Malgré le profil difficile (trois montées de première catégorie) et la longueur (185 km) de l’étape de dimanche, Thibaut Pinot est parti à l’attaque à 7500 mètres de l’arrivée. Il s’est débarrassé de ses rivaux un à un.

Tour de France : Pinot, maître des Pyrénées

FOIX, France — Simon Yates, de l'Angleterre, a signé une deuxième victoire d'étape avec un raid en solo lors de la dernière randonnée pyrénéenne du Tour de France, dimanche, tandis que Thibaut Pinot a gagné du temps dans la lutte pour le maillot jaune, détenu par Julian Alaphilippe.

Pour la deuxième fois en deux jours, le vainqueur sortant, le Gallois Geraint Thomas, a lâché du lest. Tout comme le Néerlandais Steven Kruijswijk, il a cédé une cinquantaine de secondes au Français, le grand bénéficiaire de la séquence pyrénéenne, d’autant qu’il a trouvé dimanche pour finir les conditions météo qu’il affectionne, une température plus fraîche et la pluie.

Au classement général, Pinot est remonté de la sixième à la quatrième place. Il s’est rapproché à trois secondes seulement du Néerlandais Steven Kruijswijk et surtout à 15 secondes de Thomas. Dans les Pyrénées, il a gommé ainsi sa boulette de l’étape d’Albi, en début de semaine, quand il avait perdu 1 min 40 s sur une «bordure».

«Il faut faire attention à ne pas donner trop de temps à Thibaut Pinot. Il est en grande forme mais il n’est pas le seul», a souligné Thomas, qui s’est rapproché à 1 min 35 s du maillot jaune.

Feu vert de Thomas à Bernal

Pour Alaphilippe, les cinq derniers kilomètres menant au Prat d’Albis, un site pastoral inédit, ont été une longue souffrance. Le Français, grimaçant, n’a pu suivre Pinot qui s’est affirmé une nouvelle fois comme le meilleur grimpeur.

Dans cette étape de l’Ariège entamée tambour battant malgré son profil difficile (trois montées de première catégorie) et sa longueur (185 km), Pinot est parti à l’attaque à 7500 mètres de l’arrivée. Il s’est débarrassé de ses rivaux un à un.

Le Colombien Egan Bernal, le dernier à tenir sa roue, a lâché prise avant le panneau des quatre derniers kilomètres. Il avait obtenu auparavant le feu vert de Thomas pour suivre le Français, en état de grâce sur ce Tour.

Dans le final, ce dernier a rejoint l’Espagnol Mikel Landa, qui avait contre-attaqué de loin, dès le mur de Péguère, avant les 40 derniers kilomètres. «J’ai repris du temps à tout le monde, c’est le principal», a commenté Pinot, qui a souligné la performance collective de son équipe Groupama-FDJ. «On a appliqué la tactique mise en place ce matin, ça a marché nickel. J’avais avec moi David [Gaudu] qui a fait un gros boulot encore, j’ai récupéré Rudy (Molard) et Seb (Reichenbach). On a montré qu’on était une équipe offensive et solide.»

Alaphilippe tôt esseulé

À l’inverse, Alaphilippe s’est retrouvé tôt esseulé, bien avant la montée finale. Il a dû lui-même aller chercher son ravitaillement dans sa voiture d’équipe faute d’autres coureurs de Deceuninck auprès de lui.

«Aujourd’hui, je ne pouvais pas faire plus», a commenté le Français qui s’est surpassé une nouvelle fois pour accrocher la 11e place de l’étape et surtout limiter la perte de temps.

«Hier [samedi], j’ai vraiment puisé dans mes réserves», a-t-il ajouté à propos de sa deuxième place du Tourmalet. «Tout ce que j’ai fait, tout ce que je donne, je commence à le payer. Je cours comme j’aime courir mais, avec le maillot jaune, il y a des responsabilités.»

Le numéro un mondial s’est projeté sur la dernière semaine, après la journée de repos programmée lundi à Nîmes : «La très haute montagne ne fait que commencer. Dans les Alpes, ça va être un chantier.»

À Foix, la victoire est revenue à Yates, présent dans l’échappée lancée après la première heure. Si les battus des jours précédents se sont retrouvés dans ce groupe, aucun n’a eu la force de rivaliser avec Yates (26 ans).

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ASTANA: UNE JOURNÉE TRANQUILLE QUI ARRIVE À POINT 

Le meneur de la formation d’Hugo Houle (Astana), Jakob Fuglsang, a conclu au 14e rang de la 15e étape du Tour de France disputée entre Limoux et Foix, dimanche.

Au terme de cette course de 185 kilomètres, le Danois a accusé un retard de 1 minute 54 secondes sur le vainqueur, le Britannique Simon Yates (Mitchelton-Scott).

Les membres d’Astana se sont d’ailleurs démarqués sur le parcours. Trois d’entre eux ont pris l’échappée.

«Ils n’ont pas réussi à rester assez près de Yates pour gagner l’étape. Derrière, j’ai essayé de percer dans la dernière montée. Les deux derniers kilomètres étaient très abrupts, alors j’ai essayé de forcer pour que Fuglsang attaque et rentre sur les coureurs devant, a expliqué Houle. C’est dommage, il a manqué un peu de jambes et perdu un peu de temps, mais il s’est battu. Notre équipe a fait ce qu’elle a pu, mais il y en avait des plus fortes. Vivement une journée de repos!»

Originaire de Sainte-Perpétue, Houle (+ 24 minutes 30 secondes) pointe au 63e échelon dans un groupe de six autres coureurs.

«Du bon boulot»

«Je suis très heureux! La forme est excellente pour moi et j’ai fait beaucoup de progression dans les montées. Je fais du bon boulot pour l’équipe et tout le monde est super content de ma performance jusqu’à présent. J’apprécie beaucoup la chance que j’ai de vivre ça.»

Au classement général, le Français Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) détient toujours le maillot jaune. Il a une avance de 1 minute 35 secondes sur le Britannique Geraint Thomas (INEOS), deuxième. Fuglsang (+ 5 min 27 s) est descendu d’un rang et occupe la neuvième place. Houle (+ 1 heure 58 min 45 s) est 93e, alors que le Canadien Michael Woods (EF Education First) est 43e.

Les cyclistes sur route remonteront en selle mardi pour une course de 177 kilomètres à Nîmes. «Ce sera un sprint et il n’y a pas de montées techniquement. Alors, s’il n’y a pas de vent, ça sera très tranquille. Après, nous reprenons la route en direction des Alpes. Prochainement, nous aurons trois journées plus tranquilles et les trois dernières seront des étapes très, très, très difficiles avec beaucoup, beaucoup d’action», a conclu Hugo Houle. Sportcom