L’ex-Estacades Samuel Blais (9) connaît un parcours intéressant ce printemps avec les Blues de St.-Louis.

Samuel Blais, l’invité surprise

Avant le sixième match de la série Sharks-Blues mardi soir, il restait quatre Québécois en lice pour boire dans la coupe Stanley à la fin juin.

Les trois premiers sont des vétérans, et occupent un rôle important dans l’échiquier de leur entraîneur. Marc-Édouard Vlasic est le défenseur le plus stable des Sharks, Patrice Bergeron l’un des attaquants les plus polyvalents sur la planète. Et David Perron connaît actuellement les meilleures séries de sa belle carrière.

Le quatrième est Samuel Blais, un jeune homme de 22 ans natif de la Vieille Capitale. Craig Berube le voit dans sa soupe, il l’a non seulement intégré à son alignement, mais il partage souvent la glace avec Perron et Ryan O’Reilly au sein du premier trio des Blues.

Ceux qui l’ont vu jouer alors qu’il était atome ne sont pas surpris. Blais était une terreur quand il avait 10 ans. Déjà, les médias s’intéressaient à lui.

Mais bon, même pour les surdoués comme lui, la route est rarement en ligne droite jusqu’à la LNH. Blais a perdu graduellement sa magie à l’adolescence. Au point où rendu au midget, c’était un joueur comme un autre. Il a été coupé trois fois dans le midget AAA. À Lévis, le club de son territoire, il n’a même pas dépassé le pré-camp deux fois! Le Séminaire Saint-François a lui aussi levé le nez sur sa candidature, après l’avoir évalué.

Heureusement pour Blais, c’est arrivé à un moment où les Estacades cherchaient des joueurs, après en avoir perdu pas mal au junior majeur. Blais était tombé dans l’œil de Jean-Philippe Glaude, dépisteur des Wildcats de Moncton à l’époque et surtout grand ami de Frédéric Lavoie. Glaude l’a recommandé à Lavoie, qui l’a réclamé au ballotage. Deux matchs préparatoires plus tard, Blais l’avait convaincu de lui faire une place.

C’est ainsi que, de semaine en semaine, Blais a pu retrouver ses repères dans l’environnement trifluvien. Dans les derniers jours, beaucoup de crédit a été accordé au dépisteur des Blues, Michel Picard, de l’avoir repéré chez les Tigres de Victoriaville. Avec raison. Mais sans Glaude et Lavoie dans son coin, Blais n’aurait probablement même jamais touché à la LHJMQ!

«À la base, je pense que le joueur est le principal moteur de son développement», lance prudemment le pilote des Estacades, qui ne veut pas prendre trop de crédit pour les succès de son protégé. «Il était petit, mais doté d’excellentes mains. On avait besoin d’un joueur offensif, il cadrait. À partir de là, le reste lui appartient…»

Pas si vite! Blais n’étudiait même pas à l’Académie les Estacades, c’est Lavoie lui-même qui le véhiculait soir et matin pour qu’il puisse se joindre à l’équipe. Les Estacades sont pourtant assez stricts de ce côté normalement, ils tiennent à ce que le noyau soit ensemble à l’école. Sous le règne de Lavoie, Blais est la seule exception à ce jour. «C’était un peu plus dur pour lui, les études. Mais il a super bien fait ça aussi de ce bord-là, il a réussi ses cours tout en s’épanouissant sur la glace. C’est un gars qui était prêt à faire tous les sacrifices nécessaires…»

Blais a grandi depuis. Et il a accepté de devenir plus qu’un simple créateur d’offensive. Il a ajouté une touche de robustesse. Sans perdre son essence pour autant. Ce mélange a convaincu Berubé de l’ajouter à sa recette, lors de la série précédente face aux Stars. Une décision payante puisqu’à son premier match, il a marqué! «J’ai vu pas mal tous ses matchs dans la LNH, c’est beau de le voir jouer avec autant de confiance avec la rondelle. Un gars de son style n’a pas le choix, il ne peut pas commencer à être peureux, il doit continuer à être audacieux pour que ça fonctionne. C’est exactement ce qu’il fait en ce moment. Il ne touche pas encore au jeu de puissance, mais je suis sûr que ça va venir dans les prochaines années…», sourit Lavoie.

Résilience. Courage. Animé d’un talent exceptionnel, Blais jouerait probablement dans une ligue de bière sans ces deux qualités. «La route a été longue. Passer de meilleur joueur atome au monde à un gars midget Espoir, ça ne devait pas être évident. Après le junior, Sam a encore dû trimer dur. Là, c’est glamour ce qu’il vit, mais il y en a eu des matchs dans la Ligue américaine dans des villes pas trop électrisantes en chemin. Il a toujours gardé le cap. Tout ce qu’il vit, il le mérite», insiste Lavoie.

Dans la région actuellement, il y a un paquet de petits bonshommes qui viennent de terminer les évaluations pour tenter de se faire une place dans la structure intégrée des Estacades, dans le pee-wee et le bantam. Certains ont reçu ou vont recevoir une grande nouvelle dans les prochains jours. Pour d’autres, il y a aura de la déception. Pour ces derniers, les parents pourront toujours glisser cet article sur la table au déjeuner…

À moins d’être un Crosby ou un McDavid, un parcours de hockey, ce n’est jamais en ligne droite.

Benoît Groulx

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Comment les Sénateurs peuvent-ils ignorer Groulx?

Quelques noms inusités se promènent dans les médias en ce qui concerne l’embauche du futur entraîneur des Sénateurs d’Ottawa. À cette brochette hétérogène, il faut semble-t-il maintenant ajouter le nom de Patrick Roy!

Dur de croire que le meilleur gardien de l’histoire pourrait se plaire à Ottawa. Il a claqué la porte à Denver, incapable de s’entendre avec son pote Joe Sakic sur l’orientation à donner à l’Avalanche. Vous l’imaginez tenir combien de temps sous les ordres de Pierre Dorion et Eugene Melnyk?

Ce qui est très surprenant à mes yeux, c’est que Benoît Groulx ne semble pas faire partie de la liste de Dorion et Melnyk. Le gars est de la région, personne d’autre n’a gagné plus de Coupes du Président dans l’histoire de la LHJMQ. Il a fait gagner Équipe Canada junior, son travail avec le club-école du Lightning de Tampa Bay a souvent été vanté depuis deux ans. Comment les Sénateurs peuvent-ils ignorer Groulx?

Remarquez, Roy serait peut-être un meilleur vendeur que Groulx. Il a le sens de la clip, Casseau. Mais encore là, si les Sénateurs veulent un gars en mesure de les aider à vendre des billets, il me semble que Bob Hartley devrait être considéré. Il a gagné partout, Hartley. Partout. Comme Groulx, c’est un gars du coin. Et puis, certains l’ont peut-être oublié, mais c’est Hartley qui a réussi à mettre Johnny Gaudreau, Sean Monahan, et leur bande sur le droit chemin à Calgary. Pour une jeune équipe comme les Sénateurs, il me semble que c’est un «détail» qui devrait peser dans la balance…