Le garde des Ravens de Carleton, Charles Lavallée
Le garde des Ravens de Carleton, Charles Lavallée

Un Acadien des Ravens s’accroche à son rêve de la LCF

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
Son grand frère Joey s’avère le meilleur homme fort dans les Maritimes. Un émule de Hugo Girard qui excelle au tir de la chaîne marine, la marche du fermier et la bascule du pneu.

Charles Lavallée, lui, aspire plutôt à devenir un des premiers Acadiens à faire carrière dans la Ligue canadienne de football (LCF). Le garde des Ravens de Carleton ignore toutefois ces jours-ci ce qui arrivera de son rêve.

Ses coéquipiers et lui devaient disputer un premier match le week-end dernier contre les Lions de l’université York. Une partie qui n’aura finalement jamais lieu. Tout comme la saison, qui a été annulée il y a déjà plusieurs semaines par les dirigeants de l’Ontario University Athletics (OUA) en raison de la pandémie.

Une saison qui était cruciale dans la suite des choses pour Lavallée, qui est considéré un bel espoir en vue du prochain repêchage de la LCF en avril 2021.

Le puissant colosse de 6’4’’ et 353 livres avait été invité à participer au Défi Est-Ouest qui devait avoir lieu en mai à Ottawa. Un événement qui a aussi pris le bord.

«Juste à penser à tout ça, ça me rend anxieux», avoue Lavallée au bout du fil.

Ce dernier se trouvait chez ses parents dans la région de Moncton, au Nouveau-Brunswick. Il a passé l’été à donner un coup de main à la scierie familiale.

«Je vais retourner à Ottawa lors de la troisième semaine de septembre. Nous allons avoir quelques pratiques par semaine.»


« Juste à penser à tout ça, ça me rend anxieux. »
Charles Lavallée

Les dépisteurs de la LCF n’iront pas analyser la performance des joueurs à l’entraînement des Ravens. Ils se rabattront sur des bandes vidéo des matches de 2019, ou même de 2018.

Le hic dans le cas de Lavallée qui a déjà représenté le Canada à l’International Bowl?

Il n’a disputé que deux parties la saison dernière, se remettant de blessures aux deux genoux subis l’année précédente quand il évoluait chez les Mounties de Mount Allison.

«Je me suis déchiré notamment le ligament croisé antérieur droit. À cause de ça et que je devais attendre un an pour jouer chez les Ravens après mon transfert d’école, je n’ai pas joué beaucoup.»

Mais les deux parties, paraît-il, ont été suffisantes pour convaincre des équipes de la LCF de l’inviter au Défi Est-Ouest, cette vitrine pour les joueurs admissibles au repêchage.

Lavallée a même retenu les services d’un agent. «Il m’a dit de perdre du poids», lance le jeune homme âgé de 21 ans.

«J’étais à 365 livres, mais ce n’est pas facile. Pourtant, je m’entraîne chaque jour.»

Charles Lavallée a grandi à Grand-Sault, une communauté de 5000 personnes au Nouveau-Brunswick. «Il n’y avait pas d’équipe de football. Je jouais au soccer, même si j’étais déjà assez gros», relate-t-il.

Sa famille a déménagé à Moncton durant son adolescence. À son arrivée à l’école secondaire de L’Odyssée, il a vite été recruté au sein de l’équipe de football. Même chose pour son frère, qui fait maintenant 6’3’’ et 370 livres.

«On nous a dit que c’était pas mal rare de voir des gars costauds comme ça ici», se rappelle-t-il.

Est-ce que le petit frère pourrait imiter le grand et se tourner vers des concours d’hommes forts?

«J’ai déjà voulu essayer, confie Charles Lavallée. Je lève des poids assez pesants, mais je ne peux pas compétitionner comme mon frère.»