Mark Stone a marqué le but décisif mardi contre les Canuks, à Vancouver.

Tirs de barrage: la troisième fois a été la bonne

VANCOUVER — Les Sénateurs sont devenus la première équipe à voir ses trois premiers matches d’une saison nécessiter des tirs de barrage pour déterminer un gagnant mardi soir quand ils ont eu raison des Canucks de Vancouver 3-2 grâce au but décisif de Mark Stone.

Ça ne s’est jamais vu depuis que la LNH a décidé d’avoir recours à ce concours d’habiletés individuelles au début de la saison 2005-2006, qui avait justement été lancée par une victoire contre les Maple Leafs de Toronto grâce à un but décisif de Daniel Alfredsson.

Après deux défaites dans ces conditions contre Washington et Detroit, le gain enregistré faisait certes du bien au moral des Sénateurs.

« Ce n’était pas le jour de la marmotte, donc c’était bien, a blagué l’entraîneur-chef Guy Boucher tard mardi soir. On pensait vraiment qu’on méritait le match précédent (contre les Red Wings), on aurait même pu gagner nos trois premiers matches. On avait besoin que quelque chose de positif arrive en fusillade, après qu’on ait montré qu’on a un club qui a du caractère en revenant de l’arrière en troisième période. »

Les Canucks ont compté le premier but des tirs de barrage quand Markus Granlund a déjoué le gardien Craig Anderson avec un superbe tir du revers. Celui-ci a cependant arrêté les quatre tirs suivants, permettant à Kyle Turris de créer l’égalité au troisième tir, puis à Stone de rompre l’égalité au cinquième tour.

Bobby Ryan et Alexandre Burrows, qui aurait pu jouer les héros à son retour à Vancouver, avaient été arrêtés auparavant. « J’ai été surpris oui et non d’être utilisé en fusillade, a confié Burrows après coup, lui qui a apprécié l’accueil que lui ont réservé les Canucks et leurs partisans. Mes statistiques en carrière sont bonnes (16 buts en 44 tentatives, 36 %). J’aurais aimé y aller contre un gardien qui ne me connaissait pas, il (Jacob Markstrom) connaissait plusieurs de mes feintes. Et je ne m’attendais pas à ce qu’il fasse un poke check. Heureusement, Turris a compté un gros but après moi. »

Stone n’avait compté qu’un but en huit tentatives en tirs de barrage avant de marquer après la tentative ratée de Tom Pyatt.

« On regarde les statistiques en fusillade, mais il faut aussi penser au moment. Il (Stone) veut la rondelle sur sa palette pour décider l’issue d’un match. Les gars comme Michael Jordan sont comme ça. Turris est comme ça aussi, dans les gros moments, il veut y aller. Il se lève alors que d’autres restent assis. Et là, j’ai senti que Stone voulait en finir. Je l’ai donc envoyé et il l’a fait », a relaté Boucher.

« On a confiance en notre gardien et nous avons plusieurs bons tireurs. On a gagné plusieurs de ces fusillades l’an passé, donc ce n’était qu’une question de temps avant qu’on en gagne une. Je ne suis pas le meilleur à ça, mais je me sentais en confiance lors de ce match, j’avais assez bien joué. J’étais prêt à y aller, j’étais excité, surtout parce que c’était une chance de gagner le match. Il fallait que je fasse le travail », a mentionné Stone.

« Les chiffres étaient en notre faveur, c’est une question de statistiques », a pour sa part dit Anderson après coup, lui qui n’a jamais caché son dédain pour le concours d’habiletés.

Ce match ne se serait cependant pas rendu en prolongation sans le gros but de Ryan Dzingel en début de troisième période, sur une superbe passe transversale de Bobby Ryan, qui avait auparavant accepté la passe de Jean-Gabriel Pageau. C’était le troisième but en deux matches à Vancouver de Dzingel. « Bobby m’avait fait de belles passes aussi pour mes deux buts de l’an passé. On dirait que nous avons une bonne connexion à Vancouver. C’était une bonne sensation pour moi ainsi que pour l’équipe d’aller chercher ce but », a noté l’attaquant américain.

Le dossier Turris avance

Alors que les Sénateurs étaient de passage dans sa province natale, le moment aurait pu être bien choisi pour annoncer une entente pour une prolongation de contrat avec le centre Kyle Turris. Mais au cours de son point de presse tenu mercredi matin à Vancouver, le DG Pierre Dorion a dit qu’il n’y a pas de presse pour régler ce dossier qui a récemment attiré l’attention des informateurs de TSN Darren Dreger et Bob McKenzie. « Il n’y a pas de panique, il reste huit mois avant qu’il devienne joueur autonome sans compensation. Nous croyons fermement qu’on peut s’entendre. Les pourparlers vont dans la bonne direction depuis qu’on a commencé à discuter (avec son agent) », a-t-il indiqué.

Décision à prendre

Dorion n’a pas caché que son club devra bientôt prendre des décisions concernant l’avenir immédiat de ses deux joueurs d’âge junior, Logan Brown et Alex Formenton, qui ont tous deux été laissés de côté mardi soir à Vancouver. « On y va au cas par cas. Avec Alex, il doit jouer, que ce soit ici ou dans le junior. On va réévaluer ça après ce voyage. On a toujours besoin d’un attaquant d’extra. Il avait mérité d’être ici, il a été un des 13 meilleurs attaquants de notre camp. Pour Logan, sa situation est similaire à Thomas Chabot (l’an passé). Il a dominé dans le junior et rester ici, pour quelque durée que ce soit, ne lui fera pas de mal. On pourrait être plus patient avec lui », a noté Dorion, qui devra rappeler un joueur de Belleville ou faire une transaction pour obtenir un attaquant si les deux sont renvoyés dans le junior.