L’entraîneur-chef du Phénix du Collège Esther-Blondin, Paulin Bordeleau, discute avec son petit-fils Thomas et son fils Sébastien (directeur général adjoint) après leur premier match du Challenge midget AAA mercredi.

Trois générations de Bordeleau à Gatineau

Le premier a gagné deux fois la coupe Memorial avant de patiner avec les Canucks de Vancouver et les Nordiques de Québec.

Le deuxième est le quatrième meilleur compteur de l’histoire des Olympiques de Hull/Gatineau où il a paradé avec la coupe du Président en 1995. Il a ensuite disputé 251 matches dans la LNH avant de passer les 10 dernières années de sa carrière en Suisse.

Le troisième suit les traces de son grand-père et de son père. À 15 ans seulement, il occupe le deuxième rang du classement des compteurs de la Ligue de hockey midget AAA du Québec.

Paulin, Sébastien et Thomas Bordeleau sont réunis à Gatineau cette semaine où ils participent au Challenge CCM midget AAA. Le doyen de la famille attaque sa septième saison à la tête du Phénix du Collège Esther-Blondin.

Devenu entraîneur spécialisé dans l’organisation du Canadien de Montréal, Sébastien est l’adjoint au directeur général Donald Audette chez le Phénix. Quant à Thomas, il est non seulement le meilleur marqueur de son club avec 44 points en 25 matches, mais il est aussi un des meilleurs espoirs du prochain repêchage de la LHJMQ.

« Comme son père, ses habiletés offensives sont exceptionnelles », signale Jacques Carrière, recruteur-chef des Screaming Eagles du Cap-Breton.

Le nom « Bordeleau » s’est avéré un poids difficile à porter pour le jeune Thomas qui a commencé à jouer dans la LHMAAAQ à 14 ans. « Au début, je m’imposais beaucoup de pression avec ça, mais je fais mon propre nom maintenant. J’y pense moins. Je commence à m’établir. Ça va bien, donc ça va mieux », dit l’attaquant de 5’9’’ et 165 livres.

Avec son talent, il peut se permettre de rêver à devenir la troisième génération de Bordeleau à patiner dans la LNH. « C’est le rêve de tout jeune joueur de hockey. Il y a des gens qui disent que je joue comme mon père. La Ligue nationale est plus rapide aujourd’hui. Ça me convient et ça aurait convenu à mon père aussi. S’il avait joué dans la LNH d’aujourd’hui, il aurait été un des tops. Il y a de place maintenant pour les joueurs moins imposants physiquement, mais qui ont de la vitesse et des habiletés. »

Sébastien Bordeleau a disputé quatre saisons avec les Olympiques et confiait que ça lui faisait du bien de revenir aux sources mercredi pendant le premier match du Phénix, perdu 4-2 contre le Blizzard du Séminaire St-François.

« Je n’ai que de bons souvenirs des quatre années que j’ai passées ici. Ça fait chaud au cœur de revenir. »

Avec les Olympiques ?

D’ailleurs, il a encore des liens avec les Olympiques. « Je parle souvent à Éric Landry. Nous avons joué deux ans ensemble à Berne en Suisse et j’ai joué contre lui pendant plusieurs années. Nos fils se connaissent bien. »

Quand on lui demande si Landry voit son fils dans l’uniforme des Olympiques, Sébastien Bordeleau s’esclaffe. « Il m’en a certainement glissé un mot ! On verra bien ce qui va se passer au repêchage. »

Le problème, c’est qu’en ce moment, les Olympiques ne disposent pas de choix de première ronde en 2018 pour réclamer le fils de l’un des joueurs les plus électrisants à avoir porté leur uniforme. À sa dernière saison dans la LHJMQ, Bordeleau avait soulevé les partisans du « Vieux Bob » à maintes reprises avec une récolte de 128 points.

Parce qu’il est né à Houston pendant le seul mois où Sébastien a évolué pour la filiale du Wild du Minnesota, Thomas a des options. Il possède la triple citoyenneté : canadienne, française (comme Sébastien et Paulin) et américaine. D’ailleurs, le programme national américain U17 a démontré de l’intérêt pour Bordeleau, mais la famille ne semble pas vendue à la cause.

Le grand-père, lui, se dit choyé d’avoir l’occasion de diriger Thomas au niveau midget AAA. « Il a travaillé fort pour en arriver où il est. Je suis content pour lui quand ça va bien, mais j’ai toujours cette crainte qu’il se blesse ! »

Quant à Sébastien, il ne s’en fait pas avec les attentes placées envers fiston. « Je suis passé par là moi aussi. Au hockey, peu importe où tu vas être, tu vas avoir de la pression. Thomas est passionné. Il n’a qu’à s’amuser et travailler fort. Le reste est hors de son contrôle. »

ENTRÉE FRACASSANTE POUR L'INTRÉPIDE

Le Complexe Branchaud-Brière était bondé pour l’entrée en scène de l’Intrépide de Gatineau à son match d’ouverture du Challenge CCM midget AAA mercredi soir.

Bien malgré lui, le club local a aussi contribué à vider l’amphithéâtre prématurément.

Après deux périodes, les Gatinois menaient déjà 9-0. Les partisans et  les recruteurs en avaient assez vu. Ils n’ont rien manqué par la suite puisque l’Intrépide a fini par écraser les Wildcats de Valley 10-0.

Le duel contre l’équipe de la Nouvelle-Écosse a été à sens unique. Les locaux ont tiré 57 fois contre les deux gardiens des Wildcats. Pour récolter son jeu blanc, Alexandre Groleau a repoussé seulement 12 lancers.

Plusieurs joueurs ont profité du festival offensif pour engraisser leurs fiches offensives. Conor Frenette a mené le bal avec trois buts et une passe. Le défenseur Sébastien Pilon a amassé quatre points.

Cédric Chénier, promu à l’Intrépide cette semaine pour remplacer Matthieu « 2T » Gagnon qui avait le mal du pays (il est retourné chez lui à St-Eustache), a inscrit deux buts en sept secondes en première période pour faire 3-0 et scier les jambes de ses adversaires.

Hendrix Lapierre a aussi fourni deux buts en plus d’ajouter une passe. Le capitaine Mathieu Gagnon (3 points), Michael Stegmann et Zachary Beaulieu ont complété la marque pour l’Intrépide qui fera face à un test plus relevé jeudi soir contre les Élites de Jonquière, finalistes de 2016.

« Je suis content de la façon que nous sommes sorties. Nous avons été opportunistes en nous rendant au filet. À cause de la formule du tournoi, nous ne pouvions pas ralentir, mais j’ai eu peur pour la sécurité de mes joueurs en fin de match. Il y a eu quelques coups de bâton à la tête », a déclaré l’entraîneur-chef Martin Lafleur.