Un anniversaire qui passe inaperçu

Au milieu d’un mois d’avril à la température exécrable, un anniversaire est passé à peu près inaperçu.

Le 17 avril 1993, donc il y a 25 ans, les Lynx d’Ottawa disputaient le premier match de baseball professionnel dans la capitale dans leur stade flambant neuf, alors nommé simplement le Stade d’Ottawa, plus tard le parc JetForm alors qu’une compagnie de haute technologie a acheté les droits pour le rebaptiser.

Il le sera à plusieurs autres occasions au fil des années, devenant le Stade des Lynx, le Stade de baseball d’Ottawa, le Stade des Rapidz et, à l’heure actuelle, le parc Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT).

Pour la petite histoire, rappelons que les Lynx, club-école des Expos de Montréal, avaient été défaits 4-3 par les Knights de Charlotte. C’était une soirée froide. On a même cru qu’il faudrait remettre le match en raison de la neige.


«  Ce stade-là fait partie de l’identité de la Ville d’Ottawa.  »
le conseiller Bob Monette

Il y avait pour l’occasion une salle comble de 10 332 spectateurs sur le chemin Coventry. Ce fut la première de 43 au fil d’une saison comptant 71 parties locales. Les Lynx avaient établi un record d’assistance de la Ligue internationale avec 663 926 amateurs qui ont franchi les tourniquets, une moyenne de 9972 par partie.

Les Champions, qui occupent maintenant le stade, se préparent à amorcer leur quatrième saison dans la Ligue Can-Am.

Le stade a bien failli ne pas voir son « quart de siècle » alors qu’il a été laissé à l’abandon pendant un peu plus d’un an, la Ville d’Ottawa qui en est le propriétaire étudiant différentes options, incluant celle de le démolir pour vendre le terrain à des développeurs.

« Il y a eu des discussions (pour y faire du développement commercial), mais ça n’a jamais été trop loin. Quand j’ai vu ça, j’ai demandé à la Ville de rendre le stade disponible aux groupes communautaires. Des clubs amateurs et de la NCBL (Ligue de baseball de la capitale nationale, un circuit pour adultes) y ont tenu des matches, et le stade a été mieux entretenu. Il valait mieux utiliser le stade que ne pas l’utiliser du tout », se souvient le conseiller municipal Bob Monette.

« Le stade est en bonne condition, maintenant. On a mis beaucoup d’argent dedans, notamment pour l’achat d’un nouveau tableau indicateur. Il y a eu beaucoup d’améliorations. Tant que je vais être impliqué, ce stade-là va demeurer en place. Il fait partie de l’identité de la Ville d’Ottawa, il a un impact économique important. »

Quand Monette dit que les pourparlers pour liquider le stade bâti au coût de 17 millions $ n’ont pas été loin, il « oublie » qu’il avait lui-même évoqué la possibilité de vendre ce terrain pour financer les rénovations nécessaires au parc Lansdowne.

Jim Durrell, l’ancien maire qui avait eu l’idée de ramener le baseball AAA dans la capitale, a suffisamment craint que la possibilité se concrétise qu’il avait appelé le maire du temps, Larry O’Brien pour lui dire à quel point il trouvait important pour la municipalité de garder cet acquis.

« Je ne joue jamais à la grand-mère, quand tu n’es plus le maire, tu n’es plus le maire et c’est aux autres de prendre des décisions. Mais j’ai fait exception dans ce cas-ci, lui rappelant que si ça devenait des condos, ça ne reviendrait jamais », s’est rappelé Durrell, qui avait eu l’idée de tenter d’obtenir une franchise de baseball AAA après avoir assisté à un match des Canadians de Vancouver à la fin des années 1980. Il a ensuite approché Howard Darwin, qui a acheté la franchise, et le reste fait partie de la petite histoire d’Ottawa.