Rachel Homan, d’Ottawa, espère devenir la plus jeune skip canadienne de l’histoire à participer aux Jeux olympiques.

Un aréna que Homan connaît bien

Elles seront les joueuses les plus applaudies au centre Canadian Tire (CCT). Rachel Homan et ses coéquipières le savent très bien.

Le quatuor d’Ottawa entame cet après-midi son aventure au Roar of The Rings, le surnom donné aux qualifications olympiques de curling qui se dérouleront pendant une semaine au domicile des Sénateurs. La glace de hockey a cédé sa place à quatre surfaces de jeu, plusieurs pierres et des brosses.

« Il y aura un cachet particulier, avoue Homan. J’ai assisté à plusieurs concerts et matches de hockey dans cet édifice. J’ai encore un peu de misère à réaliser que je serai maintenant en vedette à mon tour. »

Cette dernière se pointe au tournoi en tant que championne du monde en titre. Ses coéquipières Emma Miskew, Joanne Courtney, Lisa Weagle et elle ont conservé une fiche parfaite de 13-0 en route vers la médaille d’or en mars à Pékin.

Quelques semaines auparavant, les quatre femmes avaient gagné le Tournoi des Cœurs pour une troisième fois en cinq ans.

L’échec de 2013

La pression sera élevée sur l’équipe au Roar of the Rings. Ça ne semble pas embêter la joueuse âgée de 28 ans, qui pourrait devenir la skip canadienne la plus jeune de l’histoire à participer aux Jeux olympiques. « Nous sommes habituées d’être dans la mire des autres clubs, être le club à battre », indique-t-elle.

Puis, son quatuor attend ces sélections depuis quatre ans.

En 2013, Homan et ses amies étaient parmi les favorites au Roar of the Rings présenté alors à Winnipeg. Dix mois auparavant, elles avaient gagné le Tournoi des Cœurs en plus de participer aux Mondiaux.

Un peu comme cette année.

Sauf que la formation ontarienne n’a pas fait le poids en demi-finale des sélections en vue des Jeux de Sotchi, s’inclinant 10-4 en huit bouts contre la vétérante Sherry Middaugh. Une élimination qui n’a toujours pas été oubliée.

« Nous sommes des personnes compétitives. Toute défaite est difficile à encaisser. Ce n’est pas une mauvaise chose », affirme Homan.

L’autre leçon retenue de cette première aventure aux essais olympiques ? Il s’agit de tout sauf un tournoi comme les autres.

« Ça représente quatre années de planification, de succès, d’échecs, de joie, de frustration et surtout plusieurs milliers de répétitions. »

Emma, cette grande amie

La vedette de l’heure en curling féminin a l’occasion de se qualifier en vue des Jeux olympiques aux côtés d’une amie d’enfance.

Miskew et elle sont nées dans un intervalle de moins de deux mois en 1989. Les deux joueuses évoluent ensemble depuis les rangs bantams à Ottawa, gagnant l’or aux Jeux du Canada, un titre national junior et une médaille d’argent aux Mondiaux juniors. « Nous avons traversé plusieurs étapes de nos vies ensemble, à part peut-être apprendre à marcher ! », lance Homan.

« Je me considère chanceuse d’avoir rencontré une personne aussi motivée, déterminée et dédiée que moi... Gagner les sélections olympiques avec Emma, mais aussi mes deux autres coéquipières, serait un rêve qui deviendrait réalité. »

Pour y arriver, les grandes copines devront écarter les huit autres équipes en lice, dont celle de la championne olympique en titre. Jennifer Jones a remporté les sélections, il y a quatre ans, puis l’or aux Jeux. La skip manitobaine a gagné ses 12 dernières parties de curling en tournoi du Grand Chelem.

BATAILLES ENTRE CHAMPIONS OLYMPIQUES

Brad Jacobs affirme n’avoir jamais vu un peloton aussi relevé. John Morris également.

Une bataille endiablée est attendue chez les hommes aux sélections olympiques à Ottawa.

Brad Jacobs

Le premier skip a gagné l’or aux Jeux en 2014 en Russie. Le second en a fait de même, quatre ans plus tôt, en Chine.

« Huit des 10 meilleures équipes en ce moment au monde proviennent du Canada », a rappelé Morris en début de semaine à TSN.

« Tu ne retrouveras pas un tournoi durant lequel la pression est si écrasante », a soutenu pour sa part Jacobs.

Ce sont neuf formations qui se disputeront le billet olympique. Le champion du monde en 2016, Kevin Koe, y sera.

Tout comme Brad Gushue, qui a gagné l’or aux Jeux en 2006, à Turin. Il était jeune et le négligé à l’époque lors des sélections.

Tout le contraire cette fois-ci, 11 ans plus tard.

Le quatuor du skip des Maritimes a carrément le vent dans les voiles. Il a gagné 32 de ses 37 parties cet automne, remportant du même coup quatre tournois.

Aucune formation du Québec n’a réussi à se qualifier en vue du Roar of the Rings. Six des neuf équipes proviennent des Prairies et de l’Ouest canadien.

Le tournoi à la ronde se déroulera jusqu’à vendredi. Puis ce sera place aux demi-finales le 9 décembre, suivies le lendemain des finales, autant chez les hommes que les femmes.