Vladimir Guerrero est entouré du président des Aigles, Marc-André Bergeron, ainsi que de la conseillère municipale Ginette Bellemare.

Trois-Rivières frappée par la légende Guerrero

Trois-Rivières — Quinze ans ont passé depuis son départ des Expos de Montréal. Pourtant, on sent que Vladimir Guerrero est encore très attaché au Québec. Ce n’est pas un hasard s’il a accepté l’invitation des Aigles de Trois-Rivières et des Capitales à séjourner dans leurs régions jusqu’au 23 juin. Moyennant quelques dollars, il faut le dire!

Accompagné de membres de sa famille et de son agent, le grand Vlad est apparu dans les corridors du Stade Stéréo Plus peu après 13 h, mercredi. Non, il n’a pas beaucoup changé. On constate au premier coup d’œil qu’il est encore en bonne forme physique.

Une courte réception civique avait été organisée dans le hall d’entrée du stade, la mairesse suppléante Ginette Bellemare lui souhaitant la bienvenue, aux côtés du président des Aigles Marc-André Bergeron, lui-même un grand fan du numéro 27.

«C’est un honneur d’être ici», a répété le Dominicain de 43 ans à quelques reprises. Il était sincère, car jamais, durant le long point de presse, n’a-t-il laissé transparaître des signes d’impatience. L’interprète qui traduisait les questions du français à l’espagnol, Diego Brunelle Diaz, l’a fait rire en certaines occasions.

«Je vais passer de beaux moments. Il y a deux ou trois ans, les Aigles voulaient que je vienne, mais un conflit d’horaire m’avait empêché de voyager. Je suis surtout content de revenir à Montréal et d’avoir la chance de visiter d’autres villes. Mon fils Vladimir Jr est né à Montréal, cet endroit sera toujours spécial.»

Les Aigles ont prévu une pléiade d’activités pour leur invité d’honneur. Ça commençait mercredi, avec des sorties dans certains commerces et un souper, en soirée, au centre-ville. Guerrero sera de passage à Québec jeudi, avant de participer à une soirée-bénéfice avec Les 4 Chevaliers au profit de la Fondation de l’Hôpital de Montréal pour enfants, vendredi dans la métropole. Il complétera sa tournée québécoise à Trois-Rivières, dans l’après-midi du 23 juin, alors qu’il effectuera le lancer protocolaire avant le match entre les Aigles et les Stars d’Hollywood.

Questionné à savoir à quel genre d’accueil il s’attendait des amateurs de baseball, Guerrero a offert une demi-réponse. «Honnêtement, je l’ignore. J’ai joué sept saisons avec les Expos avant de partir pour Anaheim. Je dois vous avouer que j’ai des papillons dans l’estomac. Par contre, en sachant à quel point les fans sont passionnés, je pense que ce sera super.»

Doux souvenirs

Il s’est dit et écrit beaucoup d’histoires négatives sur les Expos de la fin des années 90 et du début des années 2000. Qu’à cela ne tienne, Guerrero jure qu’il a apprécié chaque moment. Même le Stade olympique compte parmi ses beaux souvenirs!

«Oui, j’aimais y jouer. Dans les rangs mineurs, j’avais déjà pratiqué sur du terrain synthétique, alors je n’ai jamais eu de problème avec le stade. Je me rappelle aussi des foules bruyantes à nos matchs. C’est quelque chose que j’ai retenu de mon passage.»

Il aime replonger dans ses souvenirs de 2002 et 2003, à l’époque où les Expos flirtaient avec une place en séries. «En tant que joueur, ce sont mes meilleurs moments avec les Expos. La vie à Montréal était très agréable. En 2015, je suis retourné dans les mêmes bars que je fréquentais il y a 15 ou 20 ans!»

Certains amateurs ont été déçus quand il a annoncé que ce serait avec une casquette des Angels d’Anaheim (devenus les Angels de Los Angeles) qu’il entrerait au panthéon de son sport, et non avec celle des Expos. «Ce fut une décision déchirante, a-t-il partagé mercredi devant les membres de la presse de la Mauricie. Les Expos m’ont donné ma première chance dans le baseball. Malheureusement, le club n’existe plus. C’est l’une des raisons qui m’ont fait pencher pour les Angels.»

En République dominicaine, Vladimir Guerrero est un héros national. Issu d’un milieu défavorisé, il a gravi les échelons jusqu’au Baseball majeur. Son fils, Vladimir Jr, est en voie de suivre les traces de son père. Meilleur espoir des Blue Jays de Toronto, il a viré le Stade olympique à l’envers à la fin du mois de mars, en claquant le circuit de la victoire dans un match hors-concours contre les Cards de St. Louis.

Son père n’a pu assister à ce fait d’armes magique et il s’en veut. «La vidéo de son circuit est devenue virale. C’était une immense fierté de regarder ça, de voir mon fils réussir un coup de la sorte sur le même terrain que moi. Je ne sais pas s’il sera meilleur que moi. Si oui, tant mieux! Sinon, j’ai d’autres fils qui auront une belle carrière dans le baseball», a-t-il conclu en souriant, avant de fouler le terrain de baseball du parc de l’Expo.

Bâton à la main, il a recopié l’élan qui le caractérisait tant lors de ses belles années dans les meilleures ligues de la planète. «Je sais qu’un groupe est motivé à ramener du baseball majeur à Montréal et je l’encourage. À l’époque, j’aurais voulu rester avec les Expos, mais la situation de l’équipe ne le permettait pas. Par contre, je m’aperçois que les fans ne m’ont pas oublié et ça me comble de bonheur.»

Guerrero aura la chance, dans les prochains jours, de constater cet amour indéfectible des amateurs pour ce joueur qui fut l’un, sinon le plus spectaculaire de l’histoire des Expos.