx Management.

Chez Hockey Etcetera, un complexe à la fine pointe de la haute technologie mis en place par Quartexx, il côtoie des professionnels de la LNH sur une base quotidienne et ça se passe plutôt bien pour le jeune homme de 17 ans.

Malgré son âge, il occupe le troisième rang des compteurs de la Montreal Pro League (3 contre 3) avec 18 points en trois matches. 

Devant lui, il y a le champion de la coupe Stanley Kristopher Letang (22 points) et Anthony Duclair (20 points) des Sénateurs d’Ottawa. Dans le top-20 des joueurs pas piqués des vers, on retrouve Anthony Beauvillier, Anthony Mantha, Derrrick Brassard, Jonathan Drouin, Raphaël Lavoie, Alex Killorn et Nathan Beaulieu.

« Je ne suis qu’un remplaçant dans cette ligue parce que je ne suis pas là longtemps, mais ça donne confiance pour vrai de pouvoir rivaliser avec ces gars-là ! »

À Montréal, Lapierre profite pleinement de toutes les ressources qui lui sont offertes pour améliorer ses habiletés déjà au-dessus de la moyenne.

« Les installations sont sur la coche. Je suis là-bas à temps plein depuis la mi-juin. J’ai été à Chicoutimi pour des examens en juin, mais à part ça, je suis sur la glace de quatre à cinq fois par semaine et je fais des exercices hors glace presque tous les jours. »

Cet été, il a gagné en force musculaire tout en travaillant son accélération sur patins, ses habiletés générales et son lancer.

« Je suis reconnu comme un bon passeur, mais un bon fabricant de jeux qui peut tirer et compter des buts, ça devient encore plus dangereux. »

Il ne prend pas trop de congés, mais c’est voulu. Le joueur au prénom de rock star est tellement mordu de son sport que sa soif d’apprendre est insatiable.

« Je tripe toujours autant qu’à l’époque de mon hockey mineur. Je suis dédié au hockey. Ça fait partie de ma routine. C’est ma passion. »

Une passion qui devrait l’amener en République tchèque la semaine prochaine. Après ? The sky is the limit disent les Anglais.